Une hausse de +5,3 % au 1er mars 2026 : ce que la CRE a décidé
Le 10 février 2026, la Commission de régulation de l’énergie a confirmé noir sur blanc une hausse de +5,32 % du prix repère du gaz pour le chauffage, applicable au 1er mars 2026. Le kilowattheure TTC grimpe de 0,09983 € en février à 0,10514 € en mars pour un foyer chauffé au gaz. Pour un ménage moyen à 11 000 kWh par an, cela se traduit par une facture qui passe d’environ 1462 € à 1521 €, soit +59 € par an si le contrat suit ce prix repère.
Les petits consommateurs ne sont pas mieux lotis. Pour les usages cuisson et eau chaude, le kilowattheure passe à 0,13569 € TTC, avec une hausse de +4,03 %. L’abonnement annuel type fixé par la CRE reste, lui, à 343,90 € TTC pour un usage chauffage et 147,24 € TTC pour la cuisson/eau chaude, comme cela ressort des grilles publiées par la CRE et reprises par Selectra et TotalEnergies.

Cette hausse de mars 2026 arrive dans un mouvement plus large. Entre janvier et juillet 2026, JeChange calcule une progression de 27,35 % du prix du kilowattheure pour un foyer chauffé au gaz. La marche du 1er mars n’est donc qu’une étape dans une trajectoire de prix qui se tend depuis le début de l’année.
Pourquoi le gaz flambe : PEG sous tension, Iran et fiscalité
Le gaz ne grimpe pas par magie. Le prix repère s’aligne sur les coûts de fourniture observés sur le marché de gros, le fameux PEG (Point d’échange de gaz). JeChange rappelle que le mégawattheure pour livraison immédiate tournait autour de 45,95 €, alors que la moyenne pour 2027 se situe plutôt vers 36,36 €. Autrement dit, le court terme reste cher, ce qui tire mécaniquement les prix des particuliers vers le haut.

La CRE et le ministère chargé de l’Énergie pointent aussi un facteur géopolitique précis : le début de la guerre en Iran au printemps 2026. Le Service public détaille que la forte hausse de mars est liée à cette montée des tensions, puis que la détente partielle des marchés en avril et surtout en mai a engendré une correction en juin avec une baisse de 4,8 % TTC du prix repère, à 152,86 €/MWh. Le mouvement reste violent : ENGIE rappelle une hausse de plus de 15 % en mai 2026, suivie d’un recul de près de 5 % en juin.
À cela s’ajoute la fiscalité. Le tarif réglementé a disparu en 2023, et depuis août 2025, la TVA à 20 % s’applique de nouveau sur l’ensemble de la facture gaz, sans bouclier. L’accise sur le gaz atteint 16,37 €/MWh, selon TotalEnergies, ce qui renforce la facture finale. Quand on lit que le prix moyen hors taxes pour les ménages tournait encore autour de 0,092 €/kWh en 2024, on comprend la pression exercée sur le pouvoir d’achat en 2026.
Mars 2026, début d’une série de records sur le prix du gaz
La hausse de mars 2026 n’est pas un accident isolé. JeChange parle d’un record historique prêt à tomber. Après un prix de 0,10513 €/kWh en mars 2026 pour un foyer chauffé au gaz, les projections montent à 0,12163 €/kWh dès mai. Cela fait une hausse de 15,7 % entre mars et mai. Et surtout, ce niveau dépasse le précédent record de 0,12155 €/kWh atteint en mars 2025.
La courbe ne s’arrête pas là. Les simulations anticipent un nouveau pic à 0,12319 €/kWh en septembre 2026. Par rapport à mars 2026, la hausse atteint alors environ 17,2 %. Même la baisse relative envisagée ensuite laisserait les prix sur un plateau bien plus élevé qu’en début d’année. Pour juin 2026, JeChange et TotalEnergies convergent vers un prix repère moyen autour de 0,1179 €/kWh TTC pour le chauffage, avec 0,1485 € pour la cuisson et l’eau chaude.
Autre indicateur inquiétant pour les ménages qui attendent encore : des sites spécialisés évoquent une hausse de 52 % des prix sur le marché PEG entre mars et novembre 2026. Cette tension sur le gros laisse peu d’illusion sur le niveau de la facture si l’on reste exposé au prix repère sans réfléchir à sa stratégie de contrat.
Concrètement, combien allez-vous payer de plus en 2026 ?
Pour un foyer chauffé au gaz à 11 000 kWh par an, la hausse de mars 2026 se traduit par environ 59 € de plus par an si le contrat suit le Prix repère CRE. Ce chiffre vient de la comparaison entre une facture annuelle estimée à 1462 € avec les tarifs de février, et 1521 € en mars. Ce montant ne tient même pas compte des pics annoncés pour mai, l’été et l’automne.

