Qu’ils vivent à Milan, Berlin, Londres ou Toronto, les Roumains installés à l’étranger sont confrontés aux mêmes exigences que tous les migrants : s’adapter rapidement, garder le lien avec leur pays, et trouver leur place dans une société souvent très différente de celle qu’ils ont quittée. La technologie, dans ce contexte, n’est pas un luxe ni un caprice. Elle sert à parler avec les parents restés en Roumanie, à envoyer de l’argent sans perdre 10 % à chaque transfert, à trouver du travail, à comprendre les lois locales, ou juste à ne pas se sentir isolé.
Certaines plateformes, comme cazinouristraine.com, vont même jusqu’à refléter des usages culturels hybrides, entre attachement aux codes roumains et adaptation à des formats mondialisés.
Smartphones, ordinateurs et autres outils pratiques
Les Roumains vivant à l’étranger achètent rarement leurs appareils à l’aveugle. Dans les forums roumains sur Facebook ou Reddit, on trouve d’innombrables discussions sur la durée de vie d’un modèle Xiaomi, sur les différences entre un iPhone neuf et un reconditionné acheté en Allemagne, ou encore sur les garanties transfrontalières. Beaucoup font le choix de téléphones remis à neuf, non pas par conviction écologique, mais pour éviter de payer 800 euros pour un appareil qu’on risque de casser en faisant la plonge ou les livraisons.
En informatique, les marques changent peu : Lenovo, Dell, HP. L’accent est mis sur la robustesse, la possibilité d’utiliser des outils de visioconférence sans ralentissement, et surtout la compatibilité avec les logiciels imposés par certains employeurs à distance. Les claviers QWERTY sont souvent conservés par habitude, mais beaucoup installent des autocollants pour retrouver les caractères spécifiques au roumain, surtout ceux qui font de la saisie administrative ou de la traduction.
Messagerie, appel, vidéo
Presque tous utilisent WhatsApp. Peu importe l’âge. Même les parents restés en zone rurale se sont mis aux messages vocaux et aux appels vidéo. Messenger reste très présent aussi, surtout pour discuter avec les cousins ou les collègues rencontrés au fil des périodes de travail saisonnier. Signal et Telegram existent, mais restent marginaux.
Il ne s’agit pas que de bavardage. Beaucoup utilisent ces canaux pour envoyer des documents à un avocat, prendre des rendez-vous médicaux, ou coordonner des projets associatifs dans les diasporas actives. La messagerie est devenue une sorte de trousse à outils quotidienne.
Argent, transferts, banques mobiles
Revolut s’impose dans presque tous les pays. Elle permet de gérer un compte en euros, d’effectuer des transferts instantanés vers des comptes roumains, de suivre les dépenses, ou de créer une carte virtuelle pour les paiements en ligne. Wise (anciennement TransferWise) est souvent utilisé pour envoyer des sommes plus importantes, notamment pour les achats immobiliers ou le soutien régulier aux proches.
Ce n’est pas qu’une question d’argent. Derriere ces outils, il y a une volonté de garder le contrôle. Passer par Western Union ou MoneyGram revient à perdre du temps, de l’argent et parfois de la dignité.
Informations, services et administration à distance
Pour suivre l’actualité du pays, la plupart s’appuient sur des sites comme Digi24, G4Media ou Recorder. Les chaînes classiques, comme TVR ou Antena, sont regardées en ligne, parfois en téléchargement illégal sur des groupes fermés. Certains accèdent aussi aux journaux locaux de leurs régions d’origine, preuve que le lien territorial reste fort, même à distance.
Du côté administratif, l’expérience est plus contrastée. Beaucoup essaient d’utiliser Ghiseul.ro ou d’autres portails officiels, mais butent sur des problèmes de connexion, de traductions approximatives ou de services non pensés pour l’étranger. Les groupes Facebook comblent souvent les lacunes de l’État, avec des tutoriels faits maison sur comment obtenir un casier judiciaire à distance ou renouveler un passeport sans rentrer au pays.
Plateformes sociales et ancrage identitaire
Facebook reste incontournable. TikTok commence à percer dans les jeunes diasporas, notamment en Italie et en Espagne, avec des contenus en roumain, mais teintés de codes locaux. Instagram sert à entretenir une image parfois plus flatteuse que la réalité du quotidien.
YouTube joue un rôle plus important qu’on ne le pense. Certains y suivent des prêtres, d’autres des humoristes, d’autres encore des cours d’anglais ou d’allemand. L’outil est polyvalent, et son algorithme finit souvent par mêler vie pratique, culture d’origine et adaptabilité sociale.
Pour résumer brièvement, chaque téléchargement, chaque compte créé, chaque vidéo consultée répond à une situation réelle, urgente, concrète. La technologie devient alors un prolongement de l’expérience migratoire elle-même.




