Transmission d’électricité par laser, record mondial battu à 8,6 km : ce que change l’essai de la DARPA
Un test mené au Nouveau-Mexique a transmis **800 watts** sur **8,6 kilomètres** sans câble, un record mondial pour un faisceau laser de puissance selon la DARPA et plusieurs médias spécialisés.[1][2]
La DARPA a franchi un cap avec son programme POWER, *Persistent Optical Wireless Energy Relay*. Dans ce test réalisé au Nouveau-Mexique, l’équipe a envoyé 800 watts pendant 30 secondes sur 8,6 kilomètres, avec conversion de la lumière laser en électricité à l’arrivée.[1][2][6] Le résultat dépasse les records annoncés auparavant, dont 230 watts sur 1,7 kilomètre dans les essais antérieurs du même programme.[6] Pour un sujet souvent traité comme une curiosité de laboratoire, la donnée est nette. On parle d’une puissance proche de celle d’un micro-ondes domestique, mais transportée dans l’air, sans conducteur intermédiaire.[1][2]
Le record qui a changé l’échelle
Le chiffre qui retient l’attention est simple. **800 watts** ont été transmis sur **8,6 kilomètres** grâce à un laser, dans des conditions de test contrôlées par la DARPA.[1][2][6] Le faisceau n’a pas transporté du courant sous forme électrique dans l’air. L’électricité a d’abord été transformée en lumière laser, puis reconvertie en électricité par un récepteur composé de miroirs et de cellules photovoltaïques.[2][5] Ce montage évite le câble, mais il ne supprime pas les pertes. La lumière doit rester suffisamment concentrée sur toute la distance, ce qui impose un alignement précis et une météo favorable.[2][6]
Le point décisif tient à la portée. Des essais précédents du programme POWER avaient déjà montré 230 watts sur 1,7 kilomètre, puis une portée plus longue avec une puissance non précisée.[6] Le nouveau test change l’ordre de grandeur. Il montre qu’un transfert de puissance utile à distance ne se limite plus à une démonstration de courte portée. C’est la raison pour laquelle la DARPA parle d’un jalon pour l’acheminement d’énergie sans fil à grande échelle.[1][5]
Comment fonctionne ce transfert d’énergie par laser
Le principe repose sur un couple émetteur-récepteur. Côté source, une alimentation électrique produit un faisceau laser très directionnel. Côté réception, un système optique capte ce faisceau et une surface photovoltaïque le transforme en courant utilisable.[2][5] Le récepteur n’est donc pas une antenne classique. Il agit plutôt comme un convertisseur optique, pensé pour encaisser un flux lumineux concentré et le transformer avec un bon rendement.
Cette architecture a un intérêt précis pour les sites isolés. Un drone, un capteur en zone difficile, un poste avancé ou un robot mobile peuvent recevoir de l’énergie sans batterie lourde ni câble. Le sujet rejoint d’ailleurs nos articles guide pratique utiliser efficacement un voltmètre pour contrôler une installation, et guide pratique transformer watts pour passer d’une puissance affichée à une intensité exploitable. Il touche aussi à électricité offre tempo edf, car la question n’est pas seulement technologique. Elle concerne aussi la manière de déplacer ou de consommer l’énergie au moindre coût.[1][2][3]
Le rendement reste la vraie ligne de crête. Les sources disponibles ne donnent pas un rendement officiel unique pour le record de 8,6 kilomètres, mais plusieurs médias rapportent un niveau supérieur à 20% dans les essais liés au programme POWER.[5][6] Ce point compte. Une transmission sans fil n’a de valeur industrielle que si les pertes restent supportables par rapport à l’usage visé.
Ce que cette technologie peut changer sur le terrain
Le premier usage visé est la logistique énergétique dans les zones où le câble coûte trop cher ou ne passe pas. Une base isolée, un chantier temporaire, une installation militaire ou un robot en mouvement peuvent recevoir de la puissance sans dépendre d’un branchement fixe.[1][2][6] Dans le cas d’un drone ou d’un robot mobile, la promesse est très concrète. Le matériel reste en service plus longtemps, avec moins d’arrêts pour recharge.
Le second usage concerne les secours et les opérations d’urgence. Quand une ligne est coupée, quand le terrain est difficile, quand l’acheminement de carburant devient lourd, la transmission d’énergie par laser peut fournir un appoint localisé.[1][2] Les partisans de cette voie y voient un moyen de créer des relais aériens d’énergie. Le programme POWER parle d’ailleurs d’un réseau futur reposant sur des relais aériens et des plateformes mobiles.[5] Pour l’instant, on en est au stade des essais, pas du déploiement massif.
Le troisième usage, plus discret, touche les capteurs et l’Internet des objets. Une petite charge électrique, transmise à distance, peut suffire à faire tourner un équipement peu gourmand. C’est là que le record prend du sens technique. Il ne vise pas à remplacer le réseau électrique national. Il vise des cas où une alimentation ponctuelle et ciblée vaut mieux qu’un câble ou qu’une batterie.
Les limites restent sérieuses
La première limite est physique. Un faisceau laser demande une ligne de visée propre. Le brouillard, la pluie, la poussière et les turbulences dégradent la transmission. La sécurité pose aussi une contrainte lourde, car un laser de puissance ne se manipule pas comme une simple liaison optique de laboratoire.[2][6] Toute future application devra gérer la présence d’objets, d’animaux ou d’humains dans l’axe du faisceau.
La seconde limite est économique. Une ligne électrique classique reste imbattable pour distribuer de grandes quantités d’énergie sur la durée. Le laser gagne surtout là où le câble est trop cher, trop lent à poser ou trop rigide pour l’usage. Le record de la DARPA montre une prouesse, pas une substitution totale au réseau.[1][2][6] C’est aussi pour cette raison que les chercheurs parlent d’une technologie de niche à ce stade.
La troisième limite tient au rendement et à la stabilité. Le système doit garder le faisceau sur la cible, avec une précision élevée, sur plusieurs kilomètres. Sur un plan industriel, c’est une contrainte forte. Sur un plan réglementaire, l’encadrement sera encore plus serré que pour des liaisons radio classiques.
Pourquoi ce record compte quand même
Ce test fait avancer deux dossiers à la fois. Il prouve d’abord qu’un transfert de puissance par laser peut franchir plusieurs kilomètres avec une puissance utile, ce qui n’était pas acquis à cette échelle.[1][2][6] Il montre aussi que la frontière entre transmission d’énergie et transmission de données se brouille. En 2026, des chercheurs ont déjà annoncé un système optique sans fil atteignant **362,7 gigabits par seconde** avec une consommation par bit environ deux fois plus basse que celle du Wi-Fi dans des conditions comparables.[4] La lumière sert donc à transporter de l’énergie, mais aussi des données à très haut débit.
Pour le lecteur, la vraie leçon est là. Le « Wi-Fi de l’électricité » ne remplacera pas le réseau de distribution classique demain matin. En revanche, le laser peut devenir une solution crédible là où le câble ne suit pas, là où la masse des batteries bloque un appareil, ou là où une puissance ponctuelle vaut mieux qu’une infrastructure lourde.[1][2][5] La DARPA a réussi un record de laboratoire utile. Reste à voir si l’industrie saura en tirer un système stable, sûr et rentable.
Ce record relance donc une vieille promesse de l’énergie sans fil, mais il la ramène au bon niveau de lecture. Le laser ne sert pas à alimenter une ville entière. Il sert déjà à déplacer une puissance mesurable, à distance, sans cuivre entre les deux. C’est moins spectaculaire qu’un slogan. C’est aussi beaucoup plus solide.