Si l’on projette sur 2026 entière avec la trajectoire publiée par JeChange, la note devient bien plus lourde. Entre janvier et juillet 2026, le prix du kilowattheure pour un foyer chauffé au gaz bondit de 27,35 %. Le Prix repère prévu pour juillet s’élève à 12,55 centimes €/kWh pour le chauffage, avec un abonnement mensuel d’environ 29,71 €. Pour la cuisson/eau chaude, on parle de 15,89 centimes €/kWh et 12,55 € d’abonnement mensuel.
Les projections de Selectra évoquent un Prix repère en janvier 2027 à 12,33 centimes €/kWh pour le chauffage. Par rapport à juin 2026, cela reste un niveau plus haut de 4,62 % sur le kilowattheure et de 3,68 % sur l’abonnement. Autrement dit, la flambée ne se résout pas en quelques mois. Elle installe un nouveau palier de prix. Dans ce climat, l’arrivée d’un mois de mars annonce glacial êtes en 2026, avec une météo froide sur un gaz plus cher, pèse lourd sur les budgets les plus fragiles.
Faut-il bloquer un prix fixe avant mars 2026 ?
La question revient partout : faut-il se précipiter sur une offre à prix fixe avant le 1er mars 2026 ou accepter l’indexation sur le Prix repère ? JeChange est clair sur un point : la durée de la fixité n’est pas le cœur du sujet. Ce qui joue, c’est le niveau du kilowattheure au moment de la signature. Un contrat figé trois ans avec un tarif d’entrée élevé rend le ménage perdant dès la première facture, même si la protection dure longtemps.
En février 2026, JeChange met en avant l’offre Eco-Conso Gaz d’Octopus Energy, avec un kilowattheure à 0,09470 € en zone 1. L’article la décrit comme l’offre à prix fixe la moins chère du marché sur 24 mois. Avec un Prix repère à 0,09983 € en février et 0,10514 € en mars, l’écart se creuse rapidement. Sur 11 000 kWh, une différence de 1 centime par kilowattheure joue déjà autour de 110 € à l’année. À plus de 2 centimes, l’écart dépasse 200 €.
Ce type d’écart explique pourquoi certains acteurs parlent de “fenêtre de tir” de deux semaines avant le 1er mars pour changer de fournisseur. Une fois l’indexation sur le nouveau Prix repère intégrée par la plupart des offres variables, il devient plus compliqué de retrouver un prix bas sur le long terme. Les comparateurs comme Selectra ou JeChange, souvent critiqués pour leur côté commercial, restent malgré tout des outils utiles pour repérer une vraie remise, à condition de regarder le prix du kilowattheure TTC, la durée de fixité et les frais annexes, plutôt que le seul argument de “remise par rapport au Prix repère”.
Comment limiter la casse : arbitrages de contrat et sobriété ciblée
Face à cette hausse de mars 2026, l’arme la plus immédiate reste le choix du contrat. Un ménage encore au Prix repère ou sur une offre indexée doit se poser trois questions simples : le prix du kilowattheure TTC aujourd’hui, la durée du blocage, la présence ou non de frais de résiliation. La loi laisse la liberté de quitter un fournisseur gaz à tout moment, sans frais, pour un contrat particulier. Ce levier reste sous-utilisé alors qu’il peut générer plusieurs dizaines d’euros d’écart dès la première saison de chauffe.
Le second levier, moins spectaculaire mais efficace, concerne la consommation. Les données de l’Ademe montrent qu’une baisse de 1 °C de la consigne de chauffage réduit la facture de gaz d’environ 7 %. Sur une facture estimée à 1500 €, cela tourne autour de 100 €. Un réglage fin du thermostat, un entretien sérieux de la chaudière, une chasse à l’eau chaude excessive sur la douche et la vaisselle créent un coussin financier réel face à la hausse de mars.

Enfin, pour les ménages en grande difficulté, il ne faut pas oublier les aides sociales et les dispositifs locaux, même si ceux-ci ne suivent pas toujours le rythme de la flambée. Les fiches du Service public recensent les aides nationales et les dispositifs des fournisseurs pour les impayés. Dans un paysage où le prix du gaz bat des records en 2026, cette combinaison d’arbitrage de contrat, de sobriété ciblée et d’aides reste souvent la seule façon de tenir la ligne sans couper le chauffage au cœur de l’hiver.




