Hébergement à titre gratuit : vous envisagez d’accueillir un proche ou un ami sans demander de loyer, et vous vous interrogez sur les conséquences réelles pour vos aides sociales, votre fiscalité et vos assurances. Ce texte présente, de façon factuelle et accompagnante, les informations pratiques à connaître, les démarches à accomplir et les points de vigilance pour éviter les erreurs les plus courantes.
| Points essentiels | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Statut légal | Prêt à usage (commodat) : pas de loyer, mais formalités recommandées |
| Impôts | Déclarations possibles selon situation (parents âgés, résidence secondaire) |
| Aides sociales | La CAF prend en compte l’occupation ; forfait logement réduit pour l’hébergé |
| Assurance & litiges | Contrat d’occupation vivement conseillé, assurance adaptée requise |
Hébergement à titre gratuit : cadre légal et obligations pratiques
Le point de départ est simple : l’hébergement à titre gratuit est reconnu par le droit civil comme un prêt à usage. Il s’agit d’une mise à disposition d’un bien immobilier sans contrepartie financière. Cette solution d’entraide est fréquente entre proches et amis.
Le Code civil encadre le commodat et fixe des obligations pour chacune des parties. Pour l’hébergeur, la responsabilité civile peut être engagée en cas de faute. Pour l’hébergé, l’usage doit rester conforme à l’accord initial.
Qui peut être hébergé gratuitement ?
Il n’existe pas de liste limitative : un conjoint, un membre de la famille, un ami ou toute autre personne peuvent être accueillis. Si vous êtes locataire, vérifiez votre bail car certaines clauses limitent l’accueil.
- Conjoint ou concubin : accueil courant, attention aux implications de vie commune.
- Membre de la famille : parents, grands-parents, frères et sœurs.
- Ami ou connaissance : possible mais prévoir un encadrement écrit pour éviter les conflits.
Pourquoi rédiger un contrat d’occupation ?
Le contrat d’occupation à titre gratuit n’est pas obligatoire, mais il joue un rôle de preuve. Il permet de définir la durée, les obligations d’assurance, la répartition des charges courantes et les motifs de rupture. À l’usage, il évite des malentendus et sécurise l’hébergeur.
- Adresse et description du logement
- Durée du prêt à usage
- Participation aux charges (non équivalente au loyer)
- Obligation d’assurance du preneur si nécessaire
| Élément | Conséquence pratique |
|---|---|
| Absence de loyer | Pas de revenus locatifs à déclarer |
| Durée non précisée | Risque de conflit et difficulté d’expulsion |
| Participation aux charges | Autorisé si transparence, mais attention au caractère non locatif |
Exemple concret : Claire prête son appartement de campagne à sa sœur pour six mois sans loyer. Elles signent un contrat précisant que la sœur prend en charge l’électricité et l’eau, et qu’elle doit souscrire une assurance locataire. Ce document évitera tout reproche ultérieur et permettra à Claire de justifier l’occupation auprès des impôts si nécessaire.
Pour approfondir le format et obtenir un modèle, consultez la fiche pratique attestation d’hébergement ; elle donne des exemples de mentions utiles.

Clé de lecture : formaliser l’accueil réduit les risques et protège les deux parties.
Impacts sur les aides sociales : CAF, APL, prime d’activité et RSA
Accueillir une personne sans loyer a des conséquences concrètes sur les droits aux aides administrées par la CAF et d’autres dispositifs. L’impact diffère selon que vous êtes hébergeur ou hébergé.
La règle pratique : la CAF évalue les ressources du foyer et la situation d’occupation pour recalculer les droits. Si l’accueil dure plus de six mois, l’occupant peut faire peser ses revenus dans le calcul de l’aide de la maison d’accueil.
APL et allocation logement
Un occupant à titre gratuit ne peut pas obtenir l’APL car cette allocation est réservée à ceux qui paient un loyer. Par conséquent, l’hébergé perd le forfait logement intégré à certaines prestations, ce qui réduit la prime d’activité ou le RSA s’il en bénéficie.
- Hébergeur allocataire : la CAF peut intégrer l’occupation dans le calcul du foyer si la durée dépasse six mois.
- Hébergé : perte du droit à l’APL et retrait éventuel du forfait logement pour la prime d’activité et le RSA.
- Mesure pratique : vérifiez votre situation sur Mes-aides.gouv.fr avant et après l’accueil.
| Prestation | Impact pour l’hébergé | Montant indicatif 2025 |
|---|---|---|
| Forfait logement (prime d’activité) | Non attribué si hébergé gratuitement | 74,72 € pour une personne seule |
| Forfait logement (RSA) | Retrait du forfait si hébergé | 76,28 € pour une personne seule |
Cas pratique : Paul accueille son fils majeur sans loyer. Paul est bénéficiaire d’une APL. Après six mois, la CAF recalcule son droit en tenant compte de la présence du fils. Si le fils a des revenus salariés, cela peut faire baisser l’APL du foyer. Pour simuler les effets, la plateforme Mes-aides.gouv.fr et le simulateur de la CAF sont des outils précieux.
