Prix du gaz 2026 : pourquoi le record va être pulvérisé (et ce que ça va coûter aux ménages)
Hausse historique du prix du gaz en 2026 : chiffres, causes, arbitrages politiques, comment limiter la casse
Un record déjà battu en mai 2026… avant un nouveau pic en septembre
En mars 2025, le prix repère du gaz pour un foyer moyen chauffé au gaz atteignait un sommet de 0,12155 €/kWh, niveau alors présenté comme un record historique. JeChange a recalculé les trajectoires à partir des données de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et annonce que ce plafond ne tiendra pas longtemps : les projections internes du comparateur montrent un prix à 0,12163 €/kWh en mai 2026, puis un pic à 0,12319 €/kWh en septembre 2026 pour un profil moyen chauffé au gaz.
Les paliers intermédiaires donnent l’ampleur de la marche. JeChange évoque un prix de 0,10513 €/kWh en mars 2026, suivi d’un bond à 0,12163 €/kWh en mai, soit une hausse de 15,7 % en deux mois pour un même volume de consommation. Le tarif grimpe ensuite encore en juillet et en août, avant de culminer en septembre à 0,12319 €/kWh, niveau supérieur de 17,2 % à celui de mars.
Sur un profil type de foyer chauffé au gaz autour de 11 000 à 12 000 kWh par an, la CRE rappelle qu’un tel niveau de prix conduit à un budget annuel compris entre 1 470 et 1 600 € TTC en France, selon les données du ministère de la Transition écologique pour 2024. Autrement dit, le pic attendu de fin d’été 2026 se traduit très concrètement par plusieurs dizaines d’euros de plus par mois sur la facture par rapport à un hiver 2023-2024 déjà jugé lourd par beaucoup de ménages.
La hausse de mai n’est pas une vue de l’esprit. Le 8 avril 2026, la CRE a officialisé une augmentation de 15,4 % du prix repère de vente de gaz pour le mois de mai, à 0,12558 €/kWh TTC en moyenne pour un foyer chauffé au gaz, après un niveau déjà élevé en avril à 0,10420 €/kWh. JeChange se base sur ces données pour projeter la suite de la courbe jusqu’à septembre et au-delà, et conclut à une séquence de records successifs en 2026 pour le gaz.
Cré, prix repère, marchés de gros : comment on arrive à ces chiffres
Pour comprendre ces projections, il faut regarder la mécanique du prix repère gaz. La CRE publie chaque mois un prix repère de vente de gaz pour les particuliers, exprimé en €/MWh et en €/kWh, qui sert de base à un grand nombre d’offres indexées. Au 1er mai 2026, ce prix repère s’établit à 160,54 €/MWh TTC. Le 11 mai 2026, la CRE annonce une baisse au 1er juin à 152,86 €/MWh TTC, soit 0,15286 €/kWh TTC, ce qui correspond à une décrue de 4,8 % par rapport à mai selon le site Service-public.
Derrière la courbe moyenne, on trouve deux mouvements opposés sur quelques mois. Après une baisse de 0,70 % en avril 2026, le prix repère bondit de plus de 15 % en mai sous l’effet d’un choc géopolitique, puis recule d’environ 4,8 à 4,79 % en juin à la faveur d’un repli des cours de gros en avril. Engie, qui reprend les chiffres de la CRE, parle d’un prix moyen de 0,10674 €/kWh hors taxes pour juin 2026 pour l’élément énergie seul, ce qui donne une idée du niveau de base avant ajout des taxes et des coûts d’acheminement.
La CRE explique que la hausse de mars et d’avril trouve son origine dans la flambée des prix sur les marchés européens après le début de la guerre en Iran, qui a ravivé les craintes sur les approvisionnements en gaz naturel liquéfié et sur certaines routes maritimes. Les prix de gros ont réagi rapidement, puis ont corrigé en avril, ce qui se retrouve dans la baisse de juin sur les factures indexées. Le prix repère absorbe progressivement ces à-coups, avec un décalage de quelques semaines entre le marché de gros et la facture du particulier.
Le décalage crée une situation paradoxale en apparence : la trajectoire publiée par JeChange, construite sur la base de la méthodologie de la CRE, montre une série de records en 2026, alors même que certains mois isolés comme juin connaissent une légère baisse ponctuelle. Pour un ménage, la réalité ne se lit pas sur un seul mois, mais sur la moyenne de l’année 2026, qui s’annonce plus chère que 2024 et 2025 pour le gaz, avec un palier durable au-dessus de 0,12 €/kWh TTC pour un foyer chauffé au gaz.
