En apparence, Disney+ pourrait se résumer aux franchises Marvel et Star Wars. Au 8 août 2026, le catalogue montre pourtant une autre ambition : faire cohabiter les productions FX, Hulu, les sitcoms de retour et les drames britanniques.
En réalité, cette sélection repose sur trois mouvements : la suite de séries installées, la résurrection de programmes cultes et l’arrivée de fictions capables de sortir du cadre familial classique.
Surtout, les dix titres ne jouent pas tous la même partition. Thriller policier, animation japonaise, cuisine sous tension, romance explosive et comédie de bureau se partagent la même télécommande.
Le catalogue casse la routine.
Le menu ne se résume pas aux capes
1. Furious : la justice en zone grise
Furious suit Alice Black, une agente du FBI lancée à la poursuite d’une tueuse en série méthodique et insaisissable. Les deux femmes défendent leur propre vision de la justice, jusqu’à rendre la frontière entre le bien et le mal de plus en plus incertaine.
Le point de départ peut évoquer Killing Eve, mais la série développe une approche plus directement policière. Elle s’intéresse aussi aux traumatismes liés aux relations avec certains hommes et à la manière dont ses protagonistes tentent de reprendre le contrôle. Pour une soirée tendue, sans super-héros ni nostalgie, le choix est net.
2. Star Wars: Visions — le retour de Lah Kara
Dans le prolongement des courts métrages « Le neuvième Jedi » et « Le neuvième Jedi : L’enfant de l’espoir », Lah Kara poursuit son apprentissage de Jedi auprès du Margrave Juro. La jeune héroïne entraîne une petite confrérie de Jedi en devenir dans une mission destinée à sauver son père.
Autre valeur : la série est réalisée par Shunsuke Tada, écrite par Mitsuyasu Sakai et produite par le studio japonais Production I.G., connu notamment pour Ghost in the Shell et Psycho-Pass. L’animation et la mise en scène prolongent le parti pris de Star Wars: Visions : renouveler les récits de la saga au lieu de répéter ses formules.
3. Futurama, saison 14 : le futur a de l’ancienneté
Philip J. Fry, livreur de pizzas new-yorkais accidentellement congelé en 1999, se réveille mille ans plus tard. Il y retrouve notamment Bender, robot alcoolique, Leela, cyclope dont il tombe amoureux, ainsi qu’une équipe composée du professeur Farnsworth, d’Hermes Conrad, d’Amy Wong et du docteur Zoidberg.
Après une absence d’environ dix ans, Futurama a retrouvé l’écran en 2023. La saison 14 arrive sur Disney+ en août 2026 et poursuit les aventures absurdes de cette bande de voyageurs galactiques. Le programme fonctionne toujours sur le même dosage : science-fiction décalée, gags rapides et personnages suffisamment cabossés pour survivre à toutes les catastrophes.
4. Alice et Steve : quand l’amitié vire au bras de fer
Alice ne supporte pas que son meilleur ami Steve commence à fréquenter sa fille Izzy, âgée de 26 ans. Elle risque alors de perdre les deux personnes qui comptent le plus pour elle. Sa réaction ne tarde pas : elle entreprend tout ce qu’elle peut pour mettre fin à cette relation.
Sauf que Steve refuse de céder. L’amitié parfaite se transforme en guerre ouverte, sur fond d’amour, de famille et de loyautés mal placées. Portée par Nicola Walker et Jemaine Clement, cette comédie dramatique britannique mise sur le malaise, les dialogues mordants et les dégâts que provoquent les bonnes intentions.
5. Not Suitable for Work : le bureau comme champ de bataille
Not Suitable for Work suit cinq jeunes adultes obsédés par leur carrière, bien décidés à réussir professionnellement avant de trouver du temps pour leur vie personnelle. Leur terrain de jeu : l’un des quartiers les plus glamour de Manhattan, où les ambitions corporate côtoient les supérieurs toxiques et les galères ordinaires de l’âge adulte.
Créée par Mindy Kaling, la série ne cherche pas à réinventer la comédie de bureau. Elle mise plutôt sur des dialogues efficaces, une distribution solide et une satire des carrières transformées en compétition permanente. À choisir lorsque l’on veut rire des réunions, des objectifs et de cette étrange idée selon laquelle un poste pourrait définir toute une existence.
