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    Prix de l’électricité négatifs : pourquoi la CRE veut pouvoir couper éolien et solaire

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    Prix de l’électricité négatifs : pourquoi la CRE veut pouvoir couper éolien et solaire

    La CRE veut encadrer les arrêts forcés des parcs éoliens et solaires lors des prix négatifs, avec indemnisation, pour limiter le coût pour l’État et stabiliser le réseau.

    Des prix négatifs records, symptôme d’un système sous tension

    Le 6 avril 2025, le prix spot de l’électricité sur le marché français a plongé jusqu’à environ -115 €/MWh sur certaines heures, selon les données compilées par Alliances des Énergies. Ce type de séquence n’est plus anecdotique. La CRE recensait déjà 147 heures de prix négatifs en 2023, soit près de 1,7 % du temps, un volume qui progresse encore avec la montée en puissance du solaire et de l’éolien.

    La mécanique est simple. Le prix de gros résulte de la rencontre entre une offre de production et une demande de consommation. Quand l’offre explose alors que la demande reste faible, en plein week-end de printemps avec du vent et un soleil généreux, le prix décroche. La CRE rappelle que les prix négatifs ne signalent pas forcément un bug de marché, mais un message clair envoyé aux producteurs sur l’excès d’électricité injectée.

    Dans ces périodes, la France se retrouve exportatrice dans environ 85 % des heures négatives sur la période début 2023 – mi‑2024, selon la CRE. Le pays inonde alors ses voisins de MWh bon marché, parfois en payant pour que l’électricité parte, car l’arrêt et le redémarrage de certaines centrales, en particulier nucléaires ou thermiques, restent coûteux et lourds à gérer. La facture de ce grand écart finit toutefois par remonter vers les finances publiques et, à terme, vers les consommateurs.

    Pourquoi l’électricité passe sous zéro euro le MWh

    Un prix négatif signifie que certains producteurs préfèrent payer pour injecter leur MWh plutôt que couper leur installation. Plusieurs facteurs se cumulent. L’électricité se stocke encore mal à grande échelle. Les capacités de batteries et de stations de transfert d’énergie par pompage restent limitées face aux volumes du réseau. L’ajustement se fait donc d’abord par le prix.

    Le développement rapide des renouvelables variables accentue ces épisodes. Le solaire crête en milieu de journée, surtout l’été, quand la demande baisse. L’éolien explose parfois la nuit ou le week-end, quand l’industrie tourne au ralenti. Les prix négatifs apparaissent alors au moment où les parcs subventionnés produisent le plus. La loi de l’offre et de la demande ne fait pas de cadeau aux kilowattheures qui arrivent en trop.

    Ce signal n’est pas uniquement une mauvaise nouvelle. Ces heures très bon marché, voire négatives, viennent lisser la facture globale des fournisseurs en compensation des pointes à plusieurs centaines d’euros le MWh pendant les vagues de froid. La CRE le rappelle dans ses présentations sur le sujet. Sur l’année, ces creux réduisent une partie de la pression haussière sur les prix moyens. Mais pour l’État, qui soutient nombre de parcs via des contrats d’obligation d’achat ou de complément de rémunération, ces heures négatives deviennent un casse-tête budgétaire.

    Ce que prévoit le projet d’arrêté soutenu par la CRE

    Face à ces dérives, la loi de finances pour 2025, article 175, a prévu d’adapter les contrats de soutien aux renouvelables pour intégrer le phénomène des prix négatifs. La CRE a publié en novembre 2024 une note dédiée, puis un avis fin 2025 sur un projet d’arrêté qui change concrètement le cadre de jeu des producteurs sous obligation d’achat.

    Le cœur du dispositif est direct : lorsque le prix de marché devient nul ou négatif, les acheteurs obligés, comme EDF OA, pourront exiger l’arrêt ou la limitation de la production des parcs éoliens et solaires éligibles. Sont visés les parcs éoliens terrestres ou en mer de plus de 10 MW et les centrales photovoltaïques de plus de 12 MWc. La CRE pousse même à abaisser ce seuil à 10 MWc pour le solaire afin d’intégrer davantage d’installations dans le mécanisme.

    Ces arrêts forcés ne s’appliquent pas à toutes les installations. Les projets pilotes d’éolien flottant en mer restent exclus pour ne pas perturber les phases de test de cette technologie. Pour les parcs commerciaux classiques, l’obligation d’arrêt s’appliquera un mois après leur mise en service complète. Les deux arrêtés publiés ou en cours d’adoption s’appliqueront aux contrats dont la demande complète aura été déposée ou dont l’avis d’appel d’offres aura été publié avant le 31 décembre 2026. Un projet de décret vise ensuite à étendre ces règles sans limite de durée aux contrats conclus via arrêté tarifaire.

    Arrêt forcé oui, mais avec indemnisation du productible perdu

    Le point clé pour les développeurs tient à l’argent. L’arrêt forcé ne se traduira pas par une perte sèche. Le texte prévoit une compensation financière pour l’énergie non produite, appelée “perte de productible”. Autrement dit, l’exploitant d’un parc éolien ou solaire sera indemnisé pour les MWh qu’il aurait pu injecter pendant la période de coupure ordonnée.

