Bloctel a cessé son activité le 11 août 2026. Le service d’opposition au démarchage téléphonique disparaît alors qu’une loi impose aux entreprises de recueillir le consentement clair des usagers avant de les contacter.
Le même jour, Bloctel a confirmé la compromission d’un compte professionnel utilisé avec le service. Un tiers non autorisé a pu consulter et télécharger des fichiers échangés avec Bloctel; certains contenaient des numéros de personnes inscrites. La fermeture et l’incident de sécurité sont deux faits distincts. Le volume exact manque toujours.
Fermeture programmée, alerte imprévue
Bloctel permettait à un particulier d’inscrire son numéro sur une liste d’opposition afin de réduire les appels commerciaux non sollicités. Sa fermeture, le 11 août 2026, découle de la mise en place d’une loi imposant le consentement clair avant la prise de contact commerciale.
Depuis cette date, une nouvelle inscription n’est plus possible via le service. Une inscription ancienne ne vaut pas consentement à être appelé : elle exprimait l’opposition au démarchage. Les entreprises doivent respecter la nouvelle exigence de consentement avant de contacter un usager.
La fermeture ne supprime pas les copies déjà détenues par des tiers. Un fichier téléchargé avant l’arrêt peut continuer à circuler sans dépendre du site Bloctel. La question de la fuite reste donc séparée : quels numéros figuraient dans les fichiers accessibles, et combien ont été téléchargés?
Un compte professionnel, des fichiers téléchargés

Dans un courriel envoyé à certains utilisateurs le 11 août 2026, Bloctel a expliqué qu’un tiers non autorisé avait usurpé un compte professionnel. Ce compte permettait d’accéder à des fichiers échangés avec le service. Le tiers a pu les consulter et les télécharger; ces fichiers contenaient notamment des numéros de téléphone de personnes inscrites.
Le service ne dit pas que tous les numéros inscrits ont été exposés. La compromission d’un compte ne prouve pas non plus que tous les fichiers détenus par Bloctel ont été récupérés. L’incident confirmé porte sur des fichiers contenant des numéros; il ne permet pas d’affirmer que des mots de passe, des coordonnées bancaires ou d’autres données personnelles ont été consultés.
Bloctel a bloqué le compte professionnel concerné, vérifié l’ensemble des comptes professionnels et verrouillé les comptes inactifs. Le service a aussi indiqué mener des investigations techniques pour préciser les circonstances de l’accès et l’étendue des fichiers téléchargés.
Le numéro devient un prétexte de contact
Un numéro de téléphone n’est pas un mot de passe ni un code bancaire. Il donne toutefois un moyen direct d’appeler ou d’envoyer un SMS. Si un fraudeur l’a récupéré, la fermeture de Bloctel peut lui fournir un prétexte : fausse confirmation, prétendue réinscription ou lien à cliquer.
Rien ne permet d’attribuer une campagne de ce type à l’incident. Le risque est celui du hameçonnage : l’escroc part d’un événement réel, cite Bloctel, puis demande un code reçu par SMS, un mot de passe, une adresse électronique ou une donnée bancaire.
Le numéro affiché à l’écran ne suffit pas à identifier l’appelant. Un escroc peut se présenter comme un service public, un opérateur ou un prestataire chargé de la fermeture. La fin de Bloctel ne justifie ni paiement, ni transmission de code, ni installation d’application.
Raccrochez, puis recherchez vous-même le canal officiel de l’organisme annoncé. N’utilisez pas le numéro, le lien ou l’adresse fournis pendant l’échange. Un code reçu sur votre téléphone reste confidentiel, même si l’interlocuteur connaît déjà votre numéro.
Les réflexes à adopter après l’alerte

Le courriel de Bloctel, s’il a été reçu, doit être conservé avec sa date et son heure. Son absence ne prouve pas qu’un numéro n’a pas été exposé; sa réception ne donne pas non plus le volume de l’incident. Les actions utiles ne demandent aucune réinscription précipitée.
- Archivez l’alerte. Conservez le message, sa date, son heure et les éventuelles pièces jointes. N’ouvrez pas une pièce jointe inattendue. Une capture d’écran peut documenter l’alerte ou un appel suspect.
- Vérifiez par un canal choisi vous-même. Pour retrouver une information sur la fermeture du service, saisissez vous-même l’adresse officielle dans votre navigateur ou passez par un canal institutionnel connu. Un logo et une mise en page familière ne suffisent pas à prouver l’authenticité d’un message.
- Sécurisez un compte si vous avez transmis un mot de passe. Modifiez-le depuis le site officiel du service concerné. Si le service le permet, activez ensuite l’authentification à deux facteurs et évitez de réutiliser ce mot de passe.
- Gardez la trace des sollicitations. Notez le numéro appelant, l’heure, le nom utilisé et le motif avancé. Bloquez les appels et messages répétés sans rappeler un numéro fourni par un interlocuteur qui exige une action urgente.
- Réagissez en cas de donnée bancaire transmise. Prévenez votre banque immédiatement si vous avez communiqué des informations bancaires ou validé une opération, puis surveillez les mouvements du compte.
Après Bloctel, le consentement devient le repère
Avec la fermeture, l’inscription à Bloctel n’est plus un mécanisme actif d’opposition. Le nouveau cadre impose aux entreprises d’obtenir un consentement clair avant de contacter un usager. Une ancienne inscription à Bloctel n’est donc pas une autorisation de démarchage : elle exprimait au contraire l’opposition à ces sollicitations.
Lorsqu’une entreprise appelle, notez la date, l’heure, le numéro utilisé, son identité et la manière dont elle affirme avoir obtenu votre accord. Vous pouvez demander par quel canal ce consentement aurait été recueilli, puis refuser toute nouvelle sollicitation. Ces éléments permettent de documenter un appel commercial à contester ou une tentative d’usurpation.
Recevoir un appel après la fermeture de Bloctel ne prouve pas que le numéro provient de l’incident. Il peut appartenir à une base de prospection plus ancienne, avoir circulé dans une autre fuite ou être utilisé par un fraudeur qui exploite simplement l’actualité du service. Ne pas avoir reçu l’alerte de Bloctel ne suffit pas non plus à exclure toute exposition, puisque le message n’a été envoyé qu’à certains utilisateurs.
Vérifiez l’identité de l’interlocuteur par un canal choisi vous-même, ne transmettez aucun code et conservez les traces utiles. Vérifier soi-même reste la règle.




