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    Prix du gaz novembre 2025 : une facture qui reste lourde à cause de l’abonnement

    Aucun commentaire13 Minutes de Lecture

    Prix du gaz novembre 2025 : une facture qui reste lourde à cause de l’abonnement

    Prix du gaz stable en novembre 2025, mais facture plombée par un abonnement gaz cher et la hausse de TVA. Explications et leviers concrets pour payer moins.

    Novembre 2025 : un gaz presque stable, une facture qui ne bouge pas

    Au 1er novembre 2025, le prix repère de vente du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) n’évolue quasiment pas : la hausse est limitée à +0,07 à +0,08 % selon les publications d’Hello Watt et d’ES Énergies Strasbourg. Le signal envoyé aux ménages ressemble à une accalmie. Pourtant, la facture reste élevée.

    Le site JeChange chiffre la facture annuelle d’un foyer moyen chauffé au gaz à environ 1 489 € par an en novembre 2025, pour une consommation proche de 13 MWh. Le prix du kWh a baissé depuis le pic de 2022, mais on reste loin des niveaux d’avant-crise. Les données du ministère de la Transition énergétique indiquent d’ailleurs un prix moyen du gaz pour les ménages autour de 0,092 €/kWh hors taxes en 2024, ce qui donne un budget de 1 470 à 1 600 € TTC pour 11 000 à 12 000 kWh annuels.

    Les marchés de gros se calment. La CRE et le ministère décrivent des stocks européens largement remplis pour l’hiver 2025-2026, ce qui limite les tensions sur le PEG (le marché de gros du gaz en France). La quasi-stabilité du prix repère en novembre vient de là. L’ennui, c’est que les ménages ne voient pas ce répit sur leur facture car l’autre ligne, l’abonnement, est devenue très lourde.

    Pourquoi l’abonnement pèse désormais aussi lourd que la consommation

    Depuis l’été 2025, l’abonnement gaz est devenu la vraie ligne problématique de la facture. La CRE fixe un abonnement annuel de référence autour de 330 à 340 € TTC pour un usage chauffage, niveau confirmé par Expertise Énergie (330,80 € TTC) et par Engie qui annonce un abonnement chauffage à 343,90 € TTC par an dans les données publiées en 2026 pour les offres indexées sur le prix repère.

    Pour un foyer qui consomme 13 MWh par an, l’abonnement pèse donc autour de 22 à 25 % de la facture totale. Autrement dit, quasiment un quart de ce que vous payez ne dépend pas de ce que vous consommez, mais du simple fait d’être raccordé, même si vous réduisez votre chauffage. JeChange parle d’une facture stable en novembre 2025 mais souligne que la part fixe reste élevée, ce qui réduit tout effet positif des micro-baisse ou micro-hausse du kWh.

    Ce poids de l’abonnement vient en partie des coûts d’acheminement et de distribution du gaz, régulés et décidés dans les tarifs d’Accès des tiers au réseau de distribution (ATRD). La hausse des coûts de réseau depuis la fin des tarifs réglementés, combinée à la baisse du nombre de clients gaz dans certaines zones, a tiré cette part fixe vers le haut. Le débat est ouvert : plus le parc de clients raccordés se réduit, plus la facture fixe de ceux qui restent augmente.

    Pour les petits consommateurs, la situation est encore moins favorable. Un ménage qui n’utilise le gaz que pour la cuisine, avec 1 000 à 2 000 kWh par an, se retrouve avec une part fixe qui écrase tout. Payer plus de 300 € d’abonnement pour quelques dizaines d’euros de consommation annuelle pose une vraie question d’arbitrage énergétique. Beaucoup de particuliers commencent à chiffrer le basculement vers plaques à induction ou tout électrique pour couper complètement le gaz.

    La TVA sur l’abonnement : la hausse fiscale qui alourdit la note

    Depuis le 1er août 2025, une nouvelle règle fiscale a changé l’équilibre de la facture. La TVA sur l’abonnement gaz est passée du taux réduit de 5,5 % au taux normal de 20 %. Le site JeChange chiffre l’impact autour de 40 € par an pour un foyer chauffé au gaz. Fournisseurs-Electricité.com, qui reprend cette mesure, estime plutôt le surcoût direct de TVA à environ 13 € par an, mais ajoute l’effet cumulé des diverses hausses réglementaires et fiscales sur l’acheminement, la CSPE et la fiscalité énergie, ce qui gonfle le surcoût total hors marché à environ 220 € par an pour un foyer de 13 MWh.

    Ce décalage entre chiffres vient des périmètres : JeChange isole l’effet TVA sur l’abonnement, tandis que Fournisseurs-Electricité.com additionne toutes les couches décidées par l’État ou les régulateurs depuis la fin du bouclier tarifaire. Dans tous les cas, la logique est la même. Une part de plus en plus grande de la facture vient de décisions fiscales, et non du prix du gaz lui-même sur les marchés.