Les franchises passent en mode grand écart

6. X-Men ’97, saison 2 : les mutants reprennent du service
À ce stade, X-Men ’97 reste l’un des rendez-vous les plus directs pour retrouver l’équipe mutante issue de la série originale. Les héros tentent de continuer sans le professeur Xavier tandis que de nouveaux épisodes suivent leur apprentissage, leurs pouvoirs et leur difficile coexistence.
La diffusion de la saison 2 vient de débuter sur Disney+ en août 2026. Le style d’animation assume ses racines des années 1990, sans réserver l’accès aux seuls nostalgiques. Ceux qui découvrent les X-Men y trouvent une porte d’entrée claire ; les anciens, eux, retrouvent une esthétique immédiatement identifiable.
7. The Bear, saison 5 : le service continue sous pression
Dans la plus pure tradition, The Bear transforme une petite cuisine de Chicago en machine à stress. Carmy Berzatto, jeune chef, revient à Chicago pour diriger le restaurant familial après le suicide de son frère. Il doit composer avec les responsabilités d’une petite entreprise, une équipe réticente et des relations familiales qui ne se laissent pas régler avec un simple menu.
La saison 5, dernière de la série, arrive sur Disney+ en août 2026. La série mêle cuisine, drame intime et contraintes très concrètes du quotidien. Elle peut épuiser autant ses personnages que son public — preuve qu’un service de restauration n’a pas besoin d’explosion pour devenir irrespirable.
8. Votre fidèle serviteur Spider-Man : les débuts de Peter Parker
Cette série d’animation raconte le voyage initiatique de Peter Parker, au moment où il accepte son destin de héros et son rôle de Spider-Man dans les rues de New York. Le récit reste à hauteur de personnage : il s’agit d’abord d’apprendre, de se tromper et de comprendre ce que ses pouvoirs impliquent.
Marvel combine ici l’esthétique rétro des comics originaux avec les possibilités du multivers du MCU. Le résultat adopte un format familial et une échelle plus modeste que les grandes sagas de super-héros. Une option simple pour regarder une aventure Marvel avec plusieurs générations devant le même écran.
9. Scrubs : le Sacré-Cœur rouvre ses portes
JD et Turk renfilent leurs blouses après une longue absence. La médecine a changé, les internes aussi, mais leur amitié résiste. Dans les couloirs du Sacré-Cœur, anciens et nouveaux personnages doivent composer avec les mêmes mélanges de pression, d’absurde et d’émotion.
Le reboot, porté par le créateur Bill Lawrence, cherche un équilibre entre passage de relais et réunion de famille. La nostalgie occupe une place visible, mais le nouveau casting et l’actualisation des situations évitent la simple copie. Les amateurs de la première version y retrouveront son humour ; les nouveaux venus disposent d’un point d’entrée clair.
10. Rivals : les hautes sphères britanniques en pleine bataille
Adaptée du roman de Jilly Cooper, Rivals se déroule en 1986, au moment du lancement des chaînes de télévision indépendantes au Royaume-Uni. La série observe les rivalités, les excès et les retournements de situation qui agitent les hautes sphères britanniques.
David Tennant, Alex Hassell, Aidan Turner et Katherine Parkinson composent une distribution qui donne du relief à cette lutte de pouvoir. Les intrigues avancent vite, les ambitions se croisent et les apparences sociales ne tiennent jamais très longtemps. Un drame britannique à retenir lorsque l’on préfère les batailles de statut aux combats intergalactiques.
Le bon titre dépend du degré de chaos
Pour des rapports de force tendus, Furious et Alice et Steve occupent les positions les plus évidentes. Pour l’animation, le choix se partage entre la relecture galactique de Lah Kara, l’énergie rétro de X-Men ’97 et l’apprentissage new-yorkais de Spider-Man.
Les soirées plus légères peuvent miser sur Futurama, Not Suitable for Work ou Scrubs, tandis que The Bear convient aux spectateurs prêts à subir une cuisine en tension et Rivals à ceux qui préfèrent les ambitions britanniques aux salles de restaurant. Le catalogue ne propose donc pas une seule humeur, mais une succession de portes d’entrée.
La variété gagne la soirée.



