Deux jours de suite avec un kWh proche de **1,09 €** au lieu d’environ **0,14 €**. C’est ce que vivent les abonnés EJP les **jeudi 20 et vendredi 21 novembre 2025**, selon JeChange et Pleine Vie. Sur une journée de forte consommation électrique, la facture peut exploser d’un facteur 7 à 8 si rien n’est coupé.

Ce qui se passe ce vendredi : un deuxième jour EJP qui frappe fort
Jeudi 20 novembre 2025 a été déclenché comme jour de pointe EJP. EDF annonce un nouveau jour EJP pour le lendemain, vendredi 21 novembre 2025. Les abonnés encaissent donc deux jours rouges d’affilée. JeChange parle de « double peine » pour ces clients qui subissent une surfacturation sur 36 heures de suite, à l’exception de la fenêtre nocturne de 1h à 7h.
Sur ces jours EJP, le tarif du kilowattheure grimpe à **1,0867 € TTC** pour les abonnés à l’option historique EJP, contre un tarif d’ordre de grandeur de **0,1418 €/kWh** les jours normaux, selon les données relayées par JeChange et Pleine Vie. L’ordre de multiplication est proche de 8. Sur une consommation de 20 kWh pendant la plage rouge (chauffage, chauffe-eau, cuisson, électroménager), la facture passe de près de 3 € à plus de 21 € pour une seule journée.

Pour la saison **2025-2026**, le calendrier EJP compte **22 jours de pointe** entre le **1er novembre 2025** et le **31 mars 2026**, comme le rappellent Selectra, Papernest et Fournisseurs-electricite.com. Au moment de la publication de l’alerte JeChange, tous les jours EJP restants étaient encore disponibles, ce qui laisse la porte ouverte à d’autres séries de jours rouges si l’hiver se tend sur le plan électrique.
Rappel express : comment fonctionne vraiment l’option EJP en 2025-2026
L’option **EJP (Effacement Jour de Pointe)** est une offre historique du Tarif Bleu d’EDF. Elle a cessé d’être commercialisée en **1998**, mais les clients qui l’avaient déjà souscrite peuvent la conserver. EDF et Papernest rappellent que cette option repose sur un principe simple : **343 jours** par an à tarif réduit, **22 jours** à tarif très élevé pendant les périodes de tension sur le réseau, en général lors de grands froids hivernaux.
Pour la saison **2025-2026**, plusieurs points structurent le jeu :
- Période EJP : du 1er novembre au 31 mars.
- Nombre de jours EJP : 22 jours au maximum sur la saison.
- Plage horaire rouge : de 7h à 1h le lendemain, soit 18 heures consécutives de tarif majoré, selon JeChange, Selectra et Fournisseurs-electricite.com.
- Fenêtre de répit : de 1h à 7h du matin</strong, retour au tarif normal, décrite par JeChange comme une « tranche de survie ».
Pour les tarifs, il faut distinguer les chiffres officiels de l’offre EJP actuelle et les niveaux mis en avant par les articles de conso sur ce « vendredi rouge ». Papernest, Selectra et Kelwatt indiquent, pour 2026, un tarif EJP autour de **0,1781 €/kWh en jour normal** et **0,3440 €/kWh en jour de pointe**. JeChange et Pleine Vie, eux, citent un exemple extrême avec un kWh EJP à **1,0867 €**, quasi 8 fois le kWh « normal » à **0,1418 €** évoqué dans leur article. Ces montants reflètent soit un cas particulier EJP, soit une comparaison avec un ancien niveau de tarif réglementé, mais le message est clair : le jour EJP reste massivement pénalisant si l’abonné ne coupe pas.
À cela s’ajoute un facteur structurel : une **réforme tarifaire au 1er février 2026** mentionnée par Fournisseurs-electricite.com souligne que la rentabilité de l’EJP diminue face à d’autres options comme Tempo. L’option EJP reste donc un héritage tarifaire, souvent intéressant pour les gros consommateurs très disciplinés, mais de plus en plus difficile à exploiter quand les jours rouges se suivent.
La fenêtre 1h-7h : la seule respiration pour passer ce double jour rouge
Sur ces deux jours EJP consécutifs, la clé se joue la nuit. JeChange insiste sur la plage **1h-7h du matin**, seule période tarifaire « normale » coincée entre deux longues séquences rouges. Sur 24 heures de journée EJP, 18 heures sont facturées au tarif maximal, 6 heures restent au tarif habituel.
