Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) constitue un pilier fondamental de la solidarité au niveau local en France. Présent dans toutes les communes de plus de 1 500 habitants, cet établissement public communal déploie un ensemble de missions visant à soutenir les populations vulnérables. Du soutien administratif à l’aide d’urgence, en passant par l’accompagnement des personnes âgées et des familles en difficulté, le CCAS représente souvent le premier recours pour les citoyens confrontés à des situations de précarité. Face aux défis sociaux croissants et à l’évolution des besoins de la population, ces structures adaptent constamment leurs services pour proposer des réponses personnalisées et efficaces, au plus près des réalités territoriales.
Le CCAS : l’acteur central de l’action sociale dans les communes

Le Centre Communal d’Action Sociale représente l’instrument principal par lequel les municipalités françaises mettent en œuvre leur politique d’action sociale. Né d’une longue évolution historique des dispositifs d’aide aux personnes vulnérables, le CCAS s’inscrit aujourd’hui comme un maillon essentiel dans le tissu de la solidarité locale.
Avant la Révolution française, l’assistance aux personnes démunies relevait principalement de l’Église catholique. C’est la Déclaration des droits de l’homme qui a introduit le principe fondamental selon lequel l’assistance constitue “un devoir de l’État et un droit pour le citoyen”, une conception largement influencée par les philosophes des Lumières. Cette vision s’est concrétisée en 1796 avec la création des bureaux de bienfaisance, qui se sont progressivement implantés sur l’ensemble du territoire national.
Ces structures ont ensuite évolué en bureaux d’aide sociale jusqu’à la loi de décentralisation de 1986. Cette réforme majeure a transféré une partie des compétences de l’État vers les collectivités territoriales, notamment en matière d’action sociale et médico-sociale. C’est dans ce contexte qu’ont émergé les Centres Départementaux d’Action Sociale (CDAS) et les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) tels que nous les connaissons aujourd’hui.
Tandis que les CDAS se concentrent sur la gestion de l’aide sociale légale (comme le RSA ou l’APA) et la coordination de l’action sociale à l’échelle départementale, les CCAS veillent à faciliter l’accès aux aides sociales et à développer des initiatives locales pour lutter contre l’exclusion et soutenir les populations fragilisées. Leur champ d’action se limite au territoire communal, ce qui leur permet d’adapter leurs interventions aux spécificités et aux besoins de la population locale.
Sur le plan organisationnel, le CCAS est un établissement public administratif doté d’une structure bien définie. Il est présidé par le maire de la commune et dirigé par un conseil d’administration constitué à parité d’élus locaux (conseillers municipaux) et de personnalités qualifiées dans le domaine de l’action sociale, nommées par le maire. Cette composition garantit à la fois l’ancrage politique et l’expertise technique nécessaires à ses missions.
| Composition du CCAS | Rôle |
|---|---|
| Président (Maire) | Direction générale et représentation |
| Élus locaux | Décisions politiques et lien avec la municipalité |
| Personnalités qualifiées | Expertise sociale et connaissance du terrain |
| Direction administrative | Gestion quotidienne et mise en œuvre des décisions |
Le conseil d’administration joue un rôle déterminant dans l’orientation de la politique sociale locale, en définissant les priorités d’action et les modalités d’intervention du CCAS. Quant au financement de la structure, il provient majoritairement du budget communal, avec une particularité notable : un tiers des recettes issues des concessions funéraires est légalement affecté au fonctionnement du CCAS.
L’implantation des CCAS varie considérablement selon la taille des communes. Si leur présence est obligatoire dans les municipalités de plus de 1 500 habitants, les communes plus petites peuvent choisir d’en créer un ou non. Certaines optent pour un regroupement intercommunal, donnant naissance à un Centre Intercommunal d’Action Sociale (CIAS), qui mutualise les ressources et les compétences à l’échelle de plusieurs communes.