Prime d’activité et RSA
La prime d’activité dépend des revenus professionnels et d’un forfait logement. Si vous êtes hébergé, ce forfait tombe, ce qui diminue le montant de la prime.
- Vérifier votre situation personnelle sur le site de la CAF.
- Comparer les simulations avant l’accueil et après six mois.
- Anticiper : si l’hébergé perçoit des revenus, envisagez une participation aux charges mais jamais un loyer déguisé.
| Situation | Action recommandée |
|---|---|
| Accueil | Informer la CAF si les revenus de l’occupant changent |
| Accueil > 6 mois | Simuler l’impact sur Mes-aides.gouv.fr et déclarer le changement |
Finalement, anticiper et utiliser les simulateurs évite les mauvaises surprises financières. Insight : la transparence auprès de la CAF protège l’hébergeur.
Fiscalité et déclarations : impôt sur le revenu, taxe d’habitation et démarches sur Impots.gouv.fr
L’accueil gratuit peut avoir des conséquences fiscales précises selon la nature de l’occupant et le logement concerné. Les règles diffèrent selon que le bien est la résidence principale ou secondaire de l’hébergeur.
Quand un avantage fiscal est possible ?
Si vous hébergez un parent à charge, âgé de plus de 75 ans, ou un ascendant sous conditions, vous pouvez parfois déduire un montant forfaitaire assimilé à une pension alimentaire. Pour une résidence secondaire mise à disposition, vous pouvez déclarer la perte de revenus locatifs potentiels si vous étiez imposable sur des revenus fonciers.
- Résidence principale : déduction possible sous conditions pour ascendant à charge
- Résidence secondaire : déclaration de l’occupation sur Impots.gouv.fr pour éviter d’être imposé sur un logement vacant
- Bien documenter la situation avec un contrat et des justificatifs
| Situation fiscale | Ce qu’il faut déclarer |
|---|---|
| Parent âgé à charge dans la résidence principale | Possibilité de déduire une pension alimentaire forfaitaire |
| Occupation de résidence secondaire | Déclarer l’occupant sur Impots.gouv.fr pour transférer la taxe d’habitation |
Procédure pratique : connectez-vous à votre espace personnel sur Impots.gouv.fr pour mettre à jour la déclaration foncière et éviter l’application de la taxe sur les logements vacants. La déclaration précise les nom et prénom de l’occupant et la durée d’occupation.

Taxe d’habitation et qui paie ?
Depuis 2023, la taxe d’habitation concerne surtout les résidences secondaires. Si vous prêtez votre résidence secondaire, la taxe peut être établie au nom de l’occupant. Il faut faire la démarche en ligne sur le site des impôts pour que la facture soit adressée à la bonne personne. Cela évite que vous soyez sanctionné pour un logement déclaré vacant.
- Mettre à jour la déclaration foncière sur Impots.gouv.fr
- Conserver le contrat d’occupation en cas de contrôle
- Vérifier l’impact sur votre taxe d’habitation locale
| Action | Pourquoi |
|---|---|
| Déclarer l’occupant sur le 1er janvier | Assigner la taxe d’habitation à l’occupant |
| Conserver contrats et preuves | Justifier l’absence de revenus locatifs |
Astuce : avant de modifier vos déclarations, consultez les fiches officielles disponibles sur Service-public.fr et la rubrique dédiée sur Impots.gouv.fr pour éviter des erreurs de saisie. Insight final de cette section : documenter chaque décision fiscale protège votre situation.
Assurance, contrat d’occupation et prévention des litiges
L’accueil d’une personne modifie le périmètre des risques couverts par votre assurance habitation et peut engendrer des conflits si les règles ne sont pas explicitées. L’assurance diffère selon que l’occupant est dans la résidence principale ou secondaire.
Assurance habitation : qui couvre quoi ?
Généralement, la police d’assurance de la résidence principale couvre les occupants du foyer. Toutefois, pour une résidence secondaire prêtée, il est souvent demandé que l’occupant souscrive une assurance locataire. Il est prudent d’alerter votre assureur et de demander une confirmation écrite.
- Résidence principale : prévenir l’assureur et vérifier les garanties en responsabilité civile
- Résidence secondaire : demander à l’occupant de souscrire une assurance habitation
- Contacter un courtier ou consulter des comparateurs comme La Bonne Assurance pour vérifier les options
| Type de logement | Assurance recommandée |
|---|---|
| Résidence principale | Informer votre assureur ; responsabilité civile incluse |
| Résidence secondaire | Occupant doit souscrire une assurance locative |
Pour mieux comprendre le fonctionnement des contrats en pratique, l’article comment faire marcher l’assurance habitation propose des cas concrets et des démarches.

