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    A row of houses displaying solar panels on their rooftops, reflecting sustainable energy practices.
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    Froid dans les logements : en 2025, la précarité énergétique bascule dans le dur

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    Froid dans les logements : en 2025, la précarité énergétique bascule dans le dur

    En 2025, 1,2 million d’interventions pour impayés d’énergie ont eu lieu en France, selon le Médiateur national de l’énergie. Au même moment, environ 12 millions de personnes vivent en situation de précarité énergétique et 35 % des ménages déclarent avoir souffert du froid chez eux au moins 24 heures dans l’année.

    Un pays riche où 35 % des habitants ont froid chez eux

    La statistique qui résume le mieux l’hiver 2024-2025 tient en une phrase : plus d’un tiers des Français disent avoir eu froid chez eux pendant au moins une journée, selon le baromètre énergie-info 2024-2025 du Médiateur national de l’énergie. Sur le site de la Journée contre la Précarité énergétique, la donnée est encore plus brutale : cette part a presque doublé en quatre ans, alors que les températures extérieures, elles, n’ont pas explosé.

    La précarité énergétique touche aujourd’hui environ 12 millions de personnes en France, chiffre repris par plusieurs acteurs dont la Journée contre la Précarité énergétique et des analyses comme Sirenergies. Le ministère de la Transition énergétique et l’Observatoire national de la rénovation énergétique évoquent 4,2 millions de “passoires thermiques” de classes F et G en France métropolitaine. Ces logements fuient la chaleur par les murs, les fenêtres, les toits. Résultat : même avec un chauffage allumé, la température reste basse, ou la facture devient ingérable.

    Le Médiateur de l’énergie indique dans son baromètre 2025 que 36 % des ménages déclarent avoir eu des difficultés à payer leurs factures d’énergie, contre environ 18 % en 2020. La part des foyers qui considèrent que leurs factures d’électricité ou de gaz pèsent lourd dans leur budget atteint 85 %, niveau le plus élevé depuis 2007. Le chauffage n’est plus un poste annexe, il structure le reste des dépenses, comme le loyer ou l’alimentation.

    Les comportements suivent. Selon le même baromètre, autour de 75 % des foyers disent avoir réduit le chauffage pour éviter une facture trop haute. C’est 6 points de plus qu’en 2022. Derrière ces chiffres, il y a des nuits à 16 °C dans la chambre des enfants, des personnes âgées qui restent emmitouflées dans le salon, et des malades chroniques pour qui la température intérieure devient un facteur de santé.

    1,2 million d’interventions pour impayés : ce que cela veut dire concrètement

    Le Médiateur de l’énergie annonce pour 2023 près de 1,2 million d’interventions pour impayés d’énergie. Ce chiffre regroupe des réductions de puissance, des suspensions de fourniture, des interventions sur compteur. Ce ne sont pas 1,2 million de coupures nettes, mais 1,2 million de rappels à l’ordre physiques dans les logements. Pour un ménage, une réduction de puissance signifie parfois que le chauffage électrique disjoncte dès que le four ou la machine à laver démarre.

    Les fournisseurs appuient de plus en plus sur ce levier. La fin progressive du bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz à partir de 2023, les hausses successives des TRV, ont tendu les budgets. L’hiver 2024-2025 a été le premier sans véritable filet tarifaire large. Les factures ont intégré la nouvelle structure des prix, et les ménages fragiles, déjà endettés après deux hivers compliqués, se sont retrouvés face à des relances plus rapides.

    Le médiateur parle aussi d’un recours massif aux dispositifs d’aide, mais avec des limites : certains ménages éligibles au chèque énergie ne l’utilisent pas ou tardent à le faire, des foyers juste au-dessus des plafonds de ressources n’y ont pas droit. Sur le terrain, des associations comme celles mobilisées lors de la Journée contre la Précarité énergétique signalent des situations où les ménages cumulent dettes d’énergie, dettes de loyers et découvert bancaire. L’énergie est la première alerte, le logement suit.

