Hausse de 150 euros sur la facture d’électricité en 2026, ce qui change vraiment pour les ménages
La facture d’électricité pourrait grimper d’environ 150 euros par an pour un foyer moyen en 2026, selon les calculs relayés par Selectra et attribués au cabinet Colombus Consulting. Le moteur de cette hausse, c’est le durcissement des Certificats d’Économies d’Énergie et la fin de l’ARENH, deux mécanismes qui vont peser sur le prix final payé par les ménages[1][2].
Ce que dit le chiffrage de 150 euros
Le chiffre circule depuis qu’un décret technique a été publié pour renforcer les Certificats d’Économies d’Énergie sur la période 2026-2030. Selectra explique que les obligations CEE doivent monter de 27% à partir de 2026, avec un impact moyen estimé à 150 euros par an et par ménage selon Colombus Consulting[1].
Le mécanisme est simple à comprendre. Les fournisseurs financent des primes pour les travaux d’économie d’énergie, puis répercutent cette charge dans leurs coûts. Selectra rappelle que ce surcoût se retrouve in fine dans le prix du kilowattheure d’électricité, du gaz ou du carburant[1].
Ce n’est pas une hausse uniforme de toute la facture. Le prix du kilowattheure peut bouger à la hausse ou à la baisse selon la partie de la facture visée, mais la facture totale, elle, peut monter si les coûts fixes et les prélèvements augmentent plus vite que le reste[1][4].
Pourquoi 2026 change la donne
Le premier tournant, c’est la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025. Opera Énergie explique que ce dispositif disparaît au profit du Versement Nucléaire Universel, qui modifiera la manière dont EDF et les fournisseurs valorisent l’électricité nucléaire vendue aux concurrents[2].
Selon Opera Énergie, les premiers seuils du VNU devraient tourner autour de 78 €/MWh et 110 €/MWh. L’entreprise rappelle aussi qu’en octobre 2025 le prix spot moyen de l’électricité s’établissait à 83,4 €/MWh, avec un prix à terme 2026 autour de 55 €/MWh[2].
Le second tournant, c’est la montée en charge des CEE. L’État veut financer davantage de rénovations lourdes, de pompes à chaleur et de mobilité électrique. Le coût n’est pas payé par le budget de l’État seul. Il passe aussi par les factures des clients finaux, via les fournisseurs[1].
Ce qui baisse, ce qui monte
Le signal envoyé au consommateur est brouillé, car tout ne va pas dans le même sens. Service-Public indique qu’au 1er février 2026 la contribution tarifaire d’acheminement doit passer de 21,93% à 15%, ce qui représente une baisse d’environ 10 euros par an sur l’abonnement d’électricité[3].
Dans le même temps, la Commission de régulation de l’énergie a proposé une baisse moyenne de 0,83% des tarifs réglementés au 1er février 2026. Service-Public précise que cette baisse reste soumise à validation gouvernementale et qu’elle concerne les clients au tarif réglementé, ainsi que certains petits professionnels[3].
Le problème est ailleurs. L’abonnement pèse peu face à la partie variable chez beaucoup de foyers chauffés à l’électricité. Si le cadre de marché, les taxes et les charges obligatoires montent, le gain sur l’abonnement peut être absorbé très vite[3][4].
Qui risque de payer le plus
Les ménages les plus exposés sont ceux qui consomment beaucoup en hiver et ceux qui sont déjà sensibles à chaque hausse de quelques euros. Les foyers chauffés à l’électricité subissent de plein fouet toute hausse de la partie variable de la facture, puisque le chauffage concentre une grande part des kWh sur quelques mois[4][5].
Les petits consommateurs, eux, ressentent davantage la part fixe. Quand l’abonnement monte, la facture grimpe même si l’usage reste stable. C’est l’un des points les plus mal compris par les particuliers, car beaucoup regardent surtout le prix du kWh alors que la facture finale dépend aussi des coûts de réseau, des taxes et des contributions[3][5].
Pour les clients au tarif réglementé, le choc dépendra du mix entre baisse annoncée sur certains postes et hausse liée aux nouveaux mécanismes. Pour les offres de marché, la volatilité peut être plus forte si le fournisseur répercute vite ses coûts d’achat[2][3].
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Avant de paniquer sur un chiffre de 150 euros, il faut regarder sa propre facture. La puissance souscrite, l’option base ou heures pleines-heures creuses et le niveau réel de consommation pèsent davantage que le discours général sur la hausse. Un foyer qui surdimensionne son abonnement paie pour rien, parfois plusieurs dizaines d’euros par an[5].
Le sujet rejoint d’ailleurs notre guide pratique transformer watts et notre guide pratique utiliser efficacement, car beaucoup d’erreurs viennent d’une lecture trop rapide de la puissance, de l’intensité et des usages réels. Sur une facture domestique, le détail technique compte plus que le slogan commercial[5].
Il faut aussi regarder l’autoconsommation, les plages horaires de chauffe de l’eau et la programmation des appareils. Sur les foyers bien équipés, la charge peut être déplacée sur les heures moins chères, ce qui limite une partie de l’impact. Ce n’est pas magique. C’est du pilotage de consommation, et ça se mesure sur plusieurs mois[5].
Ce qu’il faut retenir pour 2026
Le scénario le plus crédible n’est pas une explosion uniforme de toutes les factures. C’est une facture plus complexe, avec quelques baisses visibles sur certains postes, et une hausse plus discrète mais plus large liée aux CEE, au nouveau cadre de régulation et aux coûts de réseau[1][2][3].
Le sujet rejoint aussi celui de l’article électricité offre tempo edf, car les offres à prix variable ou indexé vont devenir plus lisibles pour les ménages qui acceptent de surveiller leurs usages. Dans ce type de marché, la discipline de consommation compte autant que le prix affiché sur la première ligne du contrat[3][5].
Le point clé reste le même pour tous les foyers: vérifier son contrat avant la bascule de 2026, comparer la part fixe et la part variable, et ne pas regarder seulement le prix du kilowattheure. La hausse annoncée de 150 euros n’est pas automatique pour tout le monde, mais elle donne la direction de la période qui s’ouvre[1][2][3].