Concrètement, pour ce vendredi 21 novembre 2025 (et la nuit qui le précède), les recommandations sont très directes :
- Chauffe-eau : programmer le déclenchement du ballon d’eau chaude entre 1h et 7h du matin. Un chauffe-eau électrique classique de 200 à 300 litres consomme souvent entre 2 et 3 kWh par cycle de chauffe. Sur un tarif rouge à plus de 1 €/kWh, une simple chauffe peut coûter 2 à 3 € au lieu de quelques dizaines de centimes.
- Lave-linge et lave-vaisselle : lancer les cycles en départ différé durant la fenêtre 1h-7h. Un cycle de lave-linge consomme souvent entre 0,8 et 1,5 kWh, un lave-vaisselle entre 1 et 2 kWh, selon l’étiquette énergétique et la température. Placés sur un kWh à plus de 1 €, ces gestes quotidiens deviennent soudain des postes à 2 ou 3 € par utilisation.
- Recharge de voiture électrique : concentrer la charge sur la nuit, toujours entre 1h et 7h. Un véhicule qui se recharge sur 10 kWh pendant la plage rouge subit un surcoût d’environ 10 € dans le scénario tarifaire le plus élevé. Sur la fenêtre à prix normal, la même charge revient plusieurs fois moins cher.
- Pré-chauffage du logement : pour les maisons chauffées à l’électrique, JeChange conseille d’augmenter légèrement la température pendant la plage 1h-7h, afin de « charger » l’inertie thermique du bâtiment avant l’arrivée du tarif rouge. Sur un chauffage par radiateurs à inertie ou plancher chauffant, cette anticipation limite les relances coûteuses pendant la journée.
Cette organisation suppose une maison équipée de programmateurs ou au minimum de prises programmables. Sur le terrain, les foyers les mieux armés s’appuient souvent sur :

- Un contacteur jour/nuit pour le chauffe-eau, réglé en mode « auto ».
- Les fonctions de départ différé des lave-linge et lave-vaisselle récents.
- La programmation embarquée des bornes de recharge de véhicules électriques ou des voitures elles-mêmes.
Sans cette discipline, la double journée EJP se traduit rapidement par un coût qui annule plusieurs jours d’économies d’un hiver entier.
Que faire pendant les heures EJP : arbitrer pièce par pièce, usage par usage
Entre 7h et 1h, l’objectif est simple : faire tomber la puissance appelée. Cette stratégie ne se limite pas à « tout couper », elle repose sur une hiérarchisation très concrète des usages.
Chauffage électrique : la ligne de front
En France, le chauffage électrique pèse parfois 60 à 70 % de la consommation hivernale d’un foyer. Sur un jour à 1,0867 €/kWh, un radiateur de 2 kW qui tourne 8 heures coûte 17 à 18 € pour une seule pièce. Sur deux jours consécutifs, la facture explose. Sur ces journées, les abonnés les plus aguerris :
- Baissent le thermostat de plusieurs degrés dans les pièces peu occupées.
- Concentrent le chauffage sur une ou deux pièces de vie, portes fermées.
- Utilisent ponctuellement des solutions d’appoint non électriques, quand c’est possible et sécurisé (poêle à bois déjà installé, par exemple).
La maison devient presque une « zone chaude » au milieu de zones en veille. Cette logique choque parfois, mais elle reflète la réalité économique de l’EJP : chaque kilowattheure de chauffage consommé au mauvais moment pèse lourd.
Eau chaude sanitaire : gérer le stock plutôt que la production en continu
Le ballon d’eau chaude doit tourner uniquement sur la plage 1h-7h. Le reste du temps, la consigne est claire : ne pas forcer la chauffe. Un cumulus de 200 litres à 65 °C tient une journée complète pour une famille de 3 à 4 personnes, sauf usage intensif type baignoire remplie plusieurs fois. La discipline se joue donc aussi à la douche :
- Limiter les douches longues pendant les heures EJP.
- Éviter les bains à répétition sur ces journées rouges.
Un ballon qui relance sa résistance de 3 kW au milieu de l’après-midi sur un kWh à 1 € grimpe vite à 3 € la relance. Répété plusieurs fois dans la saison, ce type d’écart casse tout le bénéfice de l’option.
Cuisson, électroménager, usages de confort
Les appareils de cuisson (plaques électriques, four, micro-ondes) consomment vite. Un four classique tourne entre 2 et 3 kW. Sur un jour EJP à tarif très élevé, un repas élaboré au four peut revenir à plusieurs euros de consommation pure. Les foyers les plus vigilants ajustent donc leur organisation :
- Préparer des plats froids ou réchauffés rapidement.
- Éviter les cuissons longues au four en plein cœur de la plage rouge.
- Couvrir les casseroles pour réduire le temps de chauffe sur plaques.
