En mai 2026, le prix repère du gaz publié par la CRE bondit de **+15,4 % TTC** en un mois, passant de **139,12 €/MWh à 160,54 €/MWh**, selon la décision du 8 avril 2026 de la Commission de régulation de l’énergie. La CRE chiffre l’impact moyen à **+6,19 € TTC sur la facture de mai** pour les ménages aux offres indexées.

Un record pulvérisé : où en est le prix du kWh gaz en 2026 ?
Le cap symbolique est franchi. JeChange anticipe pour un foyer moyen chauffé au gaz un prix qui grimpe de **0,10513 €/kWh en mars 2026 à 0,12163 €/kWh en mai**, soit une hausse de **15,7 %** en deux mois et un record au-dessus du pic de **0,12155 €/kWh atteint en mars 2025**. Selon leurs projections, ce niveau ne serait même qu’une étape, avec un sommet envisagé à **0,12319 €/kWh en septembre 2026**, soit environ **17,2 %** de plus qu’en mars 2026.
Du côté de la CRE, le prix repère moyen grimpe à **160,54 €/MWh TTC au 1er mai 2026**, avant une correction légère annoncée à **152,86 €/MWh TTC au 1er juin**, soit une baisse de **4,8 %** après le choc de mai. Le site Service-public résume cette baisse de juin par un allègement moyen de **1,26 € TTC** sur la facture, très loin de compenser le coup de massue de mai.
Les courbes de JeChange sur l’évolution 2026 montrent un mouvement brutal: hausse de plus de 15 % au 1er mai, recul d’environ 5 % au 1er juin, puis nouvelle poussée prévue pour l’été. Sur l’année, Hello Watt rappelle que le kWh pour un foyer chauffé au gaz est tombé à **0,1179 €/kWh en juin 2026** après ce pic, mais avec une tendance haussière nette depuis janvier. Entre janvier 2015 et janvier 2025, le tarif de référence pour le chauffage a quasiment doublé, de **5,8 à 11,85 centimes d’euro par kWh**, selon JeChange. Mai 2026 s’inscrit dans une trajectoire longue de renchérissement, pas dans un simple accident de marché.

La guerre en Iran et le Moyen-Orient, moteur direct de la flambée de mai
La CRE ne laisse aucun doute sur le déclencheur. Dans sa note du 8 avril 2026, le régulateur écrit noir sur blanc que l’envolée de mai est la « conséquence de la hausse des prix sur les marchés du gaz (qui ont ponctuellement doublé), consécutive à la crise en cours au Moyen-Orient », et parle explicitement de la guerre en Iran. Autrement dit, le choc est avant tout géopolitique. Les prix de gros pour une livraison proche ont flambé sur le PEG français, avant de refluer partiellement, mais le mal était fait pour le mois de mai.
JeChange, dans un article consacré à l’impact du conflit au Moyen-Orient, aligne les chiffres mois par mois: **0,10513 €/kWh en mars 2026**, **0,10292 €/kWh en avril** (-2,1 %), puis **0,12132 €/kWh en mai** (+15,4 %), avant **0,12022 €/kWh en juin**. Ce bond de plus de 15 % en un mois, alors que le prix reculait juste avant, traduit exactement la nervosité du marché de gros après l’escalade militaire. Le régulateur évoque des prix « ponctuellement doublés » sur les marchés de gros durant la crise, même si le consommateur final ne voit pas une multiplication par deux sur sa facture grâce aux mécanismes d’atténuation et au lissage du prix repère.
Sur le moyen terme, JeChange observe que le MWh sur le marché PEG pour livraison en juin 2026 se traite autour de **45,95 €/MWh**, mais que les produits pour 2027 tournent plus près de **33,59 €/MWh**. Le message est clair: le choc de 2026 a une origine géopolitique et conjoncturelle, avec des marchés à terme qui parient déjà sur un repli. Pour les ménages, la question n’est pas tant l’origine du choc que le délai de transmission et l’ampleur de la facture.
Combien allez-vous payer en plus en mai 2026 ? Cas concrets
La hausse de **+15,4 %** ne parle pas à tout le monde. Les euros, oui. La CRE quantifie l’impact moyen à **+6,19 € TTC sur le mois de mai** pour les offres indexées. Ce chiffre est une moyenne, il masque des écarts selon le profil de consommation. Papernest, qui s’appuie sur le prix repère gaz en vigueur, calcule par exemple pour mai 2026 une hausse de **+20,6 %** pour les ménages se chauffant au gaz, et de **+15,8 %** pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson seulement. Ils évoquent une hausse typique d’environ **+20 € par mois** pour un foyer chauffé au gaz, et de l’ordre de **+7 € par mois** pour un usage limité à la cuisson.