    Dans ce paysage, des acteurs comme Enercoop lancent des campagnes comme “Même pas froid” qui visent à financer des interventions rapides sur les logements (pose de joints, calfeutrage, réparations simples) et à soutenir les ménages dans leurs démarches. Ce type d’action ne remplace pas une rénovation lourde, mais il évite parfois de basculer dans la coupure ou la perte de logement.

    Des passoires thermiques aux politiques publiques : un trou dans la raquette

    La précarité énergétique ne vient pas seulement du prix du kWh. Elle vient du couple revenu/logement. En France, selon l’ONRE, il existe environ 4,2 millions de logements F et G sur l’étiquette DPE. Ces logements consomment souvent deux à trois fois plus d’énergie pour assurer un confort identique à celui d’un logement classé C ou D. Lorsque l’occupant est un ménage modeste, la facture devient un piège.

    L’analyse publiée par Sirenergies rappelle que les politiques publiques s’appuient sur plusieurs leviers : MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie, les aides de l’Anah, les plans sobriété. Le dispositif des Certificats d’économies d’énergie impose aux fournisseurs d’énergie de financer des travaux d’efficacité énergétique chez les particuliers, les entreprises, les collectivités. Sur le papier, le mécanisme pèse plusieurs milliards d’euros par période. Dans la pratique, l’accès reste complexe pour les ménages les plus fragiles, qui n’ont ni trésorerie ni capacité d’anticipation.

    Une étude commandée par EDF et publiée en 2025 sur les tendances d’évolution de la précarité énergétique souligne cette tension : les scénarios montrent que sans accélération forte de la rénovation globale des logements, la précarité énergétique se maintient à un niveau élevé dans la décennie. Les gestes isolés, comme le simple changement de chaudière sans traitement de l’enveloppe, réduisent la facture mais ne suffisent pas pour sortir durablement un ménage de la précarité.

    Sur le volet réglementaire, la politique sur les passoires thermiques vise surtout les bailleurs, avec l’interdiction progressive de louer les logements classés G puis F. Le problème tient au financement des travaux, en particulier pour les petits propriétaires aux revenus modestes. Quand un propriétaire n’a pas les moyens de financer la rénovation, le logement reste dégradé, ou sort du parc locatif. Au bout de la chaîne, le locataire subit le froid ou la pénurie de logements abordables.

    Prix de l’électricité : un marché qui baisse, des factures qui restent élevées

    Autre paradoxe relevé en 2025 : les prix de marché de l’électricité pour 2026 tournent autour de 55 €/MWh, selon les analyses relayées par MySweetImmo, soit à peu près la moitié du niveau retenu par la Commission de régulation de l’énergie pour calculer le tarif réglementé de vente (TRV) 2025, fixé à 103 €/MWh. Le marché de gros a corrigé à la baisse après le pic de la crise énergétique de 2022, mais la transposition dans les factures finales reste lente.

    Quelques offres de fournisseurs alternatifs affichent des remises de l’ordre de -20 % sur le prix du kWh hors taxes par rapport au TRV. Ce décalage crée un écart entre les ménages qui comparent et changent de contrat, et ceux qui restent par inertie chez leur fournisseur historique. Pour un foyer chauffé à l’électricité dans une maison mal isolée, la différence peut atteindre plusieurs centaines d’euros par an.

    Le médiateur rappelle régulièrement que le changement de contrat d’électricité se fait sans coupure, sans frais de résiliation et sans engagement. Pourtant, une part non négligeable de ménages en précarité énergétique ignore ces règles ou craint encore la complexité administrative. Les ménages qui peinent à payer leur facture n’ont pas toujours l’énergie administrative pour éplucher les grilles tarifaires, alors que les plus informés profitent des offres les plus basses.

    Ce décalage rejoint des problématiques que l’on rencontre sur d’autres sujets du quotidien, comme les démarches pour comprendre délais préavis logement ou les conditions de résiliation. La complexité administrative agit comme une barrière invisible. Tant que les dispositifs restent complexes, les économies possibles passent à côté des ménages les plus fragiles.

