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    Accueil » Le froid sous contrôle : la cryoablation guidée par IRM en 2026
    Doctor assisting patient in MRI scanner during medical examination in hospital setting.
    Photo de Charlss GonzHu sur Pexels.
    Blog santé/bien-être

    Le froid sous contrôle : la cryoablation guidée par IRM en 2026

    Mise à jour:5 septembre 2026Aucun commentaire9 Minutes de Lecture

    À environ -140 °C à l’extrémité de la sonde, une tumeur peut être traitée sans ouvrir largement le corps. Le 22 septembre 2025, le cas australien de Josephine Cordina a été rendu public. Sa lésion de neuf millimètres se trouvait sur la colonne vertébrale. À Liverpool Hospital, une cryosonde introduite par la peau a permis d’éviter l’intervention ouverte qu’elle avait d’abord envisagée.

    L’histoire a refait surface le 19 août 2026. La patiente a déclaré ne plus avoir mal dès le lendemain et avoir retrouvé une vie normale. Ce soulagement reste un résultat précoce. Les contrôles à trois, six et douze mois doivent vérifier que la tumeur ne contient plus de tissu vivant.

    En réalité, l’IRM ne refroidit pas la tumeur. Elle montre la sonde, la glace et les tissus voisins pendant le geste. La précision dépend de l’image, du placement de la cryosonde et des réglages thermiques.

    Le froid ne suffit pas.

    La glace se forme, l’IRM la suit

    La cryoablation percutanée commence par une ponction cutanée. Le radiologue fait avancer une fine cryosonde jusqu’à la lésion sous contrôle d’imagerie. De l’argon comprimé circule dans la sonde, se détend près de son extrémité et provoque une chute brutale de température par effet Joule-Thomson. Une boule de glace se forme autour de la pointe.

    Le gel endommage les membranes cellulaires et interrompt la microcirculation du tissu ciblé. Au dégel, l’eau revient dans les cellules déjà fragilisées. Elles gonflent puis se rompent. Dans le cas australien, l’équipe a réalisé deux cycles de congélation et de décongélation, d’environ trente minutes chacun.

    L’IRM suit en même temps la tumeur, la cryosonde, la zone gelée et les structures proches. Son contraste des tissus mous aide à surveiller une lésion parfois difficile à distinguer au scanner ou à l’échographie. Certaines tumeurs rénales ou hépatiques peuvent ainsi apparaître sur les images IRM alors qu’elles restent peu lisibles avec d’autres examens.

    Une cryoablation percutanée se déroule le plus souvent sous anesthésie locale et sédation consciente. Une anesthésie générale reste possible selon le dossier médical. La sortie intervient généralement le jour même ou après une nuit d’observation.

    La température annoncée dans le cas australien, autour de -140 °C, se situait très en dessous du repère de -40 °C généralement recherché pour détruire les cellules. Ce chiffre décrit la pointe de la sonde, pas une température uniforme dans toute la tumeur ni dans les organes voisins.

    Le cas australien ne vaut pas pour toutes les tumeurs

    Dans ce dossier, la lésion était petite, circonscrite et située sur la colonne vertébrale. L’équipe a pu introduire la sonde par voie percutanée et surveiller la glace dans une région où la zone traitée devait rester proche de la cible sans atteindre les tissus alentour. Une tumeur volumineuse, diffuse ou mal délimitée pose un autre problème.

    La disparition rapide de la douleur ne prouve pas que toute la tumeur a cessé d’être viable. Le contrôle par imagerie à trois, six et douze mois reste nécessaire pour juger le résultat local.

    La cryoablation concerne des indications sélectionnées. Les lésions bien circonscrites de l’os, du rein, du foie et de certains tissus mous font partie des situations décrites. La taille de la cible, son accessibilité et sa distance avec les structures voisines entrent dans la décision. La technique ne constitue pas une réponse générale à toutes les masses ni à tous les cancers.

    Pour rappel, la cryochirurgie n’a pas commencé en 2025. Une revue de Mogami et ses collègues, publiée le 27 avril 2007 dans International Journal of Clinical Oncologyla décrit comme la plus ancienne méthode d’ablation thermique et situe ses premières utilisations au milieu du XIXe siècle. Les systèmes capables de délivrer de l’azote liquide ont ensuite permis de traiter des organes situés dans différentes régions du corps.

    La difficulté historique concernait le contrôle du gel. Sans modalité d’imagerie adaptée, il était difficile de détruire complètement une lésion profonde, ce qui pouvait conduire à des récidives locales. Les systèmes de cryoablation à l’argon compatibles avec l’IRM ont associé le froid à une surveillance plus précise du champ de glace.

    En France, le froid existe déjà, l’IRM reste plus rare

    En 2026, l’hôpital Saint-Louis, à Paris, indique pratiquer la cryoablation depuis 2009. Il revendique plus de 1 150 patients traités, à raison d’environ 100 interventions par an. Les tumeurs concernées comprennent notamment des lésions du rein, du poumon, du foie, de l’os et du sein.

    Cochin, Marseille, Dijon et les Hôpitaux universitaires de Strasbourg proposent également la technique. Pour les indications validées, l’Assurance Maladie peut prendre en charge la procédure. Le scanner reste le guidage le plus courant en France. Le guidage par IRM demeure plus ciblé, notamment à Strasbourg pour certaines tumeurs cérébrales récidivantes.