Hello Watt donne des repères tarifaires précis en juin 2026, après la légère détente: **0,1179 €/kWh pour le chauffage**, abonnement à **28,66 €/mois**, et **0,1485 €/kWh pour la cuisson/eau chaude**, abonnement à **12,27 €/mois**. À consommation annuelle de 11 000 à 12 000 kWh, Engie rappelle que le budget gaz tourne autour de **1 470 à 1 600 € TTC par an** pour un ménage français moyen. Une hausse de 15 % sur le kWh sur un mois hivernal complet peut facilement ajouter **15 à 25 € sur la facture mensuelle** d’un gros consommateur, au-delà de la moyenne de 6,19 €.
La dispersion entre fournisseurs complique encore la lecture. Papernest mentionne jusqu’à **318 € d’écart annuel** entre deux offres pour un même profil. Un client resté sur une offre indexée très proche du prix repère subit de plein fouet la hausse de mai. Un autre, sous contrat à prix fixe ou avec une remise commerciale agressive, peut passer le pic beaucoup plus sereinement. En mai 2026, deux ménages avec la même chaudière, la même isolation et la même consommation peuvent finir le mois avec une facture qui diffère de plus de 20 €.
Offres indexées vs prix fixes : qui gagne, qui perd avec le choc de mai ?
La guerre des contrats se joue au moment où le prix repère explose. La CRE rappelle qu’en fin 2025, **27 % des consommateurs de gaz** ont une offre à prix fixe. Pour ces ménages, la hausse de +15,4 % du prix repère gaz au 1er mai ne s’applique pas pendant la durée du contrat. C’est une réalité très simple: en mai 2026, ceux qui ont figé leur kWh paient moins cher que ceux qui ont gardé une offre indexée au prix repère. L’arbitrage entre sécurité et flexibilité prend un tour très concret.

L’exemple le plus parlant vient d’EDF. JeChange met en avant l’offre « Avantage Gaz 2 ans » d’EDF, qui bloque le kWh à **0,108 € TTC** pour le chauffage pendant deux ans, avec un abonnement annuel de **279,48 €** en zone 1. Au moment où l’article est publié, ce tarif se situe selon JeChange à environ **14 % sous le futur prix repère de mai 2026**, qui doit atteindre **0,12558 €/kWh TTC** en zone 1 pour le chauffage, contre **0,10420 €/kWh** en avril. Autrement dit, un ménage qui a signé cette offre avant la hausse se trouve, en mai, protégé de la vague.
Du côté des offres indexées, la logique est inverse. L’indexation colle au prix repère, donc le client prend la hausse de plein fouet, mais profite aussi des baisses. Service-public le rappelle pour juin 2026: la baisse de 4,8 % du prix repère entraîne une réduction moyenne de **1,26 € TTC sur la facture de juin** pour ces ménages. L’indexation agit comme un amortisseur à long terme mais expose aux chocs de court terme. Les chiffres 2026 le montrent: +15,4 % en mai, -4,8 % en juin, avec l’épée de Damoclès d’un nouveau record en septembre autour de **0,123 €/kWh** si les projections de JeChange se confirment.
Les signaux pour la suite : prix de gros, scénarios 2027 et marge de manœuvre des ménages
Sur les marchés de gros, le message qui se dessine est moins anxiogène que le pic de mai. JeChange recense un prix autour de **45,95 €/MWh** pour une livraison en juin 2026 sur le PEG français, alors que les produits pour livraison en 2027 restent proches de **33,59 €/MWh**. Cette structure du marché indique que les traders anticipent une normalisation progressive après la crise au Moyen-Orient, même si rien ne garantit un retour aux niveaux de 2019. Les prix à terme plus bas ne se traduisent pas automatiquement en baisse immédiate du prix repère, mais ils fixent un plafond probable.
Sur le tarif réglementaire historique, l’évolution sur dix ans parle d’elle-même. Entre janvier 2013 et janvier 2025, le prix du kWh pour le chauffage passe d’environ **5,86 à 11,85 cts€**, soit presque un doublement. JeChange estime qu’entre janvier 2026 et juillet 2026, le kWh pour un foyer chauffé au gaz gagne près de **29,5 %**. Hello Watt prévoit, pour le 1er juin 2026, une baisse de **4,9 %** pour la cuisson et l’eau chaude et de **6,1 %** pour le chauffage par rapport à mai, mais précise que le prix repère reste à **0,1179 €/kWh** pour le chauffage. Le plateau reste donc élevé, même après la correction.
Pour un ménage, la marge de manœuvre ne se limite plus à baisser le thermostat. Le choix du type d’offre, le moment de la souscription par rapport aux annonces de la CRE et le suivi des publications mensuelles sont devenus des éléments décisifs. Dans un contexte où un simple avis de la CRE peut ajouter **6 à 20 €** sur la facture d’un mois, l’abstention tarifaire se paye cher. Un foyer qui laisse traîner un contrat indexé dans une phase de tension géopolitique accepte de fait d’absorber les variations du marché de gros, alors que les contrats fixes négociés avant le choc agissent comme une assurance temporaire.
Conclusion : mai 2026, un choc tarifaire qui consacre le retour du risque gaz
Le mois de mai 2026 restera comme un repère dans l’histoire récente du gaz en France. Un prix repère qui bondit de **+15,4 %**, un record historique du kWh autour de **0,1216 €/kWh** pour un foyer chauffé, une facture moyenne alourdie d’environ **6 à 20 €** selon les profils. Les chiffres de la CRE, de JeChange, d’Engie ou de Hello Watt convergent sur un message: le gaz redevient un produit à risque pour les ménages, directement exposé aux chocs géopolitiques.
Les marchés à terme donnent un peu d’air pour 2027, avec des prix de gros plus bas que ceux de 2026. La baisse de 4,8 % du prix repère en juin va, elle aussi, dans le sens d’un reflux partiel. Mais le mouvement de fond reste celui d’un gaz plus cher qu’il y a dix ans, avec une volatilité forte. Dans ce paysage, les ménages qui suivent les publications de la CRE, comparent les offres et n’hésitent pas à verrouiller un prix quand le marché se détend gardent une longueur d’avance. Les autres subissent. Mai 2026 vient de le rappeler de façon brutale.