Les modalités d’accueil du public diffèrent également selon l’importance de la commune. Dans les petites municipalités, le CCAS peut simplement tenir une permanence hebdomadaire en mairie, tandis que les villes moyennes et grandes disposent généralement de locaux dédiés avec un accueil quotidien. Cette différence d’organisation reflète la diversité des moyens et des besoins entre les territoires urbains et ruraux.
Quelle que soit sa taille, le CCAS s’efforce de proposer un accueil adapté et professionnel. Les usagers sont généralement reçus par un agent d’accueil social qualifié, capable d’identifier précisément leurs besoins, de les accompagner dans leurs démarches administratives et de les orienter vers les services et professionnels compétents. Pour les situations particulièrement complexes ou précaires, un travailleur social prend en charge le dossier afin d’élaborer des solutions personnalisées.
En définitive, le CCAS constitue un maillon essentiel de la chaîne de solidarité locale, au plus près des réalités du terrain et des besoins des habitants. Son ancrage territorial et sa connaissance fine de la population lui permettent d’apporter des réponses adaptées et réactives aux situations de vulnérabilité, dans une logique de proximité et d’efficacité.
La couverture territoriale des CCAS en France: présence et accessibilité

La répartition des Centres Communaux d’Action Sociale sur le territoire français répond à une logique d’aménagement qui vise à garantir un accès équitable aux services sociaux de proximité. Si la loi impose leur présence dans toutes les communes de plus de 1 500 habitants, on observe toutefois des disparités importantes en termes de moyens et d’organisation selon les territoires.
Dans les zones urbaines et périurbaines, les CCAS bénéficient généralement de ressources conséquentes, avec des équipes pluridisciplinaires et des locaux dédiés. Ils peuvent ainsi développer une offre de services diversifiée et spécialisée, répondant à la multiplicité des besoins sociaux. À l’inverse, dans les territoires ruraux, les moyens sont souvent plus limités, ce qui conduit parfois à une mutualisation des ressources via la création de Centres Intercommunaux d’Action Sociale (CIAS).
Cette solution intercommunale présente plusieurs avantages. Elle permet de maintenir un service de qualité dans des zones de faible densité démographique, en optimisant les coûts de fonctionnement et en favorisant une approche coordonnée des problématiques sociales à l’échelle d’un bassin de vie. Les CIAS peuvent ainsi déployer des actions plus ambitieuses que ne le permettraient les moyens d’une commune isolée.
L’accessibilité physique des CCAS constitue un enjeu majeur pour garantir l’effectivité de leurs missions. La plupart d’entre eux ont adopté des horaires d’ouverture adaptés aux contraintes des usagers, notamment avec des permanences en fin de journée pour les personnes en activité professionnelle. De plus, de nombreux CCAS ont développé des antennes dans les quartiers prioritaires ou des permanences délocalisées dans les zones éloignées du centre-ville, afin de rapprocher les services des habitants qui en ont le plus besoin.
- Dans les grandes métropoles : présence de CCAS avec des équipes spécialisées et des permanences quotidiennes
- Dans les villes moyennes : CCAS avec accueil régulier et services diversifiés
- Dans les petites communes (plus de 1 500 habitants) : CCAS avec permanences hebdomadaires
- Dans les communes rurales (moins de 1 500 habitants) : CCAS facultatif ou regroupement en CIAS
- Dans les zones prioritaires : antennes délocalisées pour un accès facilité
La transformation numérique constitue également un levier important pour améliorer l’accessibilité des services. De nombreux CCAS ont développé des plateformes en ligne permettant de prendre rendez-vous, de consulter les aides disponibles ou même d’initier certaines démarches à distance. Cette dématérialisation facilite l’accès aux services pour les personnes à mobilité réduite ou disposant de peu de temps, tout en simplifiant le travail administratif des agents.
Toutefois, conscients que la fracture numérique peut constituer un obstacle supplémentaire pour les publics fragiles, la plupart des CCAS maintiennent un accueil physique et proposent un accompagnement spécifique pour les démarches en ligne. Certains ont même mis en place des espaces numériques avec des médiateurs pour initier les usagers aux outils informatiques et les aider dans leurs démarches dématérialisées.
