Suppression de la carte verte d’assurance auto : ce qui change vraiment pour les conducteurs
La carte verte d’assurance auto a disparu en France : ce que vous devez faire en 2026 pour rester en règle, en France comme à l’étranger.
Fin de la carte verte : ce que dit la loi depuis 2024
Le 1er avril 2024, la France a tiré un trait sur un rituel routier vieux de plusieurs décennies. Selon France Assureurs, plus de 40 millions de véhicules immatriculés n’ont plus besoin de carte verte ni de papillon collé sur le pare-brise pour circuler sur le territoire français, à la suite d’un décret publié au Journal officiel le 9 décembre 2023. Le Journal du Net rappelle que les assureurs ont arrêté d’envoyer la vignette à leurs clients à compter de cette date d’entrée en vigueur.
Le principe juridique, lui, ne bouge pas. L’article L211-1 du Code des assurances impose toujours une assurance responsabilité civile</strong à tout véhicule terrestre à moteur. La fin de la carte verte ne signifie donc pas la fin de l’assurance, mais la fin de la preuve matérielle systématiquement envoyée à chaque échéance. MAIF, Allianz, Banque Populaire ou encore France Assureurs martèlent le même message : le conducteur reste obligé d’être assuré, même s’il n’a plus rien sur son pare-brise.
Ce basculement s’inscrit dans un mouvement plus large de dématérialisation. Depuis 2019, les forces de l’ordre disposent du Fichier des Véhicules Assurés (FVA), créé pour centraliser les informations d’assurance et réduire la fraude. Le décret de 2023 vient simplement aligner les pratiques sur cet outil : la plaque d’immatriculation devient la clé d’entrée unique pour vérifier l’assurance, plus la vignette de pare-brise.
Carte verte supprimée, assurance toujours obligatoire : ce qui change au quotidien
Depuis le 1er avril 2024, la situation est simple pour un véhicule immatriculé en France : vous n’avez plus à afficher la vignette verte et vous n’avez plus à garder sur vous l’ancienne carte verte lors d’un contrôle routier. France Assureurs le résume clairement : les conducteurs n’ont plus à présenter d’attestation papier, et les amendes liées à l’oubli de vignette ou de carte verte disparaissent.
Lors d’un contrôle, la gendarmerie ou la police ne réclame plus le papillon ni l’attestation. Les agents scannent ou saisissent votre plaque d’immatriculation sur une tablette et interrogent directement le FVA. Si votre assureur a bien enregistré votre contrat, le véhicule apparaît comme assuré. Direct Assurance, Allianz et la Banque Populaire décrivent le même schéma : la preuve d’assurance passe par le fichier, et non par un document dans la boîte à gants.
En pratique, cela change deux choses pour l’automobiliste prudent. Il doit vérifier que son contrat est bien en vigueur et régler ses cotisations, puisque c’est ce qui conditionne l’inscription dans le FVA. Il peut aussi contrôler lui-même la situation de son véhicule sur le site public fva-assurance.fr ou via le serveur vocal dédié (01 83 64 32 22), comme l’expliquent Direct Assurance et France Assureurs. Si le véhicule n’apparaît pas, il faut appeler l’assureur sans attendre, même si l’on vient de souscrire ou de changer de véhicule.
Du papier à la data : Fichier des Véhicules Assurés et Mémo Véhicule Assuré
Le cœur du nouveau système repose sur le Fichier des Véhicules Assurés. Ce fichier national, géré sous le contrôle de l’État et des assureurs, recense les véhicules couverts au titre de la responsabilité civile. Il est alimenté par les compagnies d’assurance, qui déclarent chaque nouveau contrat, chaque résiliation et chaque modification. France Assureurs précise que le FVA est mis à jour en temps quasi réel et qu’il sert déjà aux contrôles routiers, mais aussi aux autorités en cas de sinistre grave ou de fuite d’un conducteur non assuré.
Pour remplacer la carte verte, les assureurs doivent désormais remettre un document unique d’information, appelé Mémo Véhicule Assuré. MAIF, Banque Populaire, Allianz et plusieurs bancassureurs décrivent ce mémo comme une fiche récapitulative qui regroupe les données utiles : numéro de contrat, coordonnées de l’assureur, garanties clés, numéro d’assistance, parfois un QR code vers l’espace client. Ce mémo arrive en version papier lors de la souscription ou lors de la première mise en conformité, puis reste accessible au format numérique sur l’espace client.
Le Journal du Net apporte un détail concret : dans certains cas, le Mémo Véhicule Assuré sert de document transitoire pendant 15 jours, en attendant l’inscription définitive dans le FVA lors d’une nouvelle souscription ou d’un changement de véhicule. Ce document reste utile pour remplir un constat amiable ou transmettre les informations d’assurance à un tiers, même si les forces de l’ordre n’en ont plus besoin en contrôle. Sur le terrain, beaucoup d’assureurs conseillent de glisser ce mémo dans la pochette du constat et de le scanner dans son téléphone pour l’avoir sous la main après un accident.
Exceptions, deux-roues, trottinettes : la carte verte n’a pas complètement disparu
Contrairement à l’idée reçue, la carte verte n’a pas totalement quitté le paysage. MAIF, Allianz et France Assureurs rappellent tous le même point : les véhicules non immatriculés restent soumis à la carte verte classique, désormais imprimée sur papier blanc. Cela concerne par exemple certaines trottinettes électriques, des engins de déplacement personnel motorisés assurés, des tondeuses autoportées ou des véhicules qui ne figurent pas dans le FVA faute de plaque d’immatriculation.
