La hausse du prix repère du gaz au 1er mars 2026 atteint jusqu’à +5,3 % pour le chauffage, soit environ +59 € par an pour un foyer moyen à 11 200 kWh selon Selectra et la CRE. Les ménages qui ne bougent pas maintenant payeront cette hausse cash.

Ce qui change au 1er mars 2026 sur votre facture de gaz
La Commission de régulation de l’énergie, la CRE, publie chaque mois un prix repère du gaz naturel depuis la fin du tarif réglementé en 2023. Ce barème sert de référence à près de 7 millions de foyers, soit environ 60 % des abonnés au gaz, dont les contrats sont indexés sur ce prix.
Au 1er mars 2026, ce prix repère grimpe de 3,8 % à 5,3 % selon l’usage, d’après les données Effy et Selectra. Pour les usages cuisson et eau chaude uniquement, la hausse tourne autour de 4 %. Pour les ménages qui se chauffent au gaz, la hausse atteint 4,9 à 5,3 %. Effy indique une hausse moyenne de 0,5 centime d’euro par kWh.
Choisir.com avance un prix repère autour de 0,105 €/kWh en mars 2026 contre 0,0998 €/kWh en février. Sur une année, Selectra calcule qu’un foyer type de 11 200 kWh, en zone GRDF, voit sa facture passer d’environ 1 462 € à 1 521 €. La hausse de mars 2026 pèse donc 59 € par an pour un ménage moyen resté sur une offre indexée.
Ce n’est pas un pic isolé. Les tarifs d’acheminement, qui regroupent transport et distribution du gaz, doivent encore augmenter d’environ 3,4 % au 1er avril 2026 selon Choisir.com. Même si le prix de l’énergie brute se stabilise, cette hausse des réseaux gonflera la facture finale.

Pourquoi le gaz repart à la hausse en 2026
Le marché du gaz reste nerveux. Le tarif de détail dépend aujourd’hui du marché de gros européen, avec comme référence l’indice néerlandais TTF. Capital et Ouest-France rappellent que le TTF a déjà bondi de 30 % en une journée le 9 mars, après une première hausse de 40 % liée au conflit au Moyen-Orient. RMC Conso évoque une hausse totale de plus de 130 % du prix de gros depuis le début des tensions.
Ce mouvement vient se greffer sur une autre rupture, moins visible pour le grand public. Depuis juin 2023, il n’y a plus de tarif réglementé du gaz en France. Les fournisseurs fixent librement leurs grilles, même si une grande partie des offres continue de suivre le prix repère de la CRE. Le consommateur ne bénéficie donc plus d’un bouclier automatique comme pendant la crise de 2022.
Le ministère de l’Économie prévient déjà que la prochaine marche pourrait se situer entre +5 % et +10 % à partir de mai 2026 pour les contrats indexés, avec la répercussion complète de la hausse du TTF. Pour un ménage à 1 500 € de facture annuelle, Bercy et les estimations relayées par RMC évoquent deux scénarios : conflit court, +40 à +50 € par an, conflit durables, +180 € par an.
Autre point de vigilance, l’augmentation des coûts d’acheminement et de stockage, décidée par la CRE, joue aussi. Ces postes ne dépendent pas directement du baril ou des contrats gaziers, mais des investissements dans les réseaux et du coût de la dette. Ils pèsent plusieurs dizaines d’euros par an sur chaque facture, sans possibilité d’y échapper par un simple changement de fournisseur.
Êtes-vous concerné par la hausse de mars 2026 ? Les trois cas à distinguer
Avant de chercher une parade, il faut regarder noir sur blanc la nature de votre contrat. Les experts invités par RMC et les comparateurs comme Selectra distinguent trois cas de figure.
1. Vous avez une offre à prix fixe
Si votre contrat mentionne un prix du kWh bloqué pendant 1, 2 ou 3 ans, vous êtes dans la catégorie des offres à prix fixe. Le prix hors taxes du kWh reste identique pendant toute la durée d’engagement. Tant que ce contrat court, la hausse de mars 2026 ne se répercute pas sur votre prix unitaire.