Pour illustrer cette diversité territoriale, prenons l’exemple du CCAS de Marseille, qui dessert une population de plus de 800 000 habitants. Cette structure dispose d’un siège central et de nombreuses antennes de quartier, avec des équipes spécialisées par public (personnes âgées, familles, jeunes en difficulté, etc.) et par type d’intervention (logement, santé, insertion professionnelle). À l’autre extrémité du spectre, le CCAS d’une commune rurale de 2 000 habitants pourra compter sur une équipe réduite, parfois limitée à un agent à temps partiel, avec des permanences hebdomadaires en mairie.
Cette adaptation aux réalités locales constitue à la fois la force et le défi des CCAS. Si elle permet une réponse au plus près des besoins spécifiques de chaque territoire, elle peut aussi engendrer des inégalités d’accès aux services sociaux. C’est pourquoi des mécanismes de péréquation et de coopération intercommunale se développent, afin de garantir un socle minimal de services sur l’ensemble du territoire.
Les missions fondamentales du CCAS dans le soutien aux populations vulnérables
Le Centre Communal d’Action Sociale remplit un rôle essentiel dans le dispositif de protection sociale français, en se positionnant comme l’interface privilégiée entre les habitants en difficulté et les différents mécanismes d’aide. Ses missions s’articulent autour de deux axes complémentaires : l’accompagnement à l’attribution des aides sociales légales et la mise en œuvre d’actions sociales facultatives adaptées aux besoins spécifiques du territoire.
En matière d’aides sociales légales, le CCAS joue un rôle d’information, d’orientation et d’assistance dans les démarches administratives. Il aide les usagers à identifier les dispositifs auxquels ils peuvent prétendre, à constituer leurs dossiers et à les transmettre aux organismes compétents. Cette fonction est cruciale pour lutter contre le non-recours aux droits, phénomène qui touche particulièrement les personnes les plus vulnérables.
Au-delà de cette mission d’accompagnement, le CCAS déploie également des actions sociales facultatives, qui relèvent de sa propre initiative et s’adaptent aux besoins spécifiques de la population locale. Ces interventions, financées par le budget communal, visent à compléter les dispositifs nationaux et à apporter des réponses personnalisées aux situations de précarité.
Pour mener à bien ces missions, le CCAS réalise régulièrement des analyses des besoins sociaux (ABS) sur son territoire. Ces études permettent d’identifier les problématiques émergentes, de repérer les publics vulnérables et d’adapter en conséquence l’offre de services. Le CCAS constitue ainsi un véritable observatoire social à l’échelle communale, capable d’alerter sur les nouvelles formes de précarité et de proposer des réponses innovantes.
| Type d’intervention | Exemples d’actions | Public concerné |
|---|---|---|
| Aide sociale légale | Instruction des dossiers RSA, APA, ASPA | Tous publics éligibles selon critères nationaux |
| Aide d’urgence | Secours financiers, bons alimentaires | Personnes en situation de précarité immédiate |
| Accompagnement quotidien | Portage de repas, aide ménagère | Personnes âgées, handicapées |
| Insertion sociale | Ateliers, formations, chantiers d’insertion | Personnes éloignées de l’emploi |
| Prévention | Actions de sensibilisation, plan canicule | Publics vulnérables (seniors, précaires) |
L’action du CCAS s’inscrit dans une approche globale des problématiques sociales, qui prend en compte l’ensemble des facteurs de vulnérabilité : revenus, logement, santé, isolement, mobilité, etc. Cette vision holistique permet d’apporter des réponses cohérentes et coordonnées, en mobilisant l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs du territoire.
La mise en réseau constitue d’ailleurs une dimension essentielle de l’action des CCAS. En tant que coordinateur local de l’action sociale, le CCAS développe des partenariats avec les services de l’État, les organismes de sécurité sociale, les associations caritatives, les bailleurs sociaux, les établissements de santé, etc. Cette coopération permet d’optimiser les ressources disponibles et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des personnes.