Fiscalité : pourquoi le gouvernement refuse de lâcher sur les taxes
Les projections de prix seraient moins violentes si l’État décidait de réduire la fiscalité sur le gaz. Ce scénario a été écarté publiquement. Dans un échange relayé par JeChange, une représentante du gouvernement affirme que « le scénario d’une baisse des taxes n’est pas envisagé à l’heure où on se parle » et renvoie à la contrainte de la situation budgétaire française. Le message est clair : les taxes ne baisseront pas pour compenser la hausse du prix de l’énergie.
Le signal est d’autant plus fort que le tarif du gaz, selon les projections reprises par JeChange, va s’installer durablement au-dessus de 0,12 €/kWh pour un foyer moyen. L’article consacré au refus de baisse des taxes mentionne des prévisions déjà élevées pour 2026, avec par exemple des valeurs autour de 0,12492 €/kWh en juin 2026, 0,12527 €/kWh en juillet et 0,12548 €/kWh en août dans une autre série de scénarios. La logique reste la même : pas de geste fiscal, alors que la courbe des prix reste tendue.
Dans la facture de gaz, les taxes pèsent lourd. La CRE rappelle que le prix repère TTC inclut la Taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), la TVA sur l’abonnement et sur la consommation, ainsi que certaines contributions spécifiques. Le ministère de la Transition écologique indique pour 2024 un prix moyen hors taxes d’environ 0,092 €/kWh pour les ménages, pour un prix TTC final supérieur. La marge de manœuvre théorique sur la fiscalité serait donc réelle, mais le gouvernement choisit de préserver ses recettes plutôt que de soulager le poste énergie des ménages.
Le contraste avec l’électricité alimente les critiques. Sur X (Twitter), JeChange met en avant une baisse des tarifs réglementés EDF en 2026, avec par exemple -0,61 % sur le prix de base du kWh, -0,77 % en heures pleines et -3,43 % en heures creuses. Le gaz suit la trajectoire inverse, dans un contexte où l’État a déjà beaucoup dépensé pour protéger les consommateurs en 2022 et 2023 via le bouclier tarifaire. La ligne politique actuelle assume de laisser davantage passer les signaux de prix, quitte à mettre certains foyers en difficulté.
Impact concret sur la facture : +6,19 € par mois dès mai, puis une marche de plus
La CRE et JeChange traduisent ces chiffres en euros sonnants. Pour un foyer moyen chauffé au gaz, la hausse de 15,4 % du prix repère en mai 2026 se traduit par une augmentation de 6,19 € par mois selon JeChange, sur la base d’un profil moyen. Service-public, de son côté, estime que la baisse de 4,8 % au 1er juin 2026 fera gagner en moyenne 1,26 € TTC sur la facture de juin pour les clients indexés sur le prix repère. On voit la logique : un gros coup de massue en mai, suivi d’un petit répit en juin qui ne compense que partiellement la hausse précédente.
Sur un an, l’effet est massif. Avec un prix moyen HT autour de 0,092 €/kWh en 2024 selon le ministère, et un prix TTC pour un foyer chauffé compris entre 1 470 et 1 600 € par an, la séquence 2026 ajoute plusieurs dizaines d’euros supplémentaires à ce niveau déjà élevé. Si le prix se cale durablement au-dessus de 0,12 €/kWh TTC pour un profil de 11 000 kWh par an, la facture peut aisément franchir 1 700 € annuels pour les ménages dont le logement est mal isolé ou dont la consommation reste élevée.
Le choc ne touche pas tout le monde au même moment. Les consommateurs ayant une offre à prix fixe ne voient pas ces variations mensuelles, tant que leur contrat dure. La fiche Service-public rappelle que la baisse de juin ne concerne que les offres indexées sur le prix repère. En revanche, les clients qui arrivent en fin de contrat fixe subissent la grille du moment, parfois avec un rattrapage brutal. Les locataires de logements énergivores chauffés au gaz collectif, qui n’ont pas toujours la main sur le fournisseur, se retrouvent aussi en première ligne.
Les comparateurs comme JeChange mesurent déjà le glissement des budgets annuels. Le site affiche en juin 2026 un comparatif des trois fournisseurs de gaz les moins chers pour un foyer moyen, avec un budget d’environ 1 420 € par an pour l’offre la plus compétitive, soit un gain d’environ 244 € par rapport au tarif de référence. La hausse des prix bruts pousse les ménages à gratter chaque euro sur le choix du contrat, sous peine de voir la facture filer.
Marché des offres fixes : la fenêtre de tir se referme
Face à la nervosité des prix, certains fournisseurs serrent la vis sur leurs offres fixes. JeChange signale par exemple que l’offre PleniWeb Gaz de Plenitude, qui se situe en tête des contrats de gaz à prix fixe les moins chers de France, connaît une révision à la hausse de ses tarifs pour toutes les nouvelles souscriptions. Pour un ménage chauffé au gaz, le prix du kilowattheure passe de 0,0982 € à 0,10255 € TTC, ce qui représente une hausse de 4,4 % sur la grille chauffage.