    La loi de finances 2025 et l’avis de la CRE envisagent de calibrer cette indemnisation pour qu’elle reste proche de la réalité du terrain. La CRE évoque aussi une révision de la formule dès 2028 pour affiner le calcul en fonction des retours d’expérience. Un arrêté publié le 8 septembre 2025 et commenté par la CRE en juillet 2025 a déjà défini des modalités pour les installations sous obligation d’achat qui participent aux mécanismes d’équilibrage, avec un soutien versé sur une énergie corrigée des activations sur ces marchés.

    Sur le plan économique, le signal envoyé aux producteurs change. Jusqu’ici, certains parcs continuaient à produire même lors de prix très bas car la garantie d’achat ou le complément de rémunération couvraient les pertes de marché. L’État, via ces contrats, absorbait une partie du choc. Avec le nouveau cadre, la production subventionnée ne sera plus rémunérée sur les heures négatives. La compensation interviendra dans un schéma encadré, censé limiter le coût pour les finances publiques et réduire la profondeur et la fréquence des épisodes de prix sous zéro.

    Impact pour les producteurs, pour l’État et pour les consommateurs

    Pour les producteurs de grande taille, l’arrêt piloté par les acheteurs obligés va imposer une nouvelle contrainte d’exploitation. Il faudra intégrer ces coupures dans les business plans, ajuster les contrats de maintenance, revoir certains dimensionnements de postes de raccordement ou d’onduleurs. Un acteur qui investit dans un parc de 50 MW en solaire devra intégrer l’hypothèse d’une dizaine, voire de plusieurs dizaines d’heures coupées par an si la tendance actuelle se prolonge.

    Pour l’État, l’enjeu est direct. Les contrats d’obligation d’achat et de complément de rémunération pèsent des milliards sur la durée. Sans garde-fous, chaque heure de prix négatif où la production subventionnée continue d’injecter de l’énergie alourdit la facture. En autorisant les arrêts avec compensation calibrée, la CRE cherche à contenir ce coût tout en évitant un choc trop brutal pour les investisseurs. Le régulateur cherche aussi à mieux aligner l’intérêt financier des producteurs sur la réalité du système électrique, où la flexibilité a de la valeur.

    Pour les consommateurs, le lien est moins direct mais bien réel. Les prix négatifs réduisent déjà la facture moyenne des fournisseurs, ce qui limite une partie des hausses répercutées sur les offres de détail. L’arrivée d’un encadrement plus strict des heures négatives vise à stabiliser le système, à éviter des secousses extrêmes qui pourraient se répercuter ensuite dans les tarifs régulés ou les offres de marché.

    La question du pilotage de la demande se pose aussi. Des acteurs de la mobilité électrique ou des agrégateurs d’effacement regardent de près ces heures négatives. Certains fournisseurs commencent à proposer des offres qui valorisent les heures très bas prix pour la recharge de véhicules ou le pilotage d’équipements. Là, les articles de type guide pratique transformer watts prennent tout leur sens pour aider un particulier ou un industriel à comprendre ce qui se cache derrière une puissance, une intensité et la capacité réelle de ses installations à encaisser une charge décalée la nuit ou en milieu de journée.

    Prix négatifs, flexibilité et arbitrage futur sur le réseau

    Les prix négatifs mettent en lumière le manque de flexibilité du système électrique. L’enjeu ne se limite pas à couper des parcs solaires ou éoliens. Il touche le stockage, les interconnexions, les usages pilotables. La CRE a déjà ouvert la porte à une participation plus active des installations sous obligation d’achat aux mécanismes d’équilibrage. Un arrêté de septembre 2025 l’encadre et modifie le calcul des primes liées aux prix négatifs pour les contrats de complément de rémunération.

    Pour les clients finaux, l’intérêt grandit pour des offres d’effacement ou des tarifs plus fins. L’article électricité offre tempo edf illustre déjà comment un signal prix différencié par couleur de jour incite les ménages à décaler leur consommation. Avec des prix de gros parfois négatifs, des offres plus agressives pourraient se développer pour capter la flexibilité des véhicules électriques, des ballons d’eau chaude ou des process industriels. Le recours à un guide pratique utiliser efficacement un simple voltmètre trouve alors sa place, car une meilleure maîtrise des installations domestiques ou professionnelles reste la base avant de jouer avec des signaux prix sophistiqués.

    Les documents publiés par la CRE sur les prix négatifs montrent que près de la moitié des heures sous zéro se situent entre -0,1 et 0 €/MWh. Une part non négligeable descend bien au-delà, parfois sous -100 €/MWh. Ces chiffres ne relèvent plus de l’anecdote. Ils structurent la réflexion des régulateurs, des producteurs et des fournisseurs sur le futur des contrats de soutien, sur la place du stockage et sur la tarification pour le client final.

    Les prix négatifs d’électricité ne disparaîtront pas avec le projet d’arrêté. Le texte de la CRE ne les efface pas, il les encadre. Il impose un stop temporaire aux parcs éoliens et solaires de grande taille lorsque le marché ne veut plus de leurs MWh, en échange d’une indemnisation calibrée. Ce mouvement traduit une chose simple : l’ère des renouvelables subventionnés “quoi qu’il en coûte” touche à sa fin. La flexibilité, le pilotage et la compréhension fine des kWh, des watts et des ampères, du réseau jusqu’à la prise de l’utilisateur, vont peser chaque année un peu plus dans le jeu électrique français.

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    Jarod est journaliste citoyen, engagé dans la couverture d'actualités locales et de sujets sociétaux. Passionné par l'investigation et la transparence, il utilise sa plume pour donner une voix aux événements et aux personnes souvent ignorés par les médias traditionnels.

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