Les études supérieures représentent souvent un investissement conséquent pour les étudiants et leurs familles. Entre frais de scolarité, logement, alimentation et déplacements, le budget étudiant peut rapidement se retrouver sous pression. Face à cette réalité, le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) a développé un éventail complet d’aides financières adaptées aux différentes situations. Ces dispositifs, accessibles tant aux boursiers qu’aux non-boursiers, visent à garantir l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur. Alors que la précarité étudiante reste une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics, comprendre et exploiter ces ressources devient essentiel pour mener sereinement ses études.
Les bourses sur critères sociaux : pilier du soutien financier étudiant

La bourse sur critères sociaux constitue l’aide financière la plus connue du CROUS. Elle s’adresse principalement aux étudiants issus de familles aux revenus modestes. Cette aide financière représente un levier essentiel pour démocratiser l’accès aux études supérieures et permettre à chacun de poursuivre son parcours académique sans que les contraintes financières ne deviennent un obstacle insurmontable.
Le principe de cette bourse repose sur une évaluation précise de la situation financière familiale. Les ressources des parents, le nombre d’enfants à charge dans le foyer fiscal et la distance entre le domicile familial et l’établissement d’études sont des critères déterminants dans le calcul du montant attribué. Ce système d’échelons, allant de 0 bis à 7, permet d’adapter l’aide au plus près des besoins réels de l’étudiant.
Pour l’année universitaire 2024-2025, les montants annuels varient considérablement selon l’échelon attribué. Un étudiant relevant de l’échelon 0 bis percevra environ 1.454 euros annuels, tandis qu’un étudiant à l’échelon 7 pourra bénéficier jusqu’à 6.335 euros pour l’année. Ces sommes sont généralement versées sur 10 mois, de septembre à juin, offrant ainsi un complément de revenu mensuel stable.
La procédure de demande s’effectue exclusivement en ligne via le Dossier Social Étudiant (DSE) disponible sur le site messervices.etudiant.gouv.fr. Cette démarche doit impérativement être effectuée entre le 20 janvier et le 15 mai précédant la rentrée universitaire concernée. Un retard dans cette démarche peut entraîner une réduction du montant perçu, voire une impossibilité d’obtenir l’aide.
| Échelon | Montant annuel | Versement mensuel (sur 10 mois) | Critères principaux |
|---|---|---|---|
| 0 bis | 1.454€ | 145,40€ | Situation modeste avec ressources légèrement supérieures au plafond |
| 1 | 2.375€ | 237,50€ | Ressources limitées |
| 2 | 3.071€ | 307,10€ | Difficultés financières accrues |
| 3 | 3.770€ | 377,00€ | Situation précaire |
| 4 | 4.469€ | 446,90€ | Précarité importante |
| 5 | 5.166€ | 516,60€ | Très faibles ressources |
| 6 | 5.494€ | 549,40€ | Situation de grande précarité |
| 7 | 6.335€ | 633,50€ | Autonomie financière totale nécessaire |
La bourse d’études basée sur des critères socio-économiques s’accompagne également d’avantages complémentaires significatifs. Les étudiants boursiers sont notamment exonérés des frais d’inscription universitaires et de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC). Ils bénéficient également d’un accès prioritaire aux logements CROUS, dont les loyers sont généralement inférieurs aux prix du marché privé.
Il est important de noter que cette bourse est conditionnée à une assiduité aux cours et aux examens. Des contrôles réguliers sont effectués par les établissements, et une absence injustifiée peut entraîner la suspension du versement, voire le remboursement des sommes déjà perçues. Cette condition vise à responsabiliser les étudiants bénéficiaires et à garantir l’efficacité du dispositif.
En complément de la bourse sur critères sociaux, certains étudiants peuvent également prétendre à la bourse au mérite, attribuée aux bacheliers ayant obtenu une mention “Très bien” au baccalauréat. D’un montant de 900 euros annuels, versés en neuf mensualités de 100 euros, cette aide vient récompenser l’excellence académique et encourager la poursuite d’études supérieures.
Dispositifs de cumul des aides financières pour maximiser le soutien
L’un des aspects méconnus du système d’aides du CROUS réside dans les possibilités de cumul entre différents dispositifs. Cette approche permet d’adapter le soutien financier à la complexité de chaque situation étudiante, en combinant plusieurs sources de financement pour répondre à des besoins spécifiques.
