Se retrouver sans logement est une situation dramatique qui peut toucher n’importe qui. Perte d’emploi, séparation, expulsion, sortie d’institution… les causes sont multiples, mais les solutions existent. En France, le droit à un hébergement d’urgence est reconnu par la loi, qui stipule que “toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence”. Pourtant, accéder à ces dispositifs relève souvent du parcours du combattant. Entre appels téléphoniques infructueux, structures saturées et démarches administratives complexes, les personnes en situation de sans-abrisme doivent faire preuve d’une énergie considérable alors même qu’elles traversent une période de grande vulnérabilité. Cet article vous guide à travers les différentes démarches à entreprendre pour obtenir un toit temporaire ou plus durable, selon votre situation personnelle.
Comprendre le système d’hébergement d’urgence en France

Le système d’hébergement d’urgence en France repose sur un principe fondamental inscrit dans le Code de l’action sociale et des familles : toute personne en situation de détresse a droit à un abri. Ce principe d’inconditionnalité de l’accueil est essentiel pour comprendre comment fonctionne ce dispositif, même si dans la réalité, l’application peut se heurter à des contraintes matérielles importantes.
L’organisation de l’hébergement d’urgence s’articule autour de plusieurs acteurs clés qui travaillent en coordination. Au premier rang figure l’État, qui définit la politique nationale à travers la Direction générale de la cohésion sociale. Les préfectures sont ensuite chargées de coordonner les dispositifs au niveau départemental, tandis que les Services Intégrés d’Accueil et d’Orientation (SIAO) constituent la plateforme unique centralisant les demandes d’hébergement.
Les SIAO, véritables pivots du système, sont généralement gérés par des associations comme la Croix-Rouge Française ou le Secours Catholique. Ils coordonnent deux volets essentiels : l’urgence (via le 115) et l’insertion (pour des solutions plus durables). Cette organisation permet théoriquement de fluidifier les parcours entre l’hébergement d’urgence et le logement pérenne.
Le parc d’hébergement d’urgence se compose de différentes structures adaptées aux divers profils et besoins des personnes sans domicile :
- Les Centres d’Hébergement d’Urgence (CHU) offrent un accueil inconditionnel et immédiat
- Les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) proposent un accompagnement social plus complet
- Les pensions de famille (ou maisons-relais) accueillent des personnes isolées en situation d’exclusion
- Les résidences sociales constituent une solution intermédiaire vers le logement autonome
- Les hôtels sociaux sont utilisés en dernier recours, notamment pour les familles
Le financement de ce système repose principalement sur l’État, à travers le programme 177 “Hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables” du budget national. En 2023, ce budget s’élevait à plus de 2,8 milliards d’euros, en augmentation constante ces dernières années face à la croissance des besoins.
Malgré ces moyens, le système fait face à d’importantes difficultés structurelles. La saturation chronique des centres d’hébergement, particulièrement dans les grandes métropoles, entraîne des taux de refus élevés au 115. Selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre, près de 60% des demandes restent sans solution dans certains départements particulièrement tendus.
| Type de structure | Public accueilli | Durée d’accueil | Niveau d’accompagnement |
|---|---|---|---|
| CHU | Tout public en détresse | 1 nuit à quelques semaines | Basique (mise à l’abri) |
| CHRS | Personnes en difficulté sociale | 6 mois renouvelables | Intensif (projet d’insertion) |
| Pension de famille | Personnes isolées, fragilisées | Sans limitation de durée | Présence régulière d’hôtes |
| Résidence sociale | Personnes à faibles revenus | Quelques mois à 2 ans | Accompagnement léger |
| Hôtel social | Surtout familles | Variable | Minimal |
La question de la saisonnalité est également cruciale dans la gestion de l’hébergement d’urgence. Pendant la période hivernale, des places supplémentaires sont ouvertes dans le cadre du “plan hiver”, mais cette logique saisonnière est de plus en plus critiquée. Les associations comme Les Restos du Cœur ou L’Armée du Salut militent pour une pérennisation des places d’hébergement tout au long de l’année, afin d’éviter les remises à la rue brutales au printemps.
Comprendre ce système complexe est la première étape pour savoir comment y accéder en cas de besoin. Il est important de noter que malgré ses imperfections, ce dispositif constitue un filet de sécurité essentiel pour les personnes en situation de grande précarité, et que de nombreux acteurs travaillent quotidiennement à son amélioration.
Les différents types d’hébergements d’urgence disponibles
Face à la diversité des situations de sans-abrisme, le système français a développé une palette variée de solutions d’hébergement d’urgence. Chacune répond à des besoins spécifiques et s’inscrit dans un parcours qui vise, idéalement, à conduire vers un logement stable et autonome.
Les Centres d’Hébergement d’Urgence (CHU) constituent la première porte d’entrée dans le dispositif. Ils offrent un accueil inconditionnel, immédiat et de courte durée. Ces structures proposent généralement des services de base : un lit, des sanitaires, parfois un repas et un accompagnement social minimal. Les CHU fonctionnent souvent selon le principe de “remise à la rue” le matin, obligeant les personnes à quitter les lieux après le petit-déjeuner et à y revenir le soir pour une nouvelle admission.
Certaines structures comme le Café Reconnaissance à Grenoble ou les accueils de jour gérés par Emmaüs permettent aux personnes sans abri de passer la journée dans un lieu chauffé, de prendre une douche, de laver leur linge ou de recharger leur téléphone portable. Ces espaces constituent des relais essentiels entre deux nuits d’hébergement d’urgence.
Pour les séjours plus longs et un accompagnement social renforcé, les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) représentent une solution adaptée. Ces établissements accueillent des personnes ou des familles en grande difficulté pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois, renouvelable selon l’évolution de la situation. L’objectif est d’accompagner ces personnes vers l’autonomie à travers un projet personnalisé : recherche d’emploi, gestion administrative, accès aux soins, etc.
Les résidences sociales constituent une étape intermédiaire entre l’hébergement d’urgence et le logement autonome. Elles proposent des logements temporaires meublés à des personnes en difficulté sociale et/ou économique, mais disposant d’une certaine autonomie. Le séjour y est généralement limité à deux ans, période pendant laquelle les résidents sont accompagnés dans leur recherche d’un logement pérenne.
Pour les personnes très isolées et fragiles, qui ne peuvent pas accéder à un logement autonome même avec un accompagnement, les pensions de famille (ou maisons-relais) offrent une solution de logement durable en petite structure. Ces établissements combinent des logements privatifs et des espaces collectifs, avec la présence d’hôtes qui assurent l’animation et la régulation de la vie quotidienne.
- Les centres maternels accueillent spécifiquement les femmes enceintes et les mères isolées avec enfants de moins de trois ans
- Les CADA (Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) hébergent les personnes en procédure de demande d’asile
- Les LAM (Lits d’Accueil Médicalisés) et LHSS (Lits Halte Soins Santé) sont destinés aux personnes sans domicile dont l’état de santé nécessite des soins
- Les FJT (Foyers de Jeunes Travailleurs) accueillent les jeunes de 16 à 25 ans en situation d’insertion professionnelle
En cas de saturation de ces dispositifs, notamment pour les familles avec enfants, le recours à l’hébergement hôtelier reste une solution de dernier recours. Si cette option garantit un toit, elle présente de nombreux inconvénients : absence d’espace pour cuisiner, promiscuité, difficulté d’accès aux services sociaux, etc. En 2022, plus de 50 000 personnes, dont une majorité de familles avec enfants, étaient hébergées à l’hôtel selon la Fondation Abbé Pierre.
| Type d’hébergement | Avantages | Inconvénients | Modalités d’accès |
|---|---|---|---|
| CHU | Accès immédiat, inconditionnel | Séjour court, remise à la rue le matin | Via le 115 principalement |
| CHRS | Accompagnement social renforcé | Places limitées, délai d’attente | Via le SIAO insertion |
| Pension de famille | Stabilité, vie communautaire | Nombre très limité de places | Orientation par travailleur social |
| Hôtel social | Solution rapide pour familles | Conditions inadaptées à long terme | 115 ou services sociaux |
| CADA | Accompagnement spécialisé | Réservé aux demandeurs d’asile | Via l’OFII après demande d’asile |
Face à ces différentes options, l’orientation vers le dispositif le plus adapté est théoriquement assurée par les SIAO. Cependant, la réalité de terrain montre que l’accès à ces places d’hébergement est souvent complexe, avec des critères de priorisation qui peuvent varier selon les territoires et la disponibilité effective des places.
Dans ce contexte, les associations comme l’Association Goutte d’Eau jouent un rôle crucial d’accompagnement et d’orientation des personnes vers les dispositifs les plus adaptés à leur situation. Leur connaissance fine du terrain leur permet souvent de trouver des solutions alternatives quand les dispositifs institutionnels sont saturés.
Contacter le 115 : première démarche en cas d’urgence

Le 115 constitue la porte d’entrée principale dans le dispositif d’hébergement d’urgence en France. Ce numéro d’urgence sociale, gratuit et accessible 24h/24 et 7j/7, est géré dans chaque département par le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO). Première démarche à effectuer pour toute personne se retrouvant à la rue, ce service remplit plusieurs missions essentielles.
Lorsqu’une personne contacte le 115, l’écoutant social procède à une évaluation de sa situation. Cette première analyse prend en compte plusieurs facteurs : l’urgence de la situation, la vulnérabilité de la personne (âge, état de santé, présence d’enfants…), ses ressources, son parcours antérieur et ses besoins spécifiques. Sur la base de cette évaluation, une orientation vers la solution d’hébergement la plus adaptée sera proposée, en fonction des disponibilités.
L’une des difficultés majeures du 115 réside dans sa saturation chronique, particulièrement dans les grandes agglomérations. De nombreux appelants témoignent de longues attentes, parfois supérieures à une heure, avant d’obtenir un interlocuteur. Cette situation est aggravée pendant la période hivernale, où le nombre d’appels augmente considérablement.
Pour maximiser ses chances d’obtenir une place d’hébergement via le 115, plusieurs éléments sont à prendre en compte :
- Appeler de préférence tôt dans la journée, idéalement avant 16h, car les places se remplissent rapidement
- Être précis dans la description de sa situation et de ses besoins
- Mentionner tout élément de vulnérabilité particulière (problèmes de santé, grossesse, âge avancé, enfants en bas âge)
- Rester joignable après l’appel, au cas où une place se libérerait ultérieurement
- Si possible, indiquer un lieu précis où vous vous trouvez pour faciliter l’orientation
Le 115 ne se contente pas d’orienter vers les centres d’hébergement. En fonction des besoins identifiés et des ressources disponibles sur le territoire, les écoutants peuvent également diriger les personnes vers d’autres services : distributions alimentaires, accueils de jour, bains-douches municipaux, consultations médicales gratuites, etc. Des associations comme Les Restos du Cœur ou le Secours Catholique travaillent en étroite collaboration avec le 115 pour offrir ces services complémentaires.
Une question fréquente concerne la possibilité d’être hébergé avec son animal de compagnie. Longtemps considérée comme un obstacle, cette problématique est aujourd’hui mieux prise en compte. De plus en plus de centres d’hébergement acceptent les animaux, ou disposent d’équipements adaptés (chenils attenants). Il est important de mentionner la présence d’un animal dès le premier appel au 115 pour être orienté vers une structure adaptée.
| Profil de l’appelant | Priorité d’accès | Type d’hébergement proposé | Alternatives en cas de saturation |
|---|---|---|---|
| Femme enceinte/avec enfants | Très haute | Centre maternel ou hôtel | Orientation vers CCAS ou associations |
| Personne âgée (+ de 60 ans) | Haute | CHU adapté, parfois EHPAD d’urgence | Maraudes spécialisées |
| Jeune 18-25 ans | Moyenne à haute | FJT ou CHU jeunes | Structures associatives spécialisées |
| Homme seul 25-60 ans | Basse à moyenne | CHU classique | Accueils de nuit, abris de fortune |
| Personne avec animal | Variable | CHU acceptant les animaux | Maraudes avec vétérinaires |
Le Samu Social, souvent associé au 115, désigne les équipes mobiles qui vont à la rencontre des personnes sans abri dans l’espace public. Ces maraudes, composées de travailleurs sociaux, parfois accompagnés de médecins ou d’infirmiers, peuvent être contactées via le 115. Elles jouent un rôle essentiel dans le repérage et l’accompagnement des personnes les plus désocialisées, qui ne font pas d’elles-mêmes la démarche d’appeler le numéro d’urgence.
Si le 115 ne parvient pas à proposer une solution d’hébergement, notamment en période de forte tension, il est recommandé de renouveler son appel quotidiennement. Cette persistance permet non seulement de tenter d’obtenir une place qui se serait libérée, mais aussi de documenter les refus, élément important pour faire valoir ultérieurement ses droits, notamment dans le cadre d’un recours DALO (Droit Au Logement Opposable).
Il est également important de noter que le 115 n’est pas un numéro d’urgence médicale. En cas de danger immédiat pour une personne sans abri (hypothermie, malaise, etc.), c’est le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers) qu’il convient d’appeler en priorité. Ces services peuvent ensuite, si nécessaire, contacter le 115 pour la recherche d’un hébergement après la prise en charge médicale.
Comment se préparer à l’appel et maximiser ses chances d’obtenir une place
Contacter le 115 peut sembler simple, mais cette démarche requiert une préparation minutieuse pour augmenter ses chances d’obtenir une solution d’hébergement. Dans un contexte de saturation chronique des dispositifs, chaque détail compte pour se démarquer parmi les nombreux appelants quotidiens.
Avant même de composer le numéro, rassemblez les informations essentielles qui vous seront demandées. L’écoutant social aura besoin de connaître précisément votre identité (nom, prénom, date de naissance), votre situation administrative (possession de papiers d’identité, titre de séjour éventuel), votre situation familiale (personne seule, en couple, avec enfants) et le lieu exact où vous vous trouvez au moment de l’appel. Cette préparation vous évitera de chercher ces informations pendant l’appel et fluidifiera l’échange.
Le moment de l’appel est également déterminant. Les professionnels de terrain recommandent d’appeler tôt le matin, idéalement entre 8h et 10h, lorsque les places libérées du jour sont recensées. En période hivernale particulièrement, les places se remplissent très rapidement. Évitez si possible les appels en fin d’après-midi ou en soirée, moments où le service est généralement saturé et où les chances d’obtenir une place sont significativement réduites.
La manière de présenter votre situation est cruciale. Sans dramatiser artificiellement, soyez précis sur les éléments de vulnérabilité qui justifient un hébergement d’urgence. Par exemple, mentionnez clairement si vous souffrez d’une maladie chronique, si vous suivez un traitement médical régulier, si vous êtes victime de violences, ou si vous vous trouvez dans une zone isolée ou dangereuse. Ces facteurs peuvent vous placer plus haut dans l’ordre de priorité des attributions.
Voici une liste d’éléments à mentionner prioritairement lors de votre appel :
- Présence d’enfants mineurs ou d’une femme enceinte dans votre groupe
- Problèmes de santé nécessitant un suivi régulier (diabète, épilepsie, problèmes cardiaques…)
- Traitement médical en cours nécessitant des conditions adéquates (conservation au frais, prise à heures fixes…)
- Situation de handicap physique ou mental
- Âge avancé ou grande jeunesse (moins de 25 ans)
- Exposition récente à des violences (agression, violences conjugales…)
- Conditions météorologiques extrêmes (grand froid, canicule)
- Épuisement des solutions d’hébergement chez des tiers
La persistance est également un facteur clé. Face à un refus initial, ne vous découragez pas. Demandez à l’écoutant social quelles sont les alternatives possibles : accueils de jour, distributions alimentaires, bagageries, etc. Ces services complémentaires peuvent vous permettre de tenir jusqu’à l’obtention d’une place d’hébergement. N’hésitez pas à demander également si vous pouvez être inscrit sur une liste d’attente en cas de désistement.
