Comprendre la portée d’un acte de caution, simple ou solidaire : ce texte explique ce que vous signez quand vous vous portez garant, quelles mentions sont indispensables selon la loi ELAN et comment se protéger en tant que garant comme en tant que bailleur. Le sujet concerne autant les familles qui aident un jeune locataire que les professionnels qui cherchent à sécuriser un bail. Vous trouverez des exemples concrets, un modèle rédigé pas à pas et des solutions alternatives quand la caution personnelle n’est pas envisageable.
À retenir : l’acte de caution doit comporter des mentions précises, la signature électronique est valable depuis 2022 sous conditions, la différence entre caution simple et solidaire change radicalement les recours du bailleur, la colocation exige une attention particulière selon le type de bail. Si vous avez des doutes, demandez au bailleur le modèle exact à joindre au contrat et conservez toujours une copie signée. Pour approfondir les aspects pratiques, consultez cet article sur ce qu’il faut savoir sur la caution et le modèle de contrat de bail disponible ici.
Acte de caution solidaire ou simple : les obligations légales depuis la loi Elan
La loi ÉLAN a modifié les modalités pratiques du cautionnement, notamment en levant l’obligation de recopier certaines mentions à la main. Pour le garant, cela a réduit les risques de nullité liés aux ratures ou erreurs de transcription. L’ordonnance n°2021-1192 a permis la signature électronique à compter de 2022, quand l’identification du signataire et l’intégrité du document sont garanties.
Camille, mère d’un étudiant accepté sur un appartement en ville, a reçu plusieurs demandes : un contrat de bail, un état des lieux, et une lettre de caution. Elle a voulu comprendre précisément ce qu’elle signait. La loi impose que l’acte comporte des informations clairement identifiables pour éviter tout malentendu ultérieur. Sans ces mentions, la caution peut être contestée.
Mentions indispensables à inscrire
Voici les éléments que l’acte doit impérativement comporter. Si l’un manque, le garant peut se retrouver protégé contre des poursuites injustifiées.
- Le nom du locataire pour lequel la caution s’engage.
- Le nom du bailleur et, si nécessaire, son adresse.
- L’adresse du logement concerné par le bail.
- Le montant du loyer et les modalités de révision éventuelle.
- La durée de l’engagement : déterminée ou indéterminée, avec la mention claire de la fin si elle est fixée.
- La reconnaissance par la caution de la nature et de l’étendue de son obligation, phrase explicite que le garant doit signer.
Pour illustrer, Camille a demandé que la formule utilisée mentionne la périodicité de révision du loyer selon l’indice de référence des loyers, ce qui lui permettrait d’anticiper une éventuelle hausse. Le bailleur a accepté de joindre une annexe précisant l’indice INSEE applicable.
Tableau récapitulatif des mentions et de leur portée
| Mention | Rôle juridique | Conséquence pratique si absente |
|---|---|---|
| Nom du locataire | Identifie l’obligation garantie | Contestabilité de l’engagement |
| Adresse du logement | Précise l’objet du bail | Imprécision pouvant entraîner une nullité partielle |
| Montant du loyer | Fixe le montant à garantir | Difficulté à déterminer l’étendue de la responsabilité |
| Durée de l’engagement | Définit la temporalité du cautionnement | Si absente, la caution vaut pour la durée du bail |
Les bailleurs peuvent demander des pièces justifiant de la solvabilité de la caution, mais cette demande est encadrée par le décret lié à la loi ALUR. Toute demande abusive d’un document non prévu est passible de sanction, ce qui protège des atteintes à la vie privée. Camille a présenté sa pièce d’identité, sa dernière fiche de paie et un relevé d’imposition, demandes classiques et acceptées.
- Astuce pratique : conservez une copie signée du document et demandez que toute modification ultérieure soit formalisée par écrit.
- Point de vigilance : si la caution souhaite partir, elle doit respecter les règles de résiliation prévues par l’article 22‑1 de la loi du 6 juillet 1989.
En synthèse, comprendre et vérifier chaque mention sur l’acte est la première protection du garant. À présent, nous allons examiner comment la nature du cautionnement — simple ou solidaire — change l’équilibre des responsabilités et des recours.