Le détail, publié par JeChange, donne deux segments : pour une consommation Base (0 à 4 000 kWh), le prix grimpe de 0,1282 € à 0,1322 €/kWh TTC, soit +3,1 %. Pour le segment Chauffage (4 000 à 30 000 kWh), très proche du profil d’un foyer standard, le tarif passe donc de 0,0982 € à 0,10255 €/kWh TTC. La hausse ne se limite pas à un ajustement symbolique. Elle reflète la tension des marchés de gros et la prudence des fournisseurs, qui doivent intégrer le risque de nouveaux chocs.
JeChange insiste sur le calendrier : pour profiter de l’ancienne grille, un client doit finaliser sa souscription avant une date et une heure précises, par exemple avant 23h59 un mercredi pour PleniWeb. Ce type de fenêtre se raréfie dans un marché où les fournisseurs ajustent plus souvent leurs offres au fil des mouvements sur les marchés mondiaux. Le signal pour les ménages est clair : une offre fixe intéressante ne reste pas longtemps en rayon, surtout si la CRE annonce des hausses à deux chiffres le mois suivant.
Ce durcissement de la grille fixe renvoie à un arbitrage simple. Les fournisseurs ne veulent plus vendre en dessous de leur coût anticipé dans un environnement où un événement géopolitique peut faire bondir le prix de gros de plusieurs dizaines d’euros par MWh en quelques jours. Les particuliers qui cherchent une protection contre les fluctuations doivent agir vite, mais accepter un niveau de prix de départ plus élevé qu’en 2023 ou début 2024. La fenêtre des contrats fixes “bon marché” se referme, et le gaz rejoint l’électricité parmi les sujets sur lesquels la vigilance contractuelle devient une compétence de gestion domestique à part entière.
Comment un ménage peut réagir : arbitrage offre, isolation, usages… sans se bercer d’illusions
Face à un prix qui s’installe au-dessus de 0,12 €/kWh TTC pour un foyer chauffé au gaz, les marges de manœuvre existent, mais elles demandent une vraie discipline. La première est contractuelle. La CRE et les comparateurs rappellent que les offres indexées sur le prix repère répercutent très vite les variations, à la hausse comme à la baisse. Une offre fixe bien positionnée, même un peu plus élevée que le prix du jour, peut sécuriser la facture si les projections de JeChange sur les pics de septembre 2026 se vérifient.
Deuxième levier, l’isolation et les travaux. Avec un budget annuel déjà entre 1 470 et 1 600 € à 0,092 €/kWh HT en 2024, une hausse de 15 à 17 % sur le kWh se traduit par un surcoût récurrent. Un logement qui consomme 15 000 kWh par an au lieu de 10 000 kWh ne vit pas la même histoire. Les aides à la rénovation énergétique, les audits et les travaux ciblés sur les ponts thermiques prennent une dimension très concrète une fois la hausse traduite en euros sur 10 ans.
Troisième sujet, les usages. La hausse de la TICGN et de la TVA rend chaque mètre cube de gaz plus cher, quel que soit le fournisseur. Un thermostat baissé de 1 degré sur l’ensemble de l’hiver, une programmation plus stricte des plages de chauffe, l’entretien régulier de la chaudière ou le passage à un thermostat connecté peuvent réduire de 10 à 15 % la consommation annuelle dans certains logements. Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est souvent ce qui sépare un foyer qui encaisse la hausse d’un foyer qui bascule sur un découvert récurrent.
Un point mérite enfin d’être assumé : la situation actuelle ne relève pas d’un “accident” isolé. Les trajectoires publiées par JeChange, les annonces de la CRE et la position du gouvernement sur les taxes décrivent un gaz qui restera cher dans la durée, avec des oscillations mensuelles mais une tendance lourde. Pour un ménage, la réaction se joue sur trois fronts très concrets : choisir le bon contrat au bon moment, réduire la consommation structurelle du logement, et accepter que le gaz ne redeviendra pas une énergie bon marché à courte échéance. C’est là que se joue la vraie adaptation, bien plus que dans l’espoir d’un geste fiscal qui, pour l’instant, n’existe pas.



![La menace iranienne a déjà fait bouger le gaz en France, avec un prix de gros qui a bondi de **plus de 81 %** entre mars et avril 2026 selon JeChange, dans un marché secoué par la guerre au Moyen-Orient. Le prix repère de vente du gaz a ensuite reculé de **4,8 %** au 1er juin, à **152,86 €/MWh TTC**, après une hausse de **15,4 %** au 1er mai décidée par la CRE. [5][4] Euro coins and bills on a price list, symbolizing finance and economy.](https://www.commentaider.fr/wp-content/uploads/2026/06/pexels-photo-10356910-1-450x300.png)