Prévenir et résoudre les litiges
Le refus de quitter un logement prêté peut générer un conflit long et coûteux. Les étapes raisonnables consistent à envoyer un courrier recommandé, faire intervenir un huissier, puis saisir le tribunal si nécessaire. Rédiger un contrat avec des clauses de sortie permet souvent d’éviter la procédure judiciaire.
- Rédiger un contrat clair dès l’entrée
- Fixer une durée ou des modalités de reconduction
- Préciser la participation aux charges et les obligations d’assurance
| Problème | Solution pratique |
|---|---|
| Occupant refuse de partir | Courrier recommandé, huissier, puis action judiciaire |
| Dommages causés par l’occupant | Faire jouer l’assurance responsabilité civile de l’occupant ou celle du propriétaire |
Réflexe utile : rapprochez-vous d’une Adil locale pour un conseil gratuit sur le contrat d’occupation et consultez les services d’Assistance sociale si la situation implique une personne vulnérable. Insight : prévenir vaut mieux que guérir, formalisez tout.
Cas pratiques, simulations et ressources utiles pour hébergeur et hébergé
Pour éclairer les décisions, voici des scénarios concrets, des checklists et des ressources en ligne pertinentes. Le fil conducteur : protéger les parties en clarifiant l’accord dès le départ.
Scénarios fréquents et solutions
- Héberger un parent âgé : vérifier les droits aux allocations familiales et à l’aide à domicile, anticiper la déduction possible sur l’impôt sous conditions.
- Accueillir un étudiant : contrat court, préciser l’occupation et l’assurance ; l’étudiant ne pourra pas prétendre à l’APL s’il n’a pas de loyers.
- Prêter une résidence secondaire : déclarer l’occupant sur Impots.gouv.fr pour la taxe et exiger une attestation d’assurance.
| Situation | Démarche prioritaire |
|---|---|
| Accueillir un proche à long terme | Signer un contrat, informer la CAF, simuler sur Mes-aides.gouv.fr |
| Prêt d’une résidence secondaire | Déclarer l’occupant aux impôts et exiger assurance |
Ressources utiles : consultez les pages pratiques sur hébergement d’urgence si la situation relève d’une précarité, ou les recommandations pour aider une personne sans domicile sur comment aider un sans-abri.

Outils et contacts pratiques
- Simulateurs : Mes-aides.gouv.fr pour estimer l’impact sur les aides.
- Administration : mises à jour à faire sur Impots.gouv.fr et déclarations auprès de la CAF.
- Conseil : consulter Dossier Familial ou une Adil pour des réponses précises à votre situation.
- Assurance : comparer via La Bonne Assurance ou contacter votre assureur.
- Emploi et services pour enfants : se renseigner via Pajemploi si l’hébergement modifie la garde d’enfants.
| Ressource | Utilité |
|---|---|
| Aide caution | Aides pour accéder au logement |
| Assurance habitation | Procédures en cas de sinistre |
| Attestation d’hébergement | Modèles et usages administratifs |
En pratique : faites une simulation avant l’accueil, formalisez par écrit, informez les acteurs pertinents (CAF, impôts, assureur) et conservez toutes les pièces. Dernier insight : anticiper garde la paix sociale et protège votre situation financière.
Q : Que faut-il déclarer à la CAF si j’héberge quelqu’un gratuitement ?
R : Déclarez toute modification significative de la composition du foyer : présence d’un occupant au-delà de six mois ou changement de revenus. Utilisez l’espace personnel de la CAF ou contactez une structure d’assistance sociale pour vous aider.
Q : Dois-je faire payer une participation aux charges à l’occupant ?
R : Oui, vous pouvez demander une participation aux charges (énergie, internet, courses) mais pas un loyer. Définissez-la par écrit pour éviter toute confusion.
Q : Quelle est la première démarche administrative si je prête ma résidence secondaire ?
R : Indiquez l’occupation sur votre espace sur Impots.gouv.fr et faites signer à l’occupant une attestation d’assurance. Cela permet de transférer la taxe d’habitation et d’éviter les pénalités liées au logement vacant.
Q : Où trouver de l’aide gratuite pour rédiger un contrat ou comprendre mes droits ?
R : Tournez-vous vers une Adil locale, les services sociaux municipaux, ou consultez des ressources pratiques sur Dossier Familial et les fiches de Service-public.fr.
Q : L’hébergé peut-il prétendre à la CSS (ex-CMU) s’il est accueilli gratuitement ?
R : L’hébergement gratuit est pris en compte comme un avantage en nature et peut modifier l’éligibilité ; vérifiez votre situation via les simulateurs et auprès des services compétents pour éviter une suspension de droits.