    Sur la ligne TVA, la différence de taux sur l’abonnement change la donne. Le taux réduit a été maintenu sur la consommation de gaz pour le chauffage résidentiel, mais l’abonnement subit désormais une TVA à 20 %. Sur un abonnement de 330 € HT, l’écart entre 5,5 % et 20 % dépasse 48 € de TVA, même si tous les fournisseurs n’appliquent pas exactement le même niveau HT selon les grilles. Pour un ménage, ce surcoût fiscal ne se voit pas dans les annonces de “stabilité du prix repère”, mais il se voit dans la ligne totale “TTC à payer”.

    La CRE a rappelé dans ses rapports que la facture finale des ménages dépend pour une part significative de la fiscalité énergie. Les décisions prises en 2023 et 2024 sur les taxes, pour financer la transition énergétique et la sortie progressive des boucliers, se traduisent aujourd’hui par des factures qui résistent à la baisse, même quand les marchés se détendent. Le débat public se focalise souvent sur le “prix du gaz”, alors que l’abonnement et la fiscalité structurent maintenant la moitié du sujet.

    Prix repère, offres indexées, offres fixes : ce que les chiffres disent vraiment

    Depuis la fin des tarifs réglementés du gaz en 2023, le prix repère de vente du gaz publié par la CRE sert de boussole. Il ne s’impose pas aux fournisseurs, mais il guide les offres indexées. En novembre 2025, la CRE affiche une variation quasi nulle sur ce prix repère, autour de +0,07 à +0,08 % par rapport à octobre, ce qui confirme le diagnostic posé par JeChange et Hello Watt : calme apparent avant l’hiver.

    Les offres à prix indexé suivent de près ce prix repère ou les indices de marché comme le PEG. Fournisseurs-Electricité.com rappelle que ces offres font payer le “vrai prix” du marché, à la hausse comme à la baisse. Elles conviennent aux ménages qui acceptent les variations mensuelles et misent sur des prix de gros plutôt bas dans les mois à venir. Les comparateurs recommandent souvent de cibler des contrats indexés avec une réduction garantie sur le prix repère, autour de 10 à 15 %, pour garder un avantage structurel même en cas de remontée.

    Les offres à prix fixe figent le prix du kWh pour 1, 2 ou parfois 3 ans. Un client qui a signé un fixe en période de prix élevés garde ce niveau, même si le prix repère baisse. Depuis la remontée de la fiscalité, la CRE et le ministère indiquent que la part “approvisionnement” du gaz, c’est-à-dire le coût d’achat sur les marchés, ne pèse plus seule. Le choix entre fixe et indexé se joue donc autant sur le niveau du prix de départ que sur la visibilité recherchée.

    Les publications du service-public.fr en mai 2026 donnent une idée de la volatilité récente. Après une hausse de plus de 15 % du prix repère en mai 2026 dans un contexte géopolitique tendu, la CRE annonce une baisse de 4,8 % TTC au 1er juin 2026, avec un prix repère ramené à 152,86 €/MWh TTC. L’impact réel sur la facture de juin est évalué à -1,26 € TTC en moyenne pour les contrats indexés. Ce chiffre modeste illustre bien la situation : les variations de marché existent, mais l’abonnement et les taxes amortissent ou masquent l’effet pour le particulier.

    Pour un lecteur qui cherche un repère concret : un ménage au gaz chauffage, 13 MWh/an, avec une offre dans la moyenne du marché en novembre 2025, voit grosso modo la chose suivante. Environ 1 100 à 1 150 € pour la partie énergie et acheminement variable, et 330 à 340 € d’abonnement annuel. Tant que l’abonnement reste à ce niveau, une variation de quelques pourcents sur le prix du kWh ne bouleverse pas le montant final à payer.

    Comment alléger la facture malgré un abonnement élevé

    Dans ce cadre, la réaction logique consiste à reprendre la main sur les leviers encore disponibles. JeChange insiste sur deux axes : le choix de l’offre et la consommation réelle, sans oublier la question de fond, rester ou non au gaz à moyen terme.

    1. Jouer le bon type d’offre au bon moment

    Pour l’hiver 2025-2026, deux stratégies ressortent des analyses publiées par JeChange, Hello Watt et les comparateurs spécialisés :

    • Offre à prix indexé : à privilégier si vous pensez que les marchés de gros resteront sous contrôle, avec des stocks confortables et une tension géopolitique contenue. Les offres indexées qui garantissent une réduction de 10 à 15 % par rapport au prix repère CRE créent un avantage durable. Attention aux offres indexées sans réduction, souvent proches du prix repère brut, qui laissent peu de marge.
    • Offre à prix fixe : utile si vous voulez de la visibilité sur 1 à 2 ans et si le prix proposé au kWh se situe nettement sous les niveaux de 2022-2023. Un fixe signé trop haut annule l’intérêt de la stabilité. Il faut regarder les grilles : certains fournisseurs proposent des fixes avec un prix du kWh compétitif mais gonflent l’abonnement, ce qui ne résout pas le problème de fond.

    Dans les deux cas, la clé est le couple prix du kWh / montant de l’abonnement. Un fournisseur qui affiche un prix du kWh séduisant mais un abonnement à 400 € annuels ne rend service à personne, surtout si vous avez une consommation moyenne ou faible. Les comparateurs comme JeChange, Hello Watt ou Fournisseurs-Electricité.com publient des simulations détaillées pour 5, 10 ou 15 MWh par an. Ce sont ces chiffres qu’il faut regarder, pas seulement le prix “en gros caractères” mis en avant dans la publicité.