    La différence porte sur le plateau technique et l’organisation du geste, pas sur le principe physique. Dans les deux cas, la sonde gèle la cible et l’équipe contrôle la zone traitée avec une imagerie adaptée. L’IRM apporte toutefois un suivi des tissus mous utile lorsque la frontière entre la tumeur et les structures voisines est difficile à lire.

    À la prostate, on éloigne d’abord le rectum

    La proximité entre la prostate et le rectum pose un problème particulier. Avant une cryoablation percutanée de la prostate guidée par IRM, une étude a évalué une technique d’hémoprotection. Elle consiste à injecter du sang autologue dans l’espace situé entre les deux organes afin d’élargir durablement cette séparation avant le gel.

    Publiée le 11 décembre 2017 dans Cardiovascular and Interventional Radiology par Garnon et ses collègues, l’étude portait sur quatre patients consécutifs traités entre avril et novembre 2016. L’injection a duré en moyenne 54 minutes et utilisé environ 103 cm3 de sang.

    Après l’injection, la distance moyenne entre le rectum et la prostate atteignait 12, 13 et 16 mm sur la ligne médiane, respectivement à l’apex, au milieu et à la base de la prostate. Elle mesurait 8, 10 et 13 mm à gauche, puis 9, 10 et 13 mm à droite, aux mêmes niveaux.

    L’extension moyenne de la boule de glace au-delà de la capsule prostatique atteignait 4, 6 et 6 mm sur la ligne médiane, 4, 5 et 6 mm à gauche, puis 1, 3 et 3 mm à droite selon le niveau de la glande. Aucun résidu sanguin n’était visible sur l’IRM réalisée à un mois et aucune fistule rectale n’a été observée chez ces quatre patients.

    Ces chiffres décrivent les distances obtenues dans une série de quatre patients. Ils ne fournissent ni taux de complications ni preuve d’une efficacité générale pour toutes les cryoablations de la prostate.

    L’IRM peut aussi chauffer la cryosonde

    L’imagerie ne se contente pas de montrer la boule de glace. Le champ magnétique et les séquences de radiofréquence peuvent échauffer certains éléments métalliques ou conducteurs. Une étude publiée le 2 mars 2021 dans Journal of Vascular and Interventional Radiology a examiné ce risque sur des modèles de tissu porcin ex vivo avec une IRM de 1,5 tesla.

    Les chercheurs ont testé plusieurs configurations de cryosondes, avec ou sans angiocathéter, ainsi que différentes positions de la ligne d’alimentation en gaz. À un niveau de SAR estimé à 2,1 W/kg, ils ont observé des hausses de température supérieures à 100 °C en moins de deux minutes.

    La géométrie de la sonde, le niveau de SAR de la séquence, la présence de l’angiocathéter et le raccordement au reste du système modifiaient le niveau de chauffe. La chaleur changeait aussi les températures observées pendant les cycles gel-dégel de dix minutes lorsque l’IRM surveillait l’évolution de la boule de glace.

    Le matériel compatible avec l’IRM ne doit donc pas être considéré comme neutre par défaut. Le positionnement, les raccordements et les réglages de la séquence participent à la sécurité du geste.

    Le risque mesuré sur tissu porcin

    Les hausses de température supérieures à 100 °C proviennent d’expériences ex vivo. Elles signalent un risque technique à contrôler, mais ne donnent ni un taux de complication chez les patients ni une fréquence d’accident en pratique hospitalière.

    La précision ne remplace pas la sélection

    Le choix d’une cryoablation guidée par IRM dépend d’abord de la cible. La lésion doit être identifiable, la trajectoire accessible, la boule de glace compatible avec la zone à traiter et la distance suffisante avec les tissus à protéger. L’anesthésie, la durée des cycles et la surveillance après l’intervention s’ajustent ensuite au dossier médical.

    Le cas de Josephine Cordina montre ce qu’une procédure percutanée peut apporter dans une situation précise : une ponction cutanée, une surveillance de la glace et un soulagement rapide rapporté par la patiente. Les données sur la prostate et le chauffage des cryosondes rappellent les limites du geste. La marge se prépare, le matériel se contrôle, le suivi tranche.

    L’IRM surveille le geste, pas sa réussite.

    Sources et références scientifiques
    1. Garnon J, Cazzato RL, Koch G, Uri IF, Tsoumakidou G, Caudrelier J, Tricard T, Gangi A, Lang H.. Trans-rectal Ultrasound-Guided Autologous Blood Injection in the Interprostatorectal Space Prior to Percutaneous MRI-Guided Cryoablation of the Prostate.. Cardiovascular and interventional radiology. 2017. DOI: 10.1007/s00270-017-1853-4 · PMID: 29230498. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    2. Lu A, Favazza CP, Felmlee JP, Welch BT, Mynderse LA, Browne JE, Woodrum DA, Gorny KR.. Experimental Investigation of Cryoneedle Heating during MR-Guided Cryoablation in Ex Vivo Tissue Samples at 1.5-Tesla.. Journal of vascular and interventional radiology : JVIR. 2021. DOI: 10.1016/j.jvir.2021.01.272 · PMID: 33663924. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    3. Mogami T, Harada J, Kishimoto K, Sumida S.. Percutaneous MR-guided cryoablation for malignancies, with a focus on renal cell carcinoma.. International journal of clinical oncology. 2007. DOI: 10.1007/s10147-006-0654-6 · PMID: 17443274. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    4. “Dès le lendemain, je n’avais plus mal” : sa tumeur a cédé à -140 °C grâce à une cryosonde guidée par IRM. 2026.

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