Différences entre caution simple et caution solidaire : impacts pratiques pour bailleur et garant
Le choix entre caution simple et caution solidaire n’est pas anodin. Il détermine l’ordre des recours et la rapidité avec laquelle le bailleur peut obtenir le paiement. Pour Camille, comprendre cette nuance a été décisif : elle voulait aider son fils tout en limitant sa propre exposition financière.
Fonctionnement et conséquences
La caution simple n’autorise pas le bailleur à réclamer immédiatement le paiement auprès du garant. Le bailleur doit d’abord engager des poursuites contre le locataire : en pratique, une mise en demeure puis un commandement de payer via huissier s’imposent. Le garant bénéficie du « bénéfice de discussion », ce qui signifie que les biens du locataire doivent être recherchés avant d’exiger le paiement du garant.
La caution solidaire, en revanche, permet au bailleur d’interpeller directement le garant dès le premier non‑paiement. Le bailleur peut demander la somme due au garant sans avoir épuisé les recours contre le locataire. Cela rend la caution solidaire beaucoup plus sécurisante pour le bailleur mais plus risquée pour la personne qui se porte garante.
- Pour le bailleur : la caution solidaire accélère le recouvrement.
- Pour le garant : la caution simple offre un niveau de protection supplémentaire.
- En colocation : selon que le bail est unique ou individuel, l’exposition du garant change radicalement.
Si un bail unique lie tous les colocataires, la caution solidaire peut être sollicitée pour la totalité des dettes générées par le logement, même si elles proviennent d’un autre colocataire. Si le bail est individuel, chaque caution couvre uniquement le locataire concerné. Camille, dont le fils emménageait en colocation, a vérifié attentivement le type de bail pour savoir si elle prenait un risque sur l’ensemble du groupe.
Procédures en cas d’impayé
Voici les étapes que le bailleur suit communément en cas d’impayé :
- En cas de caution simple : mise en demeure du locataire, commandement de payer, puis action contre le garant si le locataire reste insolvable.
- En cas de caution solidaire : mise en demeure du garant ou du locataire, puis action rapide pour obtenir le paiement.
- Recours judiciaire : injonction de payer et, si nécessaire, saisie des biens du garant.
Parmi les alternatives, certaines banques proposent une caution bancaire, et des organismes publics comme la garantie Visale prennent en charge les loyers impayés pour une période limitée. Les établissements bancaires tels que BNP Paribas, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole ou LCL peuvent proposer des solutions de dépôt ou de garantie bancaire, chacune avec ses conditions et coûts. Examiner ces offres reste pertinent quand un proche ne peut pas se porter caution.
En résumé, la nuance entre caution simple et solidaire détermine l’ordre et la vitesse des recours du bailleur. Pour le garant, il s’agit d’évaluer le risque réel et, si possible, de négocier une limitation de durée ou des plafonds. Le passage suivant montre comment rédiger un acte conforme et utilisable au format PDF ou Word.

Comment rédiger un acte de caution conforme : modèle PDF/Word pratique et mentions à personnaliser
Transformer un modèle en document juridiquement sûr nécessite attention et méthode. Voici une démarche pas à pas, inspirée des modèles conformes à la loi ELAN, pour rédiger un acte de caution qui protège à la fois le bailleur et le garant.
Étapes de rédaction
- 1. Identifier clairement les parties : nom complet, date et lieu de naissance du garant, adresse complète du logement, nom du bailleur et coordonnées.
- 2. Indiquer le montant du loyer en chiffres et en lettres, et préciser la périodicité de la révision en se référant à l’indice de l’INSEE si applicable.
- 3. Préciser la durée : indiquer une date de fin si l’on souhaite limiter l’engagement, ou laisser la mention implicite pour qu’il couvre la durée du bail.
- 4. Mention explicite : la caution doit reconnaître la nature et l’étendue de son obligation par une phrase claire.
- 5. Signature : indiquer la date et le lieu, puis signer. La signature électronique est valable sous conditions d’identification et d’intégrité du document.