Pour l’électroménager hors lave-linge et lave-vaisselle (sèche-linge, fer à repasser, aspirateur), la règle reste la même : concentrer ces usages sur la fenêtre 1h-7h si possible, sinon les repousser à un jour non EJP. Le sèche-linge, avec des puissances qui tournent autour de 2 à 3 kW, fait partie des pires ennemis de la facture sur un jour rouge.
Déclenchement EJP : comment savoir la veille et éviter les mauvaises surprises
Sur ce vendredi 21 novembre 2025, l’information officielle tombe la veille dans l’après-midi. EDF publie le signal EJP du lendemain entre environ 13h et 15h, selon les sites spécialisés comme Selectra, Papernest, Kelwatt et Fournisseurs-electricite.com. Le client EJP n’a donc pas le choix : il doit surveiller l’alerte dès la veille pour organiser sa journée.

Plusieurs canaux existent, et ils sont devenus indispensables pour les abonnés qui veulent garder le contrôle :
- Application EDF & Moi : dans la rubrique « Mes préférences », l’abonné active les alertes EJP. Une notification tombe en général vers 17h pour indiquer si le lendemain est un jour de pointe. Selectra rappelle cette fonction, disponible sur iOS et Android.
- Espace client EDF : l’information « Demain est-il un jour EJP ? » est visible en ligne, avec la couleur du jour (EJP ou non EJP) et le nombre de jours restants sur la saison.
- Alertes e-mail et SMS proposées par des acteurs comme Selectra, Hello Watt ou Fournisseurs-electricite.com, qui relaient chaque fin d’après-midi la décision EJP d’EDF.
- Serveur vocal EDF : au 09 70 83 33 33, joignable 24h/24, le client peut écouter la couleur du lendemain à partir de 15h environ, comme l’indiquent les sites spécialisés.
Cette mécanique quotidienne impose une vigilance permanente, en particulier lorsque Météo-France annonce une vague de froid. Une chute brutale des températures sur plusieurs jours en hiver, avec un parc de chauffage électrique diffus, reste l’un des déclencheurs les plus classiques des jours EJP. RTE, le gestionnaire du réseau, publie d’ailleurs des indicateurs de tension sur le réseau qui convergent souvent avec ces annonces.
EJP en 2025-2026 : encore rentable, ou temps de basculer vers Tempo ?
La question qui se pose derrière ce vendredi rouge, c’est la viabilité de l’option EJP aujourd’hui. Fournisseurs-electricite.com souligne qu’une **réforme du 1er février 2026** réduit nettement l’écart entre jour normal et jour EJP, avec des tarifs autour de **0,1781 €/kWh en jour normal** et **0,3440 €/kWh en jour de pointe**. L’écart existe toujours, mais la prime au jour normal se réduit, tandis que la pénalité des jours rouges reste lourde si le client ne coupe pas de manière quasi militaire.
Les comparatifs récents montrent un avantage grandissant de l’option Tempo pour beaucoup de profils. Fournisseurs-electricite.com évoque une économie moyenne d’environ **86 € par an** pour un profil type en 9 kVA et 10 000 kWh par an, en basculant vers Tempo. Tempo propose une tarification à trois couleurs (bleu, blanc, rouge) et distingue les heures pleines et heures creuses, avec 22 jours rouges là aussi, mais une structure tarifaire différente, souvent plus lisible et plus adaptée aux usages modernes.
À cela s’ajoute un point juridique et commercial simple : l’option EJP est **fermée à la souscription depuis 1998**. Un client qui sort de l’EJP ne pourra plus y revenir. Ce verrou pousse certains foyers à rester accroché à leur contrat EJP par réflexe, en pensant protéger un avantage « historique », alors que les simulations récentes montrent parfois l’inverse, surtout pour des logements bien isolés ou des ménages qui ont réduit leur consommation.
La double journée rouge de novembre 2025 agit comme un test grandeur nature. Ceux qui parviennent à tomber sous la barre de quelques kWh pendant ces 36 heures montrent que l’EJP peut encore garder un intérêt économique. Ceux qui laissent tourner le chauffage électrique sans restriction voient au contraire la facture engloutir les gains accumulés les jours à bas prix.
Au fond, l’option EJP en 2025-2026 n’est plus un simple contrat, c’est un mode de vie énergétique. Il impose de surveiller l’alerte chaque jour à 17h, d’organiser la lessive à 3h du matin, de vivre dans une seule pièce chauffée sur les journées rouges. Le deuxième jour consécutif d’alerte, comme ce vendredi 21 novembre, le rappelle sans détours : soit le foyer joue le jeu jusqu’au bout, soit il paie cher chaque kilowattheure oublié sur le mauvais créneau horaire.