Pour comprendre concrètement le rôle du CCAS, prenons l’exemple d’une personne âgée à faibles revenus, confrontée à une perte d’autonomie. Le CCAS pourra l’accompagner dans sa demande d’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) auprès du département, lui proposer des services d’aide à domicile, organiser le portage de repas, mettre en place une téléassistance, et l’orienter vers des activités de prévention de l’isolement. Cette intervention coordonnée vise à maintenir la personne dans son environnement familier tout en préservant sa dignité et son autonomie.
De même, face à une famille en situation de précarité énergétique, le CCAS pourra mobiliser plusieurs leviers : aide financière pour régler une facture impayée, médiation avec le fournisseur d’énergie, orientation vers les dispositifs d’amélioration de l’habitat, conseils pour réduire la consommation, etc. Cette approche multidimensionnelle permet de traiter non seulement l’urgence, mais aussi les causes structurelles de la difficulté.
Au fil des années, les missions des CCAS se sont diversifiées pour répondre à l’évolution des besoins sociaux. Aujourd’hui, ces structures interviennent dans des domaines aussi variés que la parentalité, la santé mentale, l’inclusion numérique ou encore la transition écologique. Cette capacité d’adaptation constitue l’une des forces majeures des CCAS, qui peuvent ainsi répondre avec agilité aux défis sociaux émergents.
La lutte contre l’exclusion : un engagement prioritaire des CCAS
La lutte contre l’exclusion sociale et la précarité constitue un axe prioritaire de l’action des Centres Communaux d’Action Sociale. Face à la persistance de la pauvreté et à l’émergence de nouvelles formes de vulnérabilité, les CCAS déploient un arsenal d’interventions visant à prévenir les ruptures sociales et à favoriser l’insertion des personnes en difficulté.
Le micro-crédit social représente l’un des outils innovants mis en œuvre par de nombreux CCAS pour lutter contre l’exclusion financière. Ce dispositif permet aux personnes exclues du système bancaire traditionnel d’accéder à un prêt à taux zéro, pour un montant compris entre 300 et 8 000 euros, remboursable sur une période maximale de cinq ans. Ce financement peut servir à concrétiser un projet favorisant l’insertion sociale ou professionnelle : achat d’un véhicule pour se rendre au travail, financement d’une formation, équipement d’un logement, frais liés à la santé, etc.
L’intérêt du micro-crédit social réside dans sa double dimension : financière et pédagogique. Au-delà du prêt lui-même, le dispositif s’accompagne d’un suivi personnalisé qui permet de sensibiliser les bénéficiaires à la gestion budgétaire et de prévenir le surendettement. Les CCAS jouent ici un rôle d’intermédiaire entre les établissements financiers partenaires et les usagers, en instruisant les demandes et en assurant l’accompagnement tout au long du remboursement.
L’aide alimentaire constitue un autre volet essentiel de la lutte contre l’exclusion. Face à l’augmentation des situations de précarité alimentaire, de nombreux CCAS ont développé des dispositifs d’urgence : distribution de colis, bons alimentaires, partenariats avec les banques alimentaires, etc. Certains ont également créé des épiceries solidaires, où les personnes à faibles revenus peuvent acheter des produits de première nécessité à prix réduits (10 à 30% du prix du marché), dans un cadre respectueux de leur dignité.