Exemple d’un passage à insérer (formulation à adapter) : « Je soussigné(e) [nom], né(e) le [date], demeurant [adresse], me porte caution solidaire de [nom du locataire] pour le paiement des loyers et charges afférents au logement situé [adresse]. » L’utilisation d’un modèle PDF ou Word permet de fournir un document homogène et d’éviter les erreurs de mise en forme.
Signature électronique : validité et précautions
Depuis l’ordonnance 2021-1192, la signature électronique est admise si l’identité du signataire est vérifiée et si le document est protégé contre toute modification. Utiliser un prestataire reconnu garantit la force probante du document. Camille a choisi cette option car elle habitait à l’étranger et il était pratique de signer à distance.
- Conseil : conservez l’ensemble des échanges et une version horodatée du document signé électroniquement.
- Vérification : assurez-vous que le prestataire fournit une attestation d’authenticité.
Des modèles prêts à utiliser existent sous format PDF et Word, conformes aux normes en vigueur. Si vous avez besoin d’un modèle réutilisable, regardez une offre de contrat de bail téléchargeable, comme le modèle de contrat mis à disposition pour les locations.
Enfin, veillez à joindre la lettre de caution au contrat de bail avant la signature définitive. Cette pratique évite les contestations ultérieures et sécurise la position du bailleur. Dans la section suivante, nous analyserons la situation spécifique de la colocation et les subtilités liées au départ d’un colocataire.

La caution en colocation : bail unique, bail individuel, durée et résiliation
La colocation multiplie les situations possibles. Le type de bail change tout : un bail unique crée une solidarité des obligations entre colocataires, tandis que des baux individuels cloisonnent les responsabilités. Comprendre ces différences évite aux cautions des surprises financières lourdes.
Bail unique vs bail individuel
Dans un bail unique, chaque colocataire est solidairement responsable des obligations nées du bail. Cela signifie qu’un bailleur peut exiger le paiement intégral du loyer auprès d’un seul colocataire ou de l’unique caution solidaire. Par opposition, sous des baux individuels, chaque colocataire répond uniquement de sa part du loyer et des charges.
- Bail unique : exposition plus large pour le garant, possibilité pour le bailleur de réclamer la totalité des sommes à une seule caution.
- Bail individuel : responsabilité limitée, plus sûr pour une caution qui souhaite limiter son risque.
Exemple vécu : le frère de Julien avait accepté d’être caution pour un colocataire dans un bail unique. Lorsqu’un autre colocataire a cessé de payer, le bailleur s’est tourné vers la caution de Julien pour l’intégralité des sommes. Une décision de justice ultérieure a rappelé que la solidarité se mesure souvent au bail et non à l’affectation des dettes.
Résiliation et départ d’un colocataire
Pour la caution, la durée d’engagement est cruciale. Si l’acte est à durée indéterminée, la caution peut résilier unilatéralement son engagement par lettre recommandée, mais la résiliation n’opère qu’au terme du bail en cours. En colocation, si la caution s’est engagée pour un colocataire précis, son départ peut mettre fin à l’engagement après un délai de six mois si le bail est unique.
- Astuce : demander une clause limitant l’engagement à la part du locataire concerné dans le cas d’un bail unique.
- Point juridique : à la fin du bail et après état des lieux signé, la responsabilité du garant s’éteint pour les nouvelles dettes.
Le cas du décès d’une caution mérite attention : l’engagement peut revenir aux héritiers, qui deviennent redevables des sommes dues. Si la caution rencontre des difficultés financières, il est possible de demander au juge des délais de remboursement, généralement dans une limite maximale prévue par le droit commun. Protégez-vous en demandant systématiquement une copie du bail et de l’état des lieux lors du départ d’un colocataire.
Clé à retenir : la vigilance sur le type de bail et la rédaction précise de la clause de caution peut limiter l’exposition. La section suivante propose des alternatives quand la caution personnelle n’est pas souhaitable ou possible.

Alternatives à la caution personnelle : Visale, garantie bancaire, assurance loyers impayés et conseils pratiques
Quand la famille ne peut pas se porter garante, des solutions existent. Elles diffèrent par leur coût, leur étendue et leur accessibilité. Connaître ces options aide à choisir la meilleure protection pour le bailleur et la sécurité pour le locataire.