Pour ces engins, l’assureur continue d’émettre une carte verte et, selon les cas, une vignette à apposer. La logique est simple. Sans immatriculation, les forces de l’ordre ne peuvent pas consulter le FVA. Le conducteur doit donc encore présenter une attestation matérielle. MAIF le précise clairement dans ses documents clients : la carte verte subsiste sur papier blanc pour les véhicules non immatriculés, avec les mêmes usages qu’avant.
Les deux-roues immatriculés, en revanche, basculent dans le même régime que les voitures. Un scooter, une moto ou une voiture sans permis avec plaque n’ont plus besoin de carte verte ni de vignette pour circuler en France. Les contrôles passent par la plaque, comme pour une voiture. Certains assureurs continuent encore en 2025 à envoyer une carte ou une vignette par habitude ou pour rassurer, mais ces supports n’ont plus de valeur obligatoire sur le territoire français. Le site Flitter, spécialisé dans l’assurance auto 100 % en ligne, insiste sur ce point : la carte verte papier n’est plus exigée pour les véhicules immatriculés depuis avril 2024.
Voyages à l’étranger : quand la carte verte reste obligatoire
Le sujet se complique dès que l’on quitte la France. La réforme française s’articule avec le système de la carte internationale d’assurance automobile, parfois appelée carte verte internationale. Selon Banque Populaire et France Assureurs, dans l’Espace économique européen et en Suisse, la plaque d’immatriculation suffit. Une immatriculation française crée une présomption d’assurance. Le conducteur n’a pas besoin de présenter une carte verte papier à la frontière ni en cas de contrôle dans ces pays.
Hors de l’Espace économique européen, la règle change. Banque Populaire liste plusieurs pays où la carte internationale reste exigée : Albanie, Maroc, Moldavie, Macédoine du Nord, Tunisie, Turquie, Ukraine. Allianz complète ce tableau en rappelant qu’en dehors de l’Europe, l’automobiliste doit demander à son assureur un certificat international d’assurance, sous format papier, avant le départ. Il s’agit en pratique d’un équivalent modernisé de l’ancienne carte verte, qui prouve l’assurance responsabilité civile du véhicule dans les pays signataires du système carte verte.
En 2025, certains assureurs informent leurs clients que la carte verte papier a été supprimée dans l’Union européenne au 1er juillet 2024, au profit d’une gestion plus numérique entre autorités. Le site Mieux Assuré le mentionne dans ses explications, mais précise bien que l’obligation d’assurance reste intacte. Pour un conducteur français qui prévoit un trajet au Maroc ou en Turquie, la seule attitude raisonnable consiste à contacter son assureur avant le départ, vérifier les pays couverts, demander l’édition de la carte internationale et vérifier la validité des garanties sur place (assistance, rapatriement, franchise).
Infractions, fraudes et contrôle : ce qui se passe si vous n’êtes pas dans le FVA
La suppression de la carte verte ne crée pas de zone grise sur le plan des sanctions. Conduire un véhicule sans assurance reste un délit lourdement sanctionné. L’amende forfaitaire est de 750 euros, avec un plafond à 3 750 euros devant le tribunal, suspension de permis possible, confiscation du véhicule, voire immobilisation. Le Fonds de garantie des victimes de la route rappelle régulièrement ces chiffres dans ses campagnes, en rappelant qu’un conducteur non assuré responsable d’un accident peut devoir rembourser des sommes très élevées sur plusieurs années.
Une particularité de ce nouveau système tient au lien direct entre paiement de la prime et présence dans le FVA. Si un conducteur cesse de payer, l’assureur résilie le contrat. Lors d’un contrôle, le fichier indiquera un véhicule non assuré, même si l’automobiliste a conservé un ancien document papier ou une copie de carte verte. France Assureurs insiste sur cette réalité : la présence ou non dans le FVA fait foi lors des contrôles, pas le fait d’avoir un vieux papillon sur le pare-brise.
Sur le front de la fraude, l’État vise un double résultat. D’un côté, la suppression de la vignette papier supprime un canal classique de falsification, avec des vignettes photocopiées ou modifiées. De l’autre, le FVA donne aux forces de l’ordre un outil central, cohérent et mis à jour. Direct Assurance évoque la volonté gouvernementale de lutter contre la fraude tout en simplifiant les contrôles. Des assureurs en ligne, comme Leocare, observent déjà une baisse d’environ 50 % des demandes de duplicata de carte verte pour perte ou vol depuis l’accélération de la dématérialisation, ce qui va dans le sens d’une réduction des abus.
Carte verte supprimée, mais vigilance accrue : ce que doit faire un conducteur avisé
La fin de la carte verte ne dispense pas de rigueur. Elle demande même un peu plus de discipline au conducteur. Un automobiliste qui veut éviter les mauvaises surprises a intérêt à adopter trois réflexes. Il contrôle chaque année les dates d’échéance de son contrat et surveille ses prélèvements. Il vérifie sa présence dans le FVA, en particulier après un changement de véhicule ou d’assureur. Il garde sous la main, sur papier ou en version numérique, son Mémo Véhicule Assuré, son constat amiable et les numéros d’urgence de son assurance.
Le récit marketing de la réforme insiste sur la simplicité, l’écologie et la réduction de « paperasse ». Sur le terrain, la réalité est plus nuancée. La suppression de la carte verte retire un objet du pare-brise, mais elle ne retire pas la responsabilité. Un oubli de paiement, un défaut d’enregistrement du contrat dans le FVA ou un départ à l’étranger sans carte internationale se paient cash. Un conducteur averti ne s’arrête pas au slogan « plus rien à afficher » : il s’assure que son immatriculation renvoie bien à un contrat actif, en France comme à l’étranger, et qu’il a les bons documents le jour où l’accident arrive.