Attention cependant à la date de fin. Une fois la période de blocage terminée, le fournisseur bascule souvent le client sur un tarif maison, parfois moins compétitif et davantage exposé aux mouvements du marché. RMC conseille de refaire une comparaison du marché quelques semaines avant l’échéance du contrat fixe, pour éviter une mauvaise surprise à la prochaine facture.
2. Votre offre est indexée sur le prix repère gaz
C’est le cas de la majorité des foyers. Si les conditions générales indiquent que le prix suit le prix repère de la CRE ou un “barème de référence”, votre facture bouge à chaque révision de ce repère. La hausse de 3,8 à 5,3 % en mars 2026 s’applique donc directement à votre kWh hors taxes, puis se répercute sur le total avec les taxes et les coûts d’acheminement.
Ouest-France estime que 60 % des contrats sont indexés sur ce prix repère. Ces 7 millions de foyers verront forcément une hausse en mars, puis une nouvelle marche possible autour de mai 2026 si le marché de gros reste tendu.
3. Votre offre suit un index de marché ou un tarif maison
Certains fournisseurs vendent des offres indexées sur un indice de marché (TTF ou PEG) ou sur leur propre barème interne. Dans ce cas, le lien avec la CRE est moins direct, mais la hausse n’en disparaît pas. La facture dépend alors davantage du calendrier et de la politique commerciale du fournisseur, qui peut répercuter la hausse en plusieurs fois ou la concentrer sur un mois.
Pour un consommateur, l’enjeu reste le même. Si la ligne “prix du kWh” sur sa facture monte en mars ou en mai, la seule arme possible est la concurrence, c’est-à-dire le changement de contrat ou de fournisseur, puisque le réseau et les taxes restent identiques quel que soit l’acteur choisi.
Changer d’offre maintenant : la vraie marge de manœuvre
La sortie du tarif réglementé rend la comparaison active obligatoire pour qui veut garder la main sur sa facture. La guerre du gaz ne se joue plus au Parlement, mais dans les lignes de votre contrat. Capital, Ouest-France et Selectra convergent sur une même recommandation : passer sur une offre à prix fixe tant que la vague complète de hausses n’est pas encore intégrée partout.
Pourquoi le timing avant mars 2026 compte
Les hausses de marché n’arrivent pas toutes le même jour sur toutes les grilles tarifaires. L’interview sur RMC le rappelle clairement : “tous les fournisseurs n’ont pas encore répercuté cette hausse du prix des marchés sur leur grille tarifaire”. Autrement dit, certaines offres à prix fixe affichent encore un kWh basé sur un gaz moins cher qu’aujourd’hui sur les marchés.
En souscrivant une offre fixe en février ou au début de mars 2026, le consommateur “verrouille” ce prix pour 1 à 3 ans, selon la durée choisie. Selectra met en avant l’offre Eco Conso Gaz d’Octopus Energy, avec un tarif jugé compétitif et bloqué sur deux ans. L’intérêt est simple : quand les prochaines hausses du prix repère ou du TTF tomberont, elles ne toucheront pas le kWh de ces contrats.
Comment choisir une offre sans se perdre dans la jungle commerciale
Le réflexe le plus sain consiste à partir des chiffres publiés par des acteurs neutres. Le Médiateur national de l’énergie propose un comparateur d’électricité et de gaz. Il suffit d’y rentrer sa consommation annuelle en kWh, son code postal et son type d’usage, puis de comparer le prix du kWh TTC des différentes offres avec le prix repère actuel annoncé par la CRE.

Capital et Ouest-France insistent sur un point simple. Il ne sert à rien de se focaliser sur la seule remise affichée en pourcentage. Ce qui compte est le niveau de prix du kWh, fixe ou indexé, et la durée de blocage dans le cas d’une offre fixe. Une remise de 10 % sur un prix déjà gonflé annule tout avantage. Un prix fixe légèrement plus élevé que le repère du jour peut en revanche se révéler gagnant si le gaz prend encore 10 % en quelques mois.