Principales alternatives
- Visale : dispositif public gratuit couvrant des impayés pendant une durée limitée. Intéressant pour les jeunes ou salariés précaires.
- Caution bancaire : la banque bloque une somme équivalente au loyer. Proposée par de grands établissements comme BNP Paribas, Crédit Agricole, Caisse d’Epargne ou LCL.
- Assurance loyers impayés (GLI) : contrat payant souscrit par le bailleur auprès d’un assureur comme AXA, Generali, Allianz, Maaf ou Ornikar Assurance selon les offres.
- Garantie bancaire spécifique : parfois proposée par la Groupe La Banque Postale pour certains profils.
Comparaison rapide : la Visale est gratuite mais offre une couverture limitée dans le temps. L’assurance loyers impayés coûte un pourcentage du loyer, mais couvre souvent mieux (procédures, frais juridiques). La caution bancaire immobilise des fonds, rendant cette solution coûteuse en trésorerie pour le locataire.
Cas pratique et décision
Lucie, locataire recherchant un appartement, n’avait pas de proche pouvant se porter caution. Elle a demandé la Visale, qui a facilité son accès au logement. Le bailleur était rassuré par la garantie publique. Un autre exemple : un propriétaire bailleur a choisi une GLI proposée par un assureur du marché pour éviter le blocage d’un dépôt bancaire.
- Conseil pour le bailleur : comparer les offres GLI selon le pourcentage du loyer, les franchises et l’étendue de la protection.
- Conseil pour le locataire : présenter un dossier complet (contrat de travail, avis d’imposition) pour faciliter l’accès aux dispositifs.
Pour approfondir la question financière et l’impact sur l’épargne ou l’emprunt, voici quelques ressources utiles : un article sur le coût d’un emprunt, des informations sur l’épargne chez BNP et l’évolution du Livret A en 2025. Ces lectures permettent de situer la caution dans un plan financier plus large : coût d’emprunt, épargne BNP, Livret A et ses implications.
Si vous cherchez des solutions pratiques ou des exemples concrets pour sécuriser un bail, explorez également les modèles de caution et d’acte de caution solidaire disponibles en formats PDF et Word, qui vous permettent de remplir et signer rapidement : modèle et explications et aides disponibles en cas de séparation pour préparer un dossier complet.

Questions fréquentes utiles
Qui peut se porter caution pour un logement et que vérifie le bailleur ?
Toute personne physique peut se porter caution ; le lien de parenté n’est pas requis. Le bailleur peut demander des justificatifs d’identité, de domicile, d’activité et de ressources, dans la limite fixée par le décret ALUR. Refuser une pièce hors liste réglementée peut être sanctionné.
La signature électronique d’une caution est-elle aussi valable qu’une signature manuscrite ?
Oui, si l’identité du signataire est assurée et que l’intégrité du document est garantie par un prestataire reconnu. Gardez la version horodatée et les preuves d’identification.
Que se passe-t-il si le locataire ne paie pas et que la caution ne peut pas régler immédiatement ?
Le bailleur peut engager une procédure : mise en demeure, injonction de payer, saisies éventuelles. La caution peut demander des délais de paiement au juge et, en cas d’insolvabilité, négocier un échéancier.
Peut‑on cumuler caution et assurance loyers impayés ?
En règle générale, un bailleur choisira l’une des protections principales. Toutefois, il existe des cas spécifiques (par exemple un locataire étudiant) où le cumul peut être autorisé. Vérifiez les clauses contractuelles et les conditions de l’assurance.
Où trouver un modèle fiable de caution solidaire téléchargeable ?
Des modèles conformes à la loi ELAN sont disponibles au format PDF et Word ; recherchez des versions mises à jour et téléchargeables pour adapter rapidement l’acte au contrat de bail. Vous pouvez consulter des ressources pratiques en ligne qui proposent des modèles et des conseils pour remplir correctement l’acte.
Dernier insight : relire chaque clause avant signature et préférer une limitation de durée si vous êtes caution. Une rédaction précise et la conservation d’une preuve signée (électronique ou manuscrite) évitent la plupart des litiges.