    2. Réduire la consommation là où c’est rentable

    Avec une part fixe qui grimpe, l’enjeu est de savoir quelles économies d’énergie restent vraiment rentables. Les gains les plus rapides se trouvent d’ordinaire du côté :

    • du réglage fin du thermostat, un degré de moins en moyenne sur la saison de chauffe réduit la consommation d’environ 7 % selon l’Ademe ;
    • de l’entretien de la chaudière, une chaudière à condensation bien réglée consomme moins et évite les surconsommations de fin de vie ;
    • de la régulation pièce par pièce, avec robinets thermostatiques et programmation hebdomadaire, en ciblant les pièces réellement occupées ;
    • de l’isolation des points faibles, combles, fuites d’air, joints de fenêtres, qui influent directement sur le volume de kWh nécessaires pour atteindre la même température.

    La difficulté vient du fait que l’abonnement, lui, ne bouge pas. Descendre de 13 MWh à 10 MWh par an ne change rien à ces 330 € de part fixe. Vous économisez sur la partie variable, mais le pourcentage d’économie sur la facture totale reste limité, souvent entre 15 et 20 % dans ce scénario, alors que vous avez réduit la consommation de 23 %. Le signal-prix n’incite pas fortement à la sobriété pour les petits et moyens consommateurs, ce qui nourrit les critiques adressées à la structure tarifaire actuelle.

    3. Se poser franchement la question du gaz à moyen terme

    Face à un abonnement à plus de 300 € par an, plusieurs profils de foyers doivent se poser la question du maintien du gaz :

    • les ménages qui n’utilisent le gaz que pour la cuisson, pour lesquels l’abonnement dépasse très vite le coût de l’énergie consommée ;
    • les logements où une rénovation globale (isolation + pompe à chaleur) est envisageable dans les 5 ans, avec des aides MaPrimeRénov et CEE qui absorbent une partie de l’investissement ;
    • les propriétaires qui planifient une vente et anticipent les exigences sur les diagnostics énergétiques, où la sortie du gaz peut améliorer la classe du DPE.

    Les données actuelles montrent un mouvement progressif de sortie du gaz dans le parc résidentiel, accéléré par la réglementation sur les nouvelles constructions. Plus le nombre de clients raccordés baisse, plus la question du financement des réseaux se pose. Les régulateurs devront choisir entre une nouvelle hausse de la part fixe pour ceux qui restent, ou d’autres montages de financement via la fiscalité ou la péréquation.

    Pour un lecteur qui cherche un arbitrage concret : si votre consommation annuelle se situe sous 5 000 kWh, l’abonnement pèse beaucoup trop. Il faut au minimum chiffrer une alternative tout-électrique. Pour un foyer autour de 12 à 15 MWh, la comparaison devient plus complexe, car la chaleur produite par une chaudière gaz moderne reste compétitive face à certaines solutions électriques en termes de coût par kWh utile. Dans ce cas, la décision se joue aussi sur le confort, la valeur du logement, la stabilité souhaitée et l’accès aux aides.

    Un gaz “calme” en novembre 2025, mais un modèle de facture contesté

    Le mois de novembre 2025 donne l’illusion d’une situation stabilisée : le prix repère de vente du gaz progresse de moins de 0,1 %, les stocks européens sont au plus haut, les scénarios de pénurie s’éloignent. La réalité de la facture raconte autre chose. Un ménage chauffé au gaz se retrouve avec environ 1 500 € par an de dépense, dont plus de 300 € pour la seule ligne “abonnement”, inflatée par une TVA passée à 20 % et par des hausses décidées sur les coûts de réseau.

    Les chiffres publiés par JeChange, la CRE, le ministère de la Transition énergétique, Engie, Hello Watt, Service-public.fr, Expertise Énergie et Fournisseurs-Electricité.com convergent sur une idée simple : le prix du kWh n’est plus le seul arbitre. La structure de la facture, avec une part fixe lourde et une fiscalité en hausse sur cette part, pèse durablement sur le budget des ménages. Les micro-variations mensuelles de +0,07 % ou -4,8 % sur le prix repère ne suffisent pas à redonner du souffle.

    Pour l’instant, le particulier n’a pas la main sur l’abonnement ni sur la TVA. Il garde en revanche trois leviers : choisir une offre réellement compétitive sur le couple kWh/abonnement, réduire sa consommation là où c’est rentable, et réévaluer à moyen terme la pertinence du gaz dans son logement. Ce n’est pas une vision théorique de la transition énergétique. C’est le calcul de fin de mois sur une facture où la ligne “abonnement” a pris trop de place.

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    Jarod est journaliste citoyen, engagé dans la couverture d'actualités locales et de sujets sociétaux. Passionné par l'investigation et la transparence, il utilise sa plume pour donner une voix aux événements et aux personnes souvent ignorés par les médias traditionnels.

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