La bourse sur critères sociaux peut ainsi être cumulée avec plusieurs autres aides, notamment :
- La bourse au mérite pour les bacheliers mention “Très bien”
- L’aide à la mobilité Parcoursup qui facilite le changement d’académie après le baccalauréat
- L’aide à la mobilité internationale pour les séjours d’études à l’étranger
- Les aides ponctuelles d’urgence en cas de difficulté financière imprévue
- Certaines aides régionales spécifiques selon le territoire d’études
Cette possibilité de cumul répond à la diversité des situations rencontrées par les étudiants. Par exemple, un étudiant boursier souhaitant effectuer un semestre à l’étranger pourra combiner sa bourse sur critères sociaux avec l’aide à la mobilité internationale, couvrant ainsi à la fois ses frais de subsistance habituels et les coûts supplémentaires liés à son séjour à l’étranger.
Cependant, certaines restrictions s’appliquent. L’allocation spécifique annuelle, destinée aux étudiants en grande difficulté, n’est pas cumulable avec la bourse sur critères sociaux. Ces deux aides répondent en effet à des objectifs similaires et s’adressent à des publics qui se recoupent partiellement.
Pour optimiser ces possibilités de cumul, il est vivement recommandé aux étudiants de consulter un assistant social du CROUS. Ce professionnel pourra réaliser un diagnostic complet de leur situation et les orienter vers l’ensemble des dispositifs auxquels ils peuvent prétendre, maximisant ainsi le soutien financier disponible. Ce accompagnement personnalisé constitue un atout majeur pour naviguer efficacement dans le système d’aides, parfois complexe à appréhender dans sa globalité.
Les aides à la mobilité : soutenir les étudiants en déplacement

La mobilité géographique représente un défi majeur pour de nombreux étudiants, qu’il s’agisse de s’installer dans une nouvelle région après le baccalauréat, de changer d’académie pour un master ou d’effectuer un séjour d’études à l’international. Conscient de ces enjeux, le CROUS a développé un ensemble d’aides spécifiques visant à faciliter ces transitions et à lever les obstacles financiers qui pourraient limiter les ambitions académiques.
L’aide à la mobilité Parcoursup constitue le premier niveau de ce dispositif. D’un montant forfaitaire de 500 euros, elle s’adresse aux bacheliers boursiers qui acceptent une formation hors de leur académie d’origine via la plateforme Parcoursup. Cette aide, versée en une seule fois, permet de couvrir partiellement les frais de déménagement, d’installation ou de transport liés à ce changement géographique. Pour en bénéficier, l’étudiant doit avoir été boursier pendant sa dernière année de lycée et effectuer sa demande en ligne sur le portail messervices.etudiant.gouv.fr.
Dans la continuité du parcours universitaire, l’aide à la mobilité en master s’adresse aux étudiants boursiers qui, après l’obtention de leur licence, s’inscrivent dans un master situé dans une région académique différente. D’un montant de 1.000 euros, cette aide vise à encourager la poursuite d’études dans des filières spécialisées, parfois disponibles uniquement dans certaines universités. La demande s’effectue également via le portail numérique des services étudiants.
La dimension internationale n’est pas en reste avec l’aide à la mobilité internationale, destinée aux étudiants qui effectuent un séjour d’études ou un stage à l’étranger dans le cadre de leur cursus universitaire. Cette aide mensuelle de 400 euros peut être perçue pour une durée allant de 2 à 9 mois. Elle vient compléter d’autres dispositifs comme les bourses Erasmus+ pour les séjours en Europe, permettant ainsi de couvrir plus efficacement le surcoût lié à la vie à l’étranger.
| Type d’aide à la mobilité | Montant | Conditions d’éligibilité | Procédure de demande |
|---|---|---|---|
| Aide à la mobilité Parcoursup | 500€ (versement unique) | – Être boursier en terminale – Accepter une formation hors de son académie d’origine | Demande en ligne sur messervices.etudiant.gouv.fr |
| Aide à la mobilité en master | 1.000€ (versement unique) | – Être boursier – Changer de région académique entre la licence et le master | Demande en ligne sur messervices.etudiant.gouv.fr |
| Aide à la mobilité internationale | 400€ par mois (2 à 9 mois) | – Être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur français – Effectuer un séjour d’études ou un stage à l’étranger | Dossier à retirer auprès du service des relations internationales de l’établissement |
Pour les étudiants ultramarins, des dispositifs complémentaires existent pour tenir compte de l’éloignement géographique particulier. Le CROUS collabore notamment avec LADOM (l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité) pour faciliter la prise en charge des billets d’avion entre les territoires ultramarins et la métropole. De plus, les bourses sur critères sociaux sont maintenues pendant les vacances d’été pour ces étudiants, reconnaissant l’impossibilité ou le coût prohibitif d’un retour dans leur région d’origine.
Ces aides à la mobilité s’intègrent dans une politique plus large visant à favoriser la circulation des étudiants entre les différents pôles universitaires, nationaux et internationaux. Elles contribuent à l’enrichissement des parcours académiques et à l’ouverture culturelle, tout en garantissant que les contraintes financières ne constituent pas un frein à ces expériences formatives.
Pour maximiser l’efficacité de ces dispositifs, le CROUS recommande d’anticiper les démarches, certaines aides nécessitant d’être sollicitées plusieurs mois avant le déplacement prévu. Cette planification permet d’assurer la disponibilité des fonds au moment où ils seront nécessaires, facilitant ainsi la transition géographique et l’adaptation au nouvel environnement d’études.
Spécificités des aides pour les séjours d’études à l’étranger
L’internationalisation des parcours universitaires constitue un enjeu majeur pour les établissements d’enseignement supérieur français. Face à cette réalité, le CROUS a développé des mécanismes de soutien spécifiques pour les étudiants souhaitant effectuer une partie de leur cursus à l’étranger. Ces dispositifs visent à démocratiser l’accès à la mobilité internationale, souvent perçue comme réservée aux étudiants disposant de ressources financières confortables.
L’aide à la mobilité internationale du CROUS se distingue par sa complémentarité avec d’autres programmes de financement. Pour les destinations européennes, elle peut ainsi s’articuler avec le programme Erasmus+, permettant de constituer une enveloppe financière plus conséquente. Pour les destinations hors Europe, elle représente souvent le principal soutien institutionnel disponible, compensant partiellement l’absence de dispositifs aussi structurés que pour l’espace européen.
Les modalités d’attribution de cette aide reposent sur un système de contingentement par établissement. Chaque université ou école dispose d’un quota de mensualités à distribuer parmi ses étudiants candidats à la mobilité. Cette organisation implique une sélection interne à l’établissement, généralement basée sur l’excellence académique et la pertinence du projet de mobilité. Il est donc crucial pour les étudiants intéressés de présenter un dossier solide, mettant en valeur tant leurs résultats que la cohérence de leur projet avec leur parcours global.
Pour bénéficier de cette aide, l’étudiant doit obligatoirement :
- Être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur français
- Préparer un diplôme national relevant du ministère de l’Enseignement supérieur
- Suivre une formation à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échanges ou effectuer un stage international
- Voir sa période de mobilité validée dans son cursus par l’obtention de crédits ECTS
- Respecter une durée de séjour comprise entre 2 et 9 mois consécutifs
Le montant mensuel de 400 euros peut sembler modeste face aux coûts réels d’un séjour à l’étranger, particulièrement dans les destinations où le coût de la vie est élevé (pays scandinaves, Japon, Australie, etc.). C’est pourquoi le CROUS encourage vivement les étudiants à combiner cette aide avec d’autres sources de financement : bourses régionales, programmes d’excellence, soutiens d’institutions privées ou de fondations.
Un aspect particulièrement intéressant concerne le maintien de la bourse sur critères sociaux pendant la période de mobilité. Contrairement à certaines idées reçues, un séjour d’études à l’étranger n’entraîne pas la suspension de cette aide fondamentale, à condition que la formation suivie soit reconnue par l’établissement d’origine. Cette continuité garantit une base financière stable, à laquelle viennent s’ajouter les aides spécifiques à la mobilité.
Pour les étudiants en situation de handicap, des dispositifs complémentaires existent pour prendre en charge les surcoûts liés à l’adaptation des conditions d’études et de vie à l’étranger. Ces aides spécifiques, gérées conjointement par le CROUS et les services des relations internationales des établissements, visent à garantir l’égalité des chances dans l’accès à la mobilité internationale.
Les aides spécifiques d’urgence : répondre aux situations de précarité

Face aux situations de précarité ou aux difficultés financières soudaines que peuvent rencontrer les étudiants, le CROUS a mis en place un système d’aides spécifiques d’urgence. Ces dispositifs se déclinent en deux formats principaux : l’aide ponctuelle pour répondre à des difficultés momentanées, et l’allocation annuelle destinée aux situations plus durables nécessitant un accompagnement prolongé.
L’aide spécifique ponctuelle constitue une réponse rapide aux difficultés passagères qui peuvent compromettre la poursuite d’études. Qu’il s’agisse d’une panne d’ordinateur pour un étudiant en distanciel, d’un loyer impayé risquant d’entraîner une expulsion, ou de frais médicaux non couverts par l’assurance maladie, cette aide permet d’éviter que des accidents de parcours ne se transforment en obstacles insurmontables.
Le montant de cette aide peut atteindre 3.071 euros, soit l’équivalent de l’échelon 2 des bourses sur critères sociaux. Dans des cas exceptionnels, plusieurs aides ponctuelles peuvent être accordées au cours d’une même année universitaire, sans toutefois dépasser un plafond cumulé de 6.142 euros. Cette flexibilité permet d’adapter le soutien à la gravité et à la récurrence des difficultés rencontrées.
Pour les situations plus structurelles, l’allocation spécifique annuelle offre un accompagnement financier régulier tout au long de l’année universitaire. Elle s’adresse principalement aux étudiants qui rencontrent des difficultés pérennes et qui ne peuvent pas bénéficier de la bourse sur critères sociaux pour des raisons spécifiques : rupture familiale avérée, indépendance financière, reprise d’études au-delà de 28 ans, ou encore prolongation d’études au-delà du 7ème droit à bourse.
Cette allocation, versée mensuellement pendant 6 à 10 mois selon les cas, peut aller de 1.454 euros à 6.335 euros sur l’année universitaire. Son montant est déterminé en fonction de la situation particulière de l’étudiant, suivant une grille d’évaluation similaire à celle des bourses sur critères sociaux. Cette approche personnalisée permet d’offrir un soutien adapté à chaque situation individuelle.
| Type d’aide spécifique | Public concerné | Montant maximal | Situations typiques couvertes |
|---|---|---|---|
| Aide ponctuelle | Tout étudiant en difficulté financière temporaire | 3.071€ par aide 6.142€ cumulés sur l’année | – Achat urgent de matériel pédagogique – Impayé de loyer – Frais médicaux non remboursés – Réparations essentielles |
| Allocation annuelle | Étudiants en difficulté durable ne pouvant bénéficier de la bourse sur critères sociaux | De 1.454€ à 6.335€ par an | – Rupture familiale – Indépendance financière avérée – Reprise d’études tardive – Situation particulière non couverte par les dispositifs classiques |
La demande d’aide spécifique d’urgence suit un processus rigoureux, garantissant à la fois la rapidité de traitement et l’évaluation précise des besoins. La première étape consiste à prendre rendez-vous avec un assistant social du CROUS. Ce professionnel réalise un entretien approfondi pour cerner la situation globale de l’étudiant, au-delà des seules difficultés financières. Cette approche holistique permet d’identifier d’éventuels problèmes connexes et d’orienter si nécessaire vers d’autres services d’accompagnement.
Suite à cet entretien, l’assistant social constitue un dossier qui sera présenté à la commission d’attribution des aides d’urgence. Cette instance, qui se réunit régulièrement et peut être convoquée exceptionnellement en cas d’urgence absolue, évalue chaque situation individuellement. La décision tient compte non seulement de la gravité des difficultés financières, mais aussi du projet d’études, de l’assiduité aux cours et de l’engagement de l’étudiant dans la recherche de solutions durables.
L’un des atouts majeurs de ces aides spécifiques réside dans leur souplesse et leur capacité à s’adapter à des situations qui échappent aux critères standardisés des bourses classiques. Elles constituent ainsi un filet de sécurité essentiel pour les étudiants confrontés à des parcours atypiques ou à des accidents de vie.
Ces dispositifs ont connu une sollicitation accrue depuis la crise sanitaire de 2020, qui a fragilisé de nombreux étudiants en supprimant des opportunités de jobs étudiants et en complexifiant les conditions d’études. Face à cette demande croissante, le CROUS a renforcé ses équipes d’assistants sociaux et simplifié certaines procédures pour accélérer le traitement des demandes les plus urgentes.
Le rôle des assistants sociaux dans l’attribution des aides d’urgence
Au cœur du dispositif d’attribution des aides spécifiques d’urgence se trouvent les assistants sociaux du CROUS. Ces professionnels jouent un rôle déterminant qui va bien au-delà de la simple instruction administrative des demandes. Ils constituent véritablement la première ligne d’accueil et d’évaluation des situations de précarité étudiante, apportant une dimension humaine essentielle à ce processus d’aide.
L’entretien avec l’assistant social représente une étape cruciale dans l’accès aux aides d’urgence. Ce temps d’échange privilégié permet d’établir un diagnostic social complet, prenant en compte l’ensemble des facteurs qui peuvent influencer la situation de l’étudiant :
- La situation financière immédiate et ses perspectives d’évolution
- Le contexte familial et les possibilités de soutien par l’entourage
- La situation académique et les projets d’études à court et moyen terme
- Les conditions de logement et leur impact sur la capacité à étudier sereinement
- L’état de santé physique et psychologique, souvent négligé mais déterminant
- Les démarches déjà entreprises auprès d’autres organismes d’aide
Cette approche globale permet d’identifier les causes profondes des difficultés rencontrées et de proposer des solutions adaptées, qui peuvent aller au-delà de la seule aide financière. En effet, les assistants sociaux du CROUS disposent d’une connaissance approfondie de l’écosystème des aides sociales et peuvent orienter les étudiants vers d’autres dispositifs complémentaires : aides de la CAF, épiceries solidaires, consultations psychologiques gratuites, ou encore dispositifs spécifiques aux collectivités locales.
Le rôle de l’assistant social ne s’arrête pas à l’évaluation initiale. Il assure également un suivi dans la durée, particulièrement pour les bénéficiaires de l’allocation annuelle. Ces rencontres régulières permettent d’adapter le soutien à l’évolution de la situation et d’accompagner l’étudiant dans la construction de solutions durables à ses difficultés. Cette dimension d’accompagnement social constitue une valeur ajoutée considérable par rapport à un simple système d’attribution automatisé d’aides financières.
La présentation du dossier devant la commission d’attribution constitue une autre facette importante du travail de l’assistant social. En tant que rapporteur de la situation, il apporte un éclairage nuancé et contextualisé qui dépasse les simples éléments factuels du dossier. Cette médiation humaine permet souvent une compréhension plus fine des enjeux propres à chaque situation et favorise des décisions adaptées aux besoins réels.
Au-delà de leur rôle individuel auprès des étudiants, les assistants sociaux du CROUS jouent également un rôle d’alerte et d’observatoire des nouvelles formes de précarité étudiante. Leur expérience de terrain et leur contact quotidien avec les réalités vécues leur permettent d’identifier des problématiques émergentes et de contribuer à l’adaptation des politiques d’aide sociale aux évolutions du monde étudiant.
Pour accéder à ce service essentiel, les étudiants peuvent prendre rendez-vous avec un assistant social directement via leur espace personnel sur le site du CROUS ou en contactant le service social de leur établissement. Des permanences sans rendez-vous sont également organisées régulièrement pour répondre aux situations les plus urgentes. Cette accessibilité témoigne de la volonté du CROUS de proposer un accompagnement réactif et à visage humain.
Les dispositifs spécifiques pour les étudiants ultramarins

Les étudiants originaires des départements et territoires d’Outre-mer font face à des défis particuliers lorsqu’ils poursuivent leurs études en métropole. L’éloignement géographique, le déracinement culturel et les coûts supplémentaires liés à la distance constituent autant d’obstacles spécifiques que le CROUS s’efforce d’atténuer à travers des dispositifs dédiés.
Le premier niveau d’accompagnement concerne le maintien des bourses pendant les vacances d’été. Contrairement aux étudiants métropolitains, pour qui la bourse sur critères sociaux est versée sur dix mois (de septembre à juin), les étudiants ultramarins peuvent bénéficier d’une extension à douze mois. Cette mesure reconnaît l’impossibilité pratique ou financière de rentrer dans leur territoire d’origine pendant les vacances universitaires, et permet d’assurer une continuité dans les ressources tout au long de l’année.
Pour faciliter le voyage initial vers la métropole et les retours occasionnels, le CROUS travaille en étroite collaboration avec LADOM (L’Agence De l’Outre-mer pour la Mobilité). Cet organisme peut prendre en charge une partie significative du coût des billets d’avion, sous certaines conditions d’éligibilité liées notamment aux ressources familiales et au projet d’études. Cette aide au transport, qui peut atteindre plusieurs centaines d’euros, constitue un soutien précieux face à des tarifs aériens souvent prohibitifs.