Changer de fournisseur : pas de frais, pas de coupure
Le droit français sur l’énergie reste simple. Pour les particuliers, le changement de fournisseur de gaz est gratuit, sans coupure, sans changement de compteur et sans engagement de durée. Le nouveau fournisseur gère lui-même la résiliation de l’ancien contrat. Cette règle vaut encore en 2026, comme le rappellent le Médiateur de l’énergie et les principaux sites de comparaison.
Autre point souvent mal connu, l’absence de pénalité en cas de départ anticipé d’une offre fixe. Un particulier peut quitter un contrat à prix fixe avant son terme contractuel pour basculer vers une offre plus intéressante. Si le marché se retourne à la baisse, il n’est donc pas prisonnier, même après avoir verrouillé un prix pour deux ans. Le seul risque tient à une lassitude face aux démarches de changement, pas à une clause juridique bloquante.
Agir aussi sur la consommation réelle : l’autre levier de 2026
Bloquer le prix du kWh ne règle qu’une partie de la hausse. Une facture de gaz résulte toujours d’un produit simple : kWh consommés multipliés par prix du kWh, puis addition des abonnements, des coûts d’acheminement et des taxes. La consommation réelle reste un levier concret, surtout dans un contexte où les hivers peuvent encore surprendre. L’article “mars s’annonce glacial êtes” le rappelle bien, un mois de mars froid ou tardif rallonge la saison de chauffe et alourdit mécaniquement la note.
La rénovation énergétique touche au bâti, à l’isolation et aux équipements. Sur le terrain, les gisements d’économie les plus rapides se trouvent souvent dans les réglages : abaisser la température de consigne de 1 °C réduit la consommation de chauffage de l’ordre de 7 %, selon l’Ademe. Une programmation fine des horaires de chauffe, la purge des radiateurs, la vérification annuelle de la chaudière à condensation ou la pose d’un thermostat connecté réduisent la facture de plusieurs dizaines d’euros, indépendamment de la hausse du prix du kWh.

Le sujet de la qualité de l’eau rejoint celui de l’énergie. Un ballon ou une chaudière entartrés consomment davantage pour produire la même chaleur. Les enquêtes sur la qualité des eaux en bouteille, comme “découvrez marques eau éviter”, révèlent des écarts de composition minéraux qui influencent le calcaire. Mais le problème commence surtout avec l’eau du robinet, très dure dans certaines régions. Un traitement adapté (désembouage, détartrage, ou adoucisseur dans certains cas) redonne de l’efficacité à une installation et réduit la consommation.
Pour les logements les plus énergivores, les aides publiques type MaPrimeRénov’ continuent de financer une partie des travaux lourds, comme l’isolation des combles ou le remplacement d’une vieille chaudière gaz par une pompe à chaleur ou une chaudière à très haute performance. Ces chantiers dépassent la seule question de la hausse de mars 2026, mais ils fixent la facture de gaz sur dix ans plutôt que sur un mois.
Ce qu’il faut décider avant mars 2026
Le calendrier n’est pas neutre. La hausse du prix repère en mars 2026 est actée, et les analystes de Bercy comme les comparateurs sérieux prévoient une nouvelle marche de 5 à 10 % autour de mai si le TTF reste haut. Attendre revient à valider sur sa facture les hausses à venir.
Les ménages qui se chauffent au gaz, avec une facture annuelle proche de 1 500 €, jouent concrètement sur des montants de 50 à 180 € par an selon l’issue du conflit au Moyen-Orient et le niveau des marchés. Ceux qui verrouillent un prix fixe intéressant aujourd’hui figent cette exposition. Ceux qui restent sur des offres indexées subiront la translation quasi automatique des prix de gros vers les prix de détail.
Le gaz ne redeviendra pas une énergie bon marché par décret. Le marché a pris le relais du tarif réglementé, et la volatilité ne disparaîtra pas en 2026. La vraie question pour un foyer n’est plus de savoir si le gaz va monter, mais si sa facture, à contrat constant, va suivre tous les soubresauts du marché. Un contrat à prix fixe négocié au bon moment, combiné à une consommation maîtrisée, reste aujourd’hui la seule réponse sérieuse à la hausse de mars 2026 et à celles qui suivront.