Si vous disposez d’un téléphone portable, assurez-vous qu’il est suffisamment chargé et que vous disposez de crédit pour recevoir des appels. Le 115 peut vous recontacter ultérieurement si une place se libère, mais cette opportunité sera perdue si vous n’êtes pas joignable. Certaines associations comme l’APARDAP ou la Croix-Rouge Française mettent à disposition des chargeurs ou des téléphones d’urgence pour les personnes sans abri.
| Ce qu’il faut faire | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|
| Appeler tôt le matin | Appeler uniquement en soirée |
| Être précis sur sa situation | Donner des informations contradictoires |
| Mentionner tous les facteurs de vulnérabilité | Exagérer sa situation |
| Rester calme et courtois | S’énerver face à un refus |
| Demander des alternatives | Raccrocher sans information complémentaire |
| Rappeler régulièrement | Abandonner après un seul essai |
| Rester joignable | Éteindre son téléphone après l’appel |
Si vous êtes accompagné d’un animal de compagnie, mentionnez-le dès le début de l’appel. Bien que cela puisse réduire le nombre de places disponibles, dissimuler cette information pourrait conduire à un refus d’admission une fois sur place. De plus en plus de structures comme celles gérées par Emmaüs s’adaptent à cette réalité et proposent des solutions pour les personnes avec animaux.
Enfin, si vous êtes accompagné par un travailleur social (CCAS, association, hôpital…), sollicitez son aide pour l’appel au 115. Son intervention professionnelle peut faciliter l’obtention d’une place. Certains travailleurs sociaux disposent d’ailleurs de lignes directes ou de procédures spécifiques pour les orientations vers l’hébergement d’urgence, ce qui peut considérablement accélérer le processus.
N’oubliez pas que le 115 est un service public qui doit répondre à toute personne en situation de détresse. Si vous estimez que votre demande n’a pas été correctement traitée, vous pouvez signaler cette situation auprès du Défenseur des droits ou des associations spécialisées comme la Fondation Abbé Pierre, qui dispose d’un service juridique dédié aux problématiques de mal-logement.
Le rôle des Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS)

Les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) constituent un maillon essentiel dans le dispositif d’aide aux personnes sans abri. Présents dans pratiquement toutes les communes de France, ces établissements publics jouent un rôle de proximité déterminant dans l’accès à l’hébergement d’urgence et plus largement dans l’accompagnement social des personnes en situation de précarité.
Chaque CCAS dépend directement de sa municipalité, avec le maire qui en est président de droit. Cette organisation garantit un ancrage territorial fort et une connaissance fine des problématiques locales. Le conseil d’administration du CCAS réunit des élus municipaux et des représentants associatifs, créant ainsi un pont entre l’action publique et les initiatives de la société civile en matière de solidarité.
En matière d’hébergement d’urgence, les CCAS assument plusieurs missions complémentaires. D’abord, ils constituent souvent un point d’accueil physique pour les personnes sans abri, offrant une alternative humaine au 115, parfois difficile à joindre. Les travailleurs sociaux du CCAS peuvent réaliser une première évaluation de la situation et orienter la personne vers les dispositifs adaptés.
Certains CCAS, notamment dans les grandes villes, gèrent directement des structures d’hébergement d’urgence ou des logements temporaires. À Lyon, Paris ou Marseille par exemple, les CCAS disposent de places réservées qu’ils peuvent attribuer directement aux personnes qu’ils accompagnent. Cette gestion directe permet une réactivité accrue face aux situations d’urgence.
Les CCAS peuvent également délivrer des aides financières ponctuelles qui, sans régler directement la question de l’hébergement, permettent d’éviter que certaines personnes ne se retrouvent à la rue. Ces aides peuvent prendre la forme de :
- Participation au paiement d’un loyer en retard pour éviter une expulsion
- Prise en charge de nuitées d’hôtel en cas d’urgence
- Aide au paiement des fluides (électricité, gaz) pour maintenir le logement habitable
- Participation aux frais de déménagement pour accéder à un logement moins onéreux
- Aide à la constitution du dépôt de garantie pour un nouveau logement
Au-delà de ces interventions directes, les CCAS jouent un rôle d’interface avec les autres acteurs de l’hébergement d’urgence. Ils travaillent en étroite collaboration avec les Services Intégrés d’Accueil et d’Orientation (SIAO), les associations comme la Croix-Rouge Française ou le Secours Catholique, et les bailleurs sociaux du territoire.
Cette position de carrefour leur permet de mobiliser des solutions innovantes, comme les dispositifs d’intermédiation locative où le CCAS peut se porter garant pour faciliter l’accès au logement privé.