- Micro-crédit social : prêts à taux zéro de 300 à 8 000 € pour des projets d’insertion
- Aide alimentaire : distribution de colis, bons alimentaires, épiceries solidaires
- Chèques d’accompagnement personnalisé : tickets de 10 à 30 € pour des achats de première nécessité
- Secours d’urgence : aides financières ponctuelles pour situations critiques
- Domiciliation administrative : adresse postale pour les personnes sans domicile fixe
- Accompagnement budgétaire : conseils pour la gestion des ressources et la prévention du surendettement
- Médiation énergétique : intervention auprès des fournisseurs et aide au paiement des factures
Les chèques d’accompagnement personnalisé (CAP) complètent ce dispositif en offrant une solution flexible pour répondre aux besoins essentiels. Ces chèques, d’une valeur comprise entre 10 et 30 euros, peuvent être utilisés dans les commerces conventionnés pour l’achat de denrées alimentaires, de produits d’hygiène, de médicaments non remboursés ou encore de fournitures scolaires. Leur attribution, décidée après évaluation par un travailleur social, vise à apporter une réponse adaptée à chaque situation individuelle.
Pour les situations d’extrême précarité, les CCAS peuvent également attribuer des secours d’urgence sous forme d’aides financières ponctuelles non remboursables. Ces aides, dont le montant varie généralement entre 60 et 125 euros selon les communes, permettent de faire face à des dépenses vitales : alimentation, chauffage, électricité, soins médicaux, etc. Elles constituent un filet de sécurité essentiel pour les personnes en grande difficulté, même si leur attribution est souvent plafonnée à un certain nombre d’interventions par an.
La domiciliation administrative représente un autre service fondamental dans la lutte contre l’exclusion. Pour les personnes sans domicile fixe, l’absence d’adresse postale constitue un obstacle majeur à l’accès aux droits et aux services essentiels. En leur offrant une adresse officielle, le CCAS leur permet de recevoir leur courrier, d’effectuer des démarches administratives, d’ouvrir un compte bancaire, de s’inscrire sur les listes électorales, etc. Cette première étape vers la reconnaissance administrative est souvent le point de départ d’un parcours de réinsertion.
Au-delà de ces aides matérielles, les CCAS développent également des actions d’accompagnement social visant à restaurer l’autonomie des personnes et à favoriser leur inclusion. Ateliers collectifs sur la gestion budgétaire, permanences d’accès aux droits, accompagnement vers l’emploi, soutien à la parentalité… Ces interventions visent à agir sur les causes structurelles de la précarité et à renforcer les capacités d’agir des personnes accompagnées.
À titre d’exemple, le CCAS de Villefranche-sur-Saône a développé un programme complet de lutte contre l’exclusion, comprenant à la fois des aides d’urgence (bons alimentaires, secours financiers) et des actions d’insertion à plus long terme, comme des ateliers de recherche d’emploi ou des dispositifs d’accompagnement vers le logement. Cette approche globale permet d’apporter une réponse cohérente aux différentes dimensions de la précarité.
En matière de précarité énergétique, phénomène qui touche plus de 5 millions de ménages en France, de nombreux CCAS ont mis en place des dispositifs spécifiques : aides au paiement des factures, médiation avec les fournisseurs d’énergie, conseils pour réduire la consommation, orientation vers les dispositifs d’amélioration de l’habitat, etc. Ces interventions visent à prévenir les coupures d’énergie et à garantir à chacun l’accès à ce bien essentiel.
L’innovation sociale constitue un levier important dans la lutte contre l’exclusion. Face à l’évolution des besoins et à la complexification des situations de précarité, de nombreux CCAS expérimentent de nouvelles formes d’intervention : monnaies locales, plateformes de services civiques, projets d’habitat partagé, initiatives d’économie circulaire, etc. Ces expérimentations, souvent menées en partenariat avec le tissu associatif local, permettent de renouveler les modalités d’action sociale et d’impliquer davantage les bénéficiaires dans la construction des réponses.
La pandémie de COVID-19 a d’ailleurs révélé la capacité d’adaptation et de réactivité des CCAS face aux situations de crise. En quelques semaines, ces structures ont su développer de nouvelles formes d’intervention pour répondre à l’urgence sociale : portage de courses à domicile pour les personnes isolées, distribution de masques, permanences téléphoniques, coordination des initiatives de solidarité, etc. Cette mobilisation exceptionnelle a confirmé le rôle central des CCAS dans la résilience des territoires face aux chocs sociaux.