    Conséquences sanitaires et sociales : le froid n’est pas qu’un inconfort

    Vivre dans un logement froid ne se résume pas à “mettre un pull”. L’Agence nationale de santé publique et plusieurs études internationales lient directement le froid prolongé dans l’habitat à une hausse des maladies respiratoires, des exacerbations de pathologies chroniques (asthme, insuffisance cardiaque) et à une surmortalité hivernale. Les enfants et les personnes âgées sont en première ligne.

    Des travaux du Haut Conseil de la santé publique insistent sur l’impact d’un logement durablement en dessous de 18 °C sur la santé. Pour une personne fragile, une pièce à 15 °C, jour après jour, accroît les infections, aggrave le risque cardiovasculaire et pèse sur la santé mentale. Des associations de terrain rapportent des cas de familles qui ferment certaines pièces, vivent dans une seule chambre chauffée, ou coupent le chauffage la journée pour le rallumer la nuit.

    Ces conditions de vie créent aussi de l’isolement social. Quand on a froid chez soi, on invite moins. On reste sous la couette, on évite les douches longues, on craint chaque courrier du fournisseur d’énergie. Le logement perd son rôle de refuge. Enercoop résume cette situation dans sa campagne “Même pas froid” : le logement, censé protéger du climat extérieur, ne joue plus son rôle de base, il laisse passer le froid l’hiver, la chaleur l’été. Le chiffre de 42 % de Français qui disent avoir souffert de la chaleur dans leur logement en 2024 montre que le problème devient double : froid l’hiver, surchauffe l’été.

    Sortir du froid : solutions réalistes à court et moyen terme

    Face à ce constat, il existe des leviers concrets, à différentes échelles. À l’échelle du ménage, la priorité reste de sécuriser la fourniture d’énergie. Cela passe par le contact précoce avec le fournisseur en cas de difficulté de paiement, l’activation des aides (chèque énergie, aides des collectivités, fonds de solidarité logement), et une vérification du contrat. Avec un marché qui propose parfois des offres à -20 % par rapport au TRV, un changement de contrat peut alléger la facture dès la prochaine échéance.

    Au niveau du logement, des travaux simples, financés via les certificats d’économies d’énergie ou des micro-subventions locales, ont un effet rapide : pose de joints sur les fenêtres, isolation des combles perdus, calfeutrage des portes, réglage correct de la chaudière. Ces gestes ne transforment pas une passoire thermique en bâtiment basse consommation, mais ils gagnent quelques degrés et réduisent la consommation de plusieurs centaines de kWh par an.

    À moyen terme, la vraie sortie de la précarité énergétique passe par des rénovations globales, en particulier pour les 4,2 millions de passoires thermiques. L’enjeu tient au financement, à l’accompagnement et à la capacité des ménages à naviguer dans le maquis d’aides (MaPrimeRénov’, Anah, CEE). L’étude d’EDF sur l’évolution de la précarité énergétique insiste sur l’intérêt de programmes massifs ciblés sur les ménages modestes, avec un accompagnement de bout en bout, depuis l’audit jusqu’à la réception des travaux.

    Le sujet touche enfin au droit au logement décent. Les mêmes questions se posent quand un locataire veut quitter un logement trop froid et doit comprendre délais préavis logement pour partir sans perdre trop d’argent. Un logement qui affiche 14 °C en plein hiver interroge directement la notion de décence, la responsabilité du propriétaire et le rôle des pouvoirs publics.

    La précarité énergétique en 2025 n’est plus une anomalie statistique. C’est une réalité de masse, dans un pays où l’on sait produire de l’électricité à bas carbone mais où des millions de logements fuient la chaleur. Tant que l’on laissera ces passoires ouvertes, les baromètres du Médiateur continueront d’afficher des chiffres en hausse et les interventions pour impayés resteront à des niveaux élevés. Le froid dans les logements est devenu un révélateur social au même titre que le surendettement ou l’accès aux soins. Le traiter comme un sujet secondaire aurait un coût humain bien plus lourd que celui d’une rénovation ambitieuse.

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    Jarod
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    Jarod est journaliste citoyen, engagé dans la couverture d'actualités locales et de sujets sociétaux. Passionné par l'investigation et la transparence, il utilise sa plume pour donner une voix aux événements et aux personnes souvent ignorés par les médias traditionnels.

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