Devenir propriétaire est le rêve de nombreux Français. Cependant, au-delà du simple remboursement du crédit immobilier, posséder un bien immobilier implique de nombreuses dépenses à anticiper. Cet article fait le point sur l’ensemble des coûts à prendre en compte lorsqu’on devient propriétaire, afin d’éviter les mauvaises surprises et de bien préparer son budget.
Les frais liés à l’acquisition du bien immobilier
Le prix d’achat et les frais de notaire
Le premier poste de dépense, et le plus important, est bien sûr le prix d’achat du bien immobilier. À cela s’ajoutent les frais de notaire, qui représentent généralement entre 7% et 8% du prix du bien pour un logement ancien, et 2% à 3% pour un logement neuf. Ces frais comprennent :
- Les droits d’enregistrement (ou droits de mutation)
- La rémunération du notaire
- Les frais et débours divers (frais de dossier, taxes, etc.)
Les frais de garantie du prêt
Si vous financez votre achat à l’aide d’un prêt immobilier, vous devrez également prévoir les frais de garantie du prêt. Ceux-ci peuvent prendre la forme :
- D’une hypothèque
- D’un privilège de prêteur de deniers
- D’une caution bancaire
Le coût de cette garantie varie selon le montant emprunté et le type de garantie choisi, mais représente généralement entre 1% et 2% du montant du prêt.
Les frais de dossier bancaire
N’oubliez pas non plus les frais de dossier bancaire, facturés par la banque pour l’étude et la mise en place de votre prêt. Ces frais sont souvent négociables et oscillent généralement entre 500€ et 1% du montant emprunté.
Les charges récurrentes liées à la propriété
La taxe foncière
Parmi les charges récurrentes les plus importantes figure la taxe foncière. Cet impôt local est dû chaque année par le propriétaire du bien au 1er janvier. Son montant varie considérablement selon la localisation du bien, sa superficie et ses caractéristiques.
Voici un tableau présentant le montant moyen de la taxe foncière dans quelques grandes villes françaises en 2023 :
| Ville | Montant moyen de la taxe foncière |
|---|---|
| Paris | 800€ |
| Lyon | 1 200€ |
| Marseille | 1 350€ |
| Bordeaux | 1 500€ |
| Lille | 1 100€ |
Il est important de noter que la taxe foncière a tendance à augmenter régulièrement, avec des hausses parfois significatives d’une année sur l’autre.
Les charges de copropriété
Si vous achetez un appartement ou une maison en copropriété, vous devrez vous acquitter des charges de copropriété. Celles-ci couvrent :
- L’entretien des parties communes
- Les frais de gestion du syndic
- L’assurance de l’immeuble
- Les consommations d’eau et d’électricité des parties communes
- Le chauffage collectif le cas échéant
- Les provisions pour travaux futurs
Le montant des charges de copropriété varie considérablement selon les caractéristiques de l’immeuble et les services offerts (gardien, ascenseur, espaces verts, etc.). En moyenne, on estime qu’elles représentent entre 25€ et 50€ par m² et par an.
L’assurance habitation
Qu’il s’agisse d’un appartement ou d’une maison, le propriétaire doit souscrire une assurance habitation. Celle-ci est obligatoire en copropriété et fortement recommandée pour une maison individuelle. Elle couvre les risques liés à l’occupation du logement (incendie, dégâts des eaux, vol, etc.) ainsi que la responsabilité civile du propriétaire.
Le coût de l’assurance habitation dépend de nombreux facteurs :
- La superficie du logement
- Sa localisation
- Le niveau de garanties choisi
- Les biens à assurer
En moyenne, on peut estimer le coût d’une assurance habitation entre 150€ et 400€ par an pour un appartement, et entre 300€ et 800€ pour une maison.

Les coûts d’entretien et de rénovation
L’entretien courant
Être propriétaire implique d’assumer l’entretien courant du logement. Cela comprend :
- Les petites réparations (plomberie, électricité, serrurerie, etc.)
- Le remplacement des équipements usagés (électroménager, robinetterie, etc.)
- L’entretien des extérieurs pour une maison (jardin, toiture, façade)
Il est difficile d’estimer précisément ces coûts, qui varient selon l’état du bien et son utilisation. Cependant, on conseille généralement de prévoir un budget annuel d’environ 1% de la valeur du bien pour l’entretien courant.
Les travaux de rénovation
Au fil des années, des travaux plus importants peuvent s’avérer nécessaires pour maintenir ou améliorer la qualité du logement. Il peut s’agir de :
- La rénovation d’une salle de bains ou d’une cuisine
- Le remplacement des fenêtres
- La réfection de la toiture
- L’isolation thermique
- La mise aux normes électriques
Ces travaux représentent souvent des investissements conséquents. À titre d’exemple, voici une estimation du coût moyen de quelques travaux courants :
| Type de travaux | Coût moyen estimé |
|---|---|
| Rénovation complète d’une salle de bains | 5 000€ à 15 000€ |
| Remplacement des fenêtres (pour un appartement) | 4 000€ à 8 000€ |
| Réfection d’une toiture (maison de 100m²) | 10 000€ à 20 000€ |
| Isolation des combles | 1 500€ à 5 000€ |
| Mise aux normes électriques | 3 000€ à 8 000€ |
Il est judicieux de prévoir un plan d’épargne dédié à ces travaux futurs, afin de ne pas être pris au dépourvu lorsqu’ils deviendront nécessaires.
Les frais liés au financement
Les mensualités de remboursement du prêt
Si vous avez contracté un prêt immobilier pour financer votre achat, le remboursement des mensualités constitue évidemment une charge importante. Le montant de ces mensualités dépend :
- Du montant emprunté
- De la durée du prêt
- Du taux d’intérêt
Il est crucial de bien évaluer sa capacité de remboursement avant de s’engager, en tenant compte de l’ensemble des autres charges liées à la propriété.
L’assurance emprunteur
L’assurance emprunteur est obligatoire pour obtenir un prêt immobilier. Elle protège à la fois l’emprunteur et la banque en cas de décès, d’invalidité ou de perte d’emploi. Son coût varie selon :
- L’âge et l’état de santé de l’emprunteur
- Le montant et la durée du prêt
- Le niveau de garanties choisi
En moyenne, l’assurance emprunteur représente entre 0,2% et 0,6% du capital emprunté par an. Pour un prêt de 200 000€ sur 20 ans, cela peut représenter entre 400€ et 1 200€ par an, soit 33€ à 100€ par mois.
Les coûts spécifiques aux propriétaires bailleurs
La fiscalité des revenus locatifs
Si vous décidez de mettre votre bien en location, les revenus locatifs seront soumis à l’impôt sur le revenu. Deux régimes d’imposition existent :
- Le régime micro-foncier (pour des revenus locatifs annuels inférieurs à 15 000€)
- Le régime réel (obligatoire au-delà de 15 000€ de revenus locatifs annuels)
Dans le cas du micro-foncier, un abattement forfaitaire de 30% est appliqué sur les revenus locatifs. Dans le cas du régime réel, vous pouvez déduire l’ensemble de vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, etc.).
La taxe sur les logements vacants
Dans certaines zones tendues, les propriétaires de logements vacants depuis plus d’un an peuvent être assujettis à la taxe sur les logements vacants (TLV). Son montant est calculé en fonction de la valeur locative du bien :
- 12,5% la première année d’imposition
- 25% à partir de la deuxième année
L’assurance loyers impayés
Pour se prémunir contre le risque d’impayés, de nombreux propriétaires bailleurs souscrivent une assurance loyers impayés. Son coût varie généralement entre 2% et 4% des loyers annuels.
Les aides financières pour les propriétaires
Les aides à la rénovation énergétique
Pour encourager la rénovation énergétique des logements, l’État a mis en place plusieurs dispositifs d’aide :
- MaPrimeRénov’ : une aide calculée en fonction des revenus du ménage et du gain énergétique des travaux
- L’éco-prêt à taux zéro : un prêt sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique
- Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) : des primes versées par les fournisseurs d’énergie
Ces aides peuvent représenter des montants significatifs, allant de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros selon les travaux réalisés.
Les aides de l’Anah
L’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) propose également des aides pour les propriétaires occupants ou bailleurs, sous conditions de ressources. Ces aides concernent :
- La rénovation énergétique
- L’adaptation du logement à la perte d’autonomie
- La réhabilitation d’un logement dégradé
Le montant de ces aides peut atteindre jusqu’à 50% du montant des travaux, avec un plafond variant selon la nature des travaux.
Stratégies pour optimiser son budget de propriétaire
Anticiper et provisionner
La clé pour gérer sereinement son budget de propriétaire est l’anticipation. Il est recommandé de :
- Établir un budget prévisionnel détaillé incluant toutes les charges
- Mettre en place une épargne régulière pour les travaux futurs
- Provisionner les charges annuelles (taxe foncière, assurance) sur une base mensuelle
Optimiser la fiscalité
Pour les propriétaires bailleurs, il est crucial d’optimiser sa fiscalité :
- Choisir le régime d’imposition le plus avantageux