L’accompagnement des seniors : un axe majeur de l’action des CCAS

L’accompagnement des personnes âgées constitue l’une des missions historiques et fondamentales des Centres Communaux d’Action Sociale. Face au vieillissement de la population française – avec plus de 20% d’habitants âgés de plus de 65 ans en 2025 – les CCAS jouent un rôle déterminant pour favoriser le bien-être des seniors, préserver leur autonomie et prévenir leur isolement social.
L’allocation simple représente l’un des dispositifs spécifiquement destinés aux personnes âgées en situation de précarité. Cette aide, attribuée par l’État mais dont la demande est instruite par le CCAS, s’adresse aux personnes de plus de 65 ans qui ne perçoivent pas ou peu de retraite et ne disposent pas des ressources suffisantes pour financer une aide à domicile. Elle peut prendre la forme d’une allocation financière ou d’une aide matérielle, et vise à garantir des conditions de vie dignes aux seniors les plus vulnérables.
Au-delà de cette aide légale, les CCAS déploient une gamme étendue de services visant à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, conformément au souhait majoritairement exprimé par cette population. L’aide ménagère à domicile constitue l’un des piliers de ce dispositif. Elle permet aux seniors qui éprouvent des difficultés à accomplir les tâches quotidiennes (ménage, courses, préparation des repas, etc.) de bénéficier de l’intervention régulière d’un professionnel à leur domicile.
Pour accéder à ce service, une demande doit être déposée auprès du CCAS, qui évalue l’éligibilité du demandeur en fonction de son âge, de son degré d’autonomie et de ses ressources. Le volume d’heures attribué et la participation financière demandée varient selon ces critères. Pour les personnes aux revenus modestes, une prise en charge partielle ou totale peut être assurée par le département dans le cadre de l’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) ou par les caisses de retraite.
| Service aux seniors | Description | Conditions d’accès |
|---|---|---|
| Allocation simple | Aide financière pour les seniors sans ressources suffisantes | Plus de 65 ans, faibles ressources, absence de retraite |
| Aide ménagère | Intervention à domicile pour les tâches quotidiennes | Difficultés à accomplir les actes essentiels, évaluation du besoin |
| Portage de repas | Livraison de repas équilibrés à domicile | Difficultés à préparer les repas, mobilité réduite |
| Téléassistance | Dispositif d’alerte en cas de chute ou malaise | Personnes isolées, fragilisées ou à risque |
| Animation seniors | Activités collectives, sorties, ateliers | Ouvert à tous les seniors de la commune |
Le portage de repas à domicile représente un autre service essentiel proposé par de nombreux CCAS. Il permet aux personnes âgées qui ne peuvent plus faire leurs courses ou préparer leurs repas de bénéficier de la livraison quotidienne ou hebdomadaire de repas équilibrés, adaptés à leurs besoins nutritionnels et à d’éventuelles contraintes alimentaires (régime sans sel, texture modifiée, etc.). Ce service joue un rôle crucial dans la prévention de la dénutrition, problème fréquent chez les personnes âgées isolées.
Deux modalités principales existent pour ce service : la livraison de repas chauds au domicile par une entreprise ou une association partenaire du CCAS, ou l’accès à un foyer-restaurant où les seniors peuvent prendre leurs repas dans un cadre convivial, favorisant ainsi les interactions sociales. Le tarif de ce service est généralement modulé en fonction des ressources du bénéficiaire, avec des aides possibles pour les personnes aux revenus modestes.
De nombreux CCAS proposent également un service de téléassistance, dispositif permettant aux personnes âgées isolées de donner l’alerte en cas de chute ou de malaise. Un simple médaillon ou bracelet connecté à un centre d’appels permet de contacter rapidement les secours ou un proche en cas de besoin. Ce service, qui peut être partiellement financé par l’APA ou les caisses de retraite, contribue significativement à la sécurisation du maintien à domicile des personnes âgées